FO Hebdo n°3165-3166 du 9 juillet 2015

Chaque semaine les articles du magazine et leur prolongement en ligne.

Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Événement

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Actualité

Santé - FO Hebdo

L’Assurance maladie propose 3 milliards d’euros d’économies

D’ici à 2017 et afin de répondre aux objectifs gouvernementaux. Parmi les pistes proposées figurent la poursuite du développement de l’ambulatoire, la réduction des arrêts maladie ou la maîtrise des prix des produits de santé. FO, qui a voté contre le projet, s’inquiète de recommandations s’apparentant à (...)

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Actualité - FO Hebdo

Emploi : FO aux côtés des saisonniers

Ils travaillent dans l’agriculture, le tourisme, la restauration ou le commerce : près de 200 000 saisonniers sont recrutés en France chaque été. Pour les informer de leurs droits, FO lance sa campagne estivale. Distribution de dépliants, affichage, tournée des plages comme en Vendée, conférences de (...)

Emploi et Salaires - FO Hebdo

Grande élection syndicale fin 2016

, Evelyne Salamero

En décembre 2016, les salariés des TPE seront appelés à voter à l’échelon régional pour le syndicat de leur choix. Ce vote servira à déterminer le poids de chaque syndicat dans les commissions paritaires interprofessionnelles régionales dont la loi Rebsamen prévoit la mise en place en juillet 2017 et qui (...)

Pratique

La force des droits - FO Hebdo

Ce qui change

Les personnes qui envisagent de contracter un emprunt immobilier recevront, à partir du 1er octobre 2015, une fiche d’information sur l’assurance qu’elles doivent souscrire pour garantir le remboursement de leur prêt à l’établissement prêteur. Elle devra notamment mentionner la possibilité pour (...)

À lire

À lire - FO Hebdo

Je déchire au lycée

, Corinne Kefes

Le lycée dure trois ans mais la dernière année cristallise les tensions car le bac, il faudra bien l’avoir. Ce fascicule pratique, écrit par deux professeurs en activité, se veut un guide à l’usage des futurs bacheliers, une sorte de manuel utile pour résoudre toutes sortes de situations. Avec une (...)

À lire - FO Hebdo

Ils désertent

, Corinne Kefes

Dès les premières pages, le livre nous plonge dans le quotidien des deux « héros » de l’histoire, au sein de leur univers professionnel. Cela pourrait être banal, si ce n’est le parti pris par l’auteur de présenter une narration originale. Ainsi, l’alternance des chapitres fait passer d’un personnage à (...)

À lire - FO Hebdo

Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner

, Corinne Kefes

Il y a des inventions qui dépassent leur simple champ d’application. L’imagerie médicale est de celles-là. Ainsi, grâce à de nouvelles techniques, les appareils révolutionnent notre façon d’appréhender notre corps et en particulier le cerveau : il est désormais possible de démontrer scientifiquement des (...)

Roman - FO Hebdo

Le liseur du 6h27

, Corinne Kefes

Nous voilà en présence d’un roman phénomène qui a fait le « buzz » avant même sa parution. Même si l’auteur n’en est pas à son coup d’essai (obtenant deux fois le Prix Hemingway), on ouvre son livre avec curiosité. Nous découvrons donc le narrateur, Guylain, un employé ordinaire et désabusé, à la vie (...)

Événements culturels

Entre militants

Entre Militants - FO Hebdo

L’élection : Chez Léon de Bruxelles

Chez Léon de Bruxelles, FO est passée de 52 % à 72,20 % de représentativité, se félicite la FGTA FO (Fédération générale de l’Agriculture et de l’Alimentation). FO compte désormais sept titulaires sur huit et sept suppléants sur huit au comité d’entreprise, ainsi qu’une cinquantaine de délégués du personnel (...)

En complément

Agenda

Tous les événements à venir

  • Jeudi 14 décembre de 08h33 à 08h58

    France info
    Jean-Claude Mailly sera l’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

Éphéméride

14 décembre 1923

Mort de Théophile-Alexandre Steinlen
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953. À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953.

À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu admirer dans la variété et la diversité de ses compositions un talent viril et spontané, un style vif et châtié, auxquels cet artiste français d’origine suisse, dut naguère sa popularité et son succès.

Son élan vers le prolétariat vint sans doute de sa générosité foncière, mais aussi de son goût pour des thèmes simples, humains et concrets qui expriment les faits vécus et les événements immédiats de la vie. Sa sensibilité et ses idées sociales le guidaient vers la classe ouvrière dont l’exaspération et la détresse l’inspiraient et le stimulaient curieusement, ce qui donna à son art une puissance d’expression une âpreté et des traits incisifs. Il y eut très peu d’artistes à fin du XIXe siècle comme Steinlen pour sentir avec autant d’acuité la portée du mouvement social du prolétariat en faveur de sa libération et de son émancipation.

Dans ses dessins, ses lithographies ou ses eaux-fortes, qui représentent soit une scène tragique de la vie ouvrière, soit un événement provoqué par un patronat égoïste, on sent le sentiment de la solidarité, la communion d’idées qui lient Steinlen à la révolte et aux aspirations du prolétariat, d’autant plus qu’ils évoquent des inquiétantes vérités universelles que Steinlen a su traduire dans toutes ses formes et dans toutes ses manifestations. Par cet art audacieux et sincère, il a acquis la sympathie chaleureuses de Sévérine, de Paul Delesalle, l’amitié admirative d’Anatole France qui l’a si bien compris : « Il aime les humbles, écrit-il, et il sait les peindre. La pitié coule de ses doigts habiles à retracer la figure des malheureux. Il est doux. Il est violent aussi. Quand il représente les méchants, quand il fait des tableaux de l’injustice sociale, de l’égoïsme, de l’avarice et de la cruauté, son crayon éclate, flamboie, terrible comme la justice vengeresse. Cette haine est encore de l’amour…. »

Les réflexions si probantes d’Anatole France sont illustrées par des lithographies révolutionnaires de Steinlen qui ont paru en 1894 sur les premières pages de Chambard Socialiste, revue satirique de Géraud Richard. C’est une lithographie expressive, empreinte d’une douloureuse ironie, intitulée : « Jolie société » où des chiens des riches sont plus heureux que les enfants pauvres ; puis une autre : 18 mars glorifiant la Commune avec la légende de la Carmagnole : « Elle aura sa revanche, vive le son du canon. » Quelle intensité, de rythme et de puissance irrésistible dans Aujourd’hui, représentant les paysans français brisant le joug et écrasant le propriétaire terrien. La Sécurité des rues est inspirée par la fête du Premier Mai de 1894, avec cette légende sarcastique : « Grâce à l’attitude pacifique de la police, le Premier Mai s’est passé sans incident ». Une très belle lithographie : 24 mai 1871 qui set une allégorie vibrante de la Commune, attire notre attention. Mais comme elle est significative cette autre lithographie : Retour en arrière, avec cette légende : « La loi pour les retraites ouvrières est renvoyée à la prochaine session. » Une autre composition qui servit de programme au concert donne le 30 mars 1895 au profit de la soupe populaire du XVIIe arrondissement, avec une légende pleine d’allusion : « En attendant ! » qui présage la révolution sociale.

Steinlen a illustré le numéro spécial du 1er mai 1896 du Monde nouveau, journal socialiste. Sa composition a été inspirée par une chanson de Maurice Boukay : Le Soleil rouge, lorsque à l’aurore deux ouvriers du bâtiment chantent : « Vers la cité de l’avenir, l’Humanité poursuit sa route. » Le dessinateur y a mis toute sa flamme, son espérance et son enthousiasme.

En 1893, une grève éclate dans les mines du Pas-de-Calais ; les repressions impitoyables qui s’ensuivirent et les familles privées de pain ont suggéré à Steinlen un dessin en couleur : « L’attentat du Pas-de-Calais, 3.000 victimes », composition qui reflète l’anxiété et la détresse des ouvrières.

Il y aura encore de l’humour amer et atroce dans un autre dessin paru dans la revue satirique : L’Assiette au beurre, du 9 mai 1901, Fin de grève, avec cette légende : « Charmé de revoir ces gaillards qui voulaient nous faire mourir de faim ! » C’est le patron bien nourri et bien vêtu qui fait cette remarque aux ouvriers amaigris et abattus, qui ont dû renoncer momentanément à leurs revendications. Sa composition : La Catastrophe d’Issy, La Foudre a parlé, évoque la désolation des familles des victimes de l’explosion d’Issy-les-Moulineaux, produite le 14 juin 1901 à la poudrerie Gévelot, et faisant 17 morts.

Steinlen a aussi illustré le roman d’Émile Morel : Les Gueules Noires ; la couverture du livre de Paul Delesalle : Le Mouvement syndicaliste ; Crainquebille, d’Anatole France ; Les Soliloques du pauvre, de Jehan Rictus. Ses fusains, ses dessins aquarellés, ses toiles représentant des mineurs du Pas-de-Calais, des ouvriers du bâtiment, des terrassiers, des débardeurs, la sortie de l’usine, des blanchisseuses sont pleins de vie, de force, de naturel et d’une simplicité attrayante. Dans touts ces œuvres, c’est le cœur passionné et ardent d’un génial artiste qui palpite. Steinlen a donné le meilleur de lui-même aux ouvriers qu’il aimait, qu’il comprenait si bien et qu’il servit par son art subtil et robuste, dans leurs révoltes et leurs combats.
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