Finlande : reprise des négociations après une grève historique

International par Secteur Europe - International

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°30

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Le 18 septembre dernier, 300 000 travailleurs finlandais ont manifesté dans tout le pays (30 000 à Helsinki) contre les mesures d’austérité annoncées par le gouvernement. Ces manifestations ont conclu une journée de grève historique tant par l’ampleur du mouvement que par son caractère inhabituel. La journée a été marquée par l’arrêt des transports publics tandis que nombreux services et magasins sont restés porte close.

Les organisations syndicales SAK, AKAVA et STTK ont dénoncé des mesures particulièrement injustes : la réduction du paiement des heures supplémentaires pour le travail de nuit et le travail du dimanche, la réduction de la durée des congés annuels, la suppression de deux jours fériés et l’instauration d’une journée de carence en cas de maladie.

Pour SAK, ces mesures touchent principalement les travailleurs à bas salaires, notamment les femmes qui travaillent à temps partiel dans les secteurs de services. Mais au-delà des mesures d’austérité, les syndicats finlandais dénoncent l’ingérence du gouvernement dans le droit du travail qui relève essentiellement de la négociation collective. En Finlande, la législation établit un socle de droits qui peuvent être améliorés par les accords collectifs. Les mesures envisagées visent au contraire à plafonner les droits des travailleurs, entrainant une forme d’inversion de la hiérarchie des normes inacceptable pour les syndicats.

Les trois organisations finlandaises avaient demandé à pouvoir négocier des mesures alternatives après la journée du 18 septembre. Les négociations ont repris début octobre, SAK s’est dit prête à accepter des hausses de salaires limitées à la condition que le gouvernement retire les mesures législatives envisagées en matière de droit du travail. SAK a également exigé le réinvestissement des profits réalisés en Finlande et averti que des restrictions salariales seraient inacceptables dans les entreprises qui versent des dividendes importants à leurs actionnaires.

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