FO Hebdo n°3170 du 23 septembre 2015

Chaque semaine les articles du magazine et leur prolongement en ligne.

À la une

Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Retraite - FO Hebdo

La négociation de la dernière chance

, Jean-Claude Mailly

Nous sommes à moins d’un mois de ce qui devrait être la dernière séance de négociations sur les retraites complémentaires. Si les deux régimes (Arrco et Agirc) ont encore des réserves importantes (dont l’Arrco), ils connaissent des difficultés financières certes liées au vieillissement de la population (...)

Événement

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  • Déclaration de la Commission exécutive confédérale de FO du 17 septembre 2015

    Après la loi dite « Macron 1 » qui remet en cause des droits des salariés (travail le dimanche, licenciements, prud’hommes, etc.) celle dite « Rebsamen » qui affaiblit notamment le rôle des CHSCT et la réforme territoriale, la Commission Exécutive Confédérale s’adresse solennellement au gouvernement sur (...)

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  • Cinquième journée de grève aux Hôpitaux de Paris

    , par Françoise Lambert

    Jeudi 17 septembre, les salariés de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) étaient dans la rue à l’appel de tous leurs syndicats. Ils ont une nouvelle fois demandé le retrait du projet de réorganisation du temps de travail, voulu par la direction.
    Les 75 000 agents des Hôpitaux de Paris (...)

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Actualité

Economie - FO Hebdo

Économie : L’inflation est restée faible en août 2015

L’Insee a rendu publics les chiffres de l’inflation pour le mois d’août en France. Les prix à la consommation ont augmenté de 0,3 % par rapport au mois précédent. La légère augmentation est liée à un rebond des prix des produits manufacturés après les soldes, mais elle est atténuée par le nouveau recul des (...)

Idées

Pratique

La force des droits - FO Hebdo

Ce qui change

La gratification horaire minimale qu’un employeur doit verser à un stagiaire au-delà de deux mois de présence est passée à 3,60 euros au 1er septembre 2015, soit une augmentation de 30 centimes. Après une hausse de 0,5 % en moyenne au 1er septembre, les tarifs réglementés du gaz, appliqués par (...)

Retraite - FO Hebdo

Le chiffre de la semaine : + 4,4 %

C’est la hausse en un an, de 2012 à 2013, du nombre de retraités du régime général qui travaillent, soit quelque 350 000, selon le Cor (Conseil d’orientation des retraites). D’après une étude de l’Insee menée en 2013, la moitié des retraités qui travaillent le font pour pallier l’insuffisance de leur (...)

Entre militants

Entre Militants - FO Hebdo

Le désaccord : PSA

Contre les projets d’externalisation de plusieurs activités de PSA, qui entraîneraient le transfert de salariés vers des prestataires, une intersyndicale composée de FO et quatre autres syndicats s’est constituée le 7 septembre dernier. Elle redoute la perte d’acquis sociaux, notamment pour les (...)

Entre Militants - FO Hebdo

L’avenant : Industrie de la fabrication des ciments

FO a signé, avec trois autres organisations syndicales, un avenant, daté du 27 mai dernier, à l’accord du 7 avril 2015 actualisant les minima salariaux des cadres dans la convention collective nationale de travail des ingénieurs et cadres de l’industrie de la fabrication des ciments. Cet avenant est (...)

Entre Militants - FO Hebdo

L’accord : Airbus

Chez Airbus, FO a signé un nouvel accord triennal en faveur de l’emploi et de l’insertion des personnes en situation de handicap. L’entreprise s’est fixé des objectifs d’embauche avant le 31 décembre 2017 : 21 personnes handicapées en CDI ou en CDD, 9 personnes en alternance et 12 stagiaires. L’accord (...)

En complément

Agenda

Tous les événements à venir

  • Jeudi 14 décembre de 08h33 à 08h58

    France info
    Jean-Claude Mailly sera l’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

Éphéméride

14 décembre 1923

Mort de Théophile-Alexandre Steinlen
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953. À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953.

À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu admirer dans la variété et la diversité de ses compositions un talent viril et spontané, un style vif et châtié, auxquels cet artiste français d’origine suisse, dut naguère sa popularité et son succès.

Son élan vers le prolétariat vint sans doute de sa générosité foncière, mais aussi de son goût pour des thèmes simples, humains et concrets qui expriment les faits vécus et les événements immédiats de la vie. Sa sensibilité et ses idées sociales le guidaient vers la classe ouvrière dont l’exaspération et la détresse l’inspiraient et le stimulaient curieusement, ce qui donna à son art une puissance d’expression une âpreté et des traits incisifs. Il y eut très peu d’artistes à fin du XIXe siècle comme Steinlen pour sentir avec autant d’acuité la portée du mouvement social du prolétariat en faveur de sa libération et de son émancipation.

Dans ses dessins, ses lithographies ou ses eaux-fortes, qui représentent soit une scène tragique de la vie ouvrière, soit un événement provoqué par un patronat égoïste, on sent le sentiment de la solidarité, la communion d’idées qui lient Steinlen à la révolte et aux aspirations du prolétariat, d’autant plus qu’ils évoquent des inquiétantes vérités universelles que Steinlen a su traduire dans toutes ses formes et dans toutes ses manifestations. Par cet art audacieux et sincère, il a acquis la sympathie chaleureuses de Sévérine, de Paul Delesalle, l’amitié admirative d’Anatole France qui l’a si bien compris : « Il aime les humbles, écrit-il, et il sait les peindre. La pitié coule de ses doigts habiles à retracer la figure des malheureux. Il est doux. Il est violent aussi. Quand il représente les méchants, quand il fait des tableaux de l’injustice sociale, de l’égoïsme, de l’avarice et de la cruauté, son crayon éclate, flamboie, terrible comme la justice vengeresse. Cette haine est encore de l’amour…. »

Les réflexions si probantes d’Anatole France sont illustrées par des lithographies révolutionnaires de Steinlen qui ont paru en 1894 sur les premières pages de Chambard Socialiste, revue satirique de Géraud Richard. C’est une lithographie expressive, empreinte d’une douloureuse ironie, intitulée : « Jolie société » où des chiens des riches sont plus heureux que les enfants pauvres ; puis une autre : 18 mars glorifiant la Commune avec la légende de la Carmagnole : « Elle aura sa revanche, vive le son du canon. » Quelle intensité, de rythme et de puissance irrésistible dans Aujourd’hui, représentant les paysans français brisant le joug et écrasant le propriétaire terrien. La Sécurité des rues est inspirée par la fête du Premier Mai de 1894, avec cette légende sarcastique : « Grâce à l’attitude pacifique de la police, le Premier Mai s’est passé sans incident ». Une très belle lithographie : 24 mai 1871 qui set une allégorie vibrante de la Commune, attire notre attention. Mais comme elle est significative cette autre lithographie : Retour en arrière, avec cette légende : « La loi pour les retraites ouvrières est renvoyée à la prochaine session. » Une autre composition qui servit de programme au concert donne le 30 mars 1895 au profit de la soupe populaire du XVIIe arrondissement, avec une légende pleine d’allusion : « En attendant ! » qui présage la révolution sociale.

Steinlen a illustré le numéro spécial du 1er mai 1896 du Monde nouveau, journal socialiste. Sa composition a été inspirée par une chanson de Maurice Boukay : Le Soleil rouge, lorsque à l’aurore deux ouvriers du bâtiment chantent : « Vers la cité de l’avenir, l’Humanité poursuit sa route. » Le dessinateur y a mis toute sa flamme, son espérance et son enthousiasme.

En 1893, une grève éclate dans les mines du Pas-de-Calais ; les repressions impitoyables qui s’ensuivirent et les familles privées de pain ont suggéré à Steinlen un dessin en couleur : « L’attentat du Pas-de-Calais, 3.000 victimes », composition qui reflète l’anxiété et la détresse des ouvrières.

Il y aura encore de l’humour amer et atroce dans un autre dessin paru dans la revue satirique : L’Assiette au beurre, du 9 mai 1901, Fin de grève, avec cette légende : « Charmé de revoir ces gaillards qui voulaient nous faire mourir de faim ! » C’est le patron bien nourri et bien vêtu qui fait cette remarque aux ouvriers amaigris et abattus, qui ont dû renoncer momentanément à leurs revendications. Sa composition : La Catastrophe d’Issy, La Foudre a parlé, évoque la désolation des familles des victimes de l’explosion d’Issy-les-Moulineaux, produite le 14 juin 1901 à la poudrerie Gévelot, et faisant 17 morts.

Steinlen a aussi illustré le roman d’Émile Morel : Les Gueules Noires ; la couverture du livre de Paul Delesalle : Le Mouvement syndicaliste ; Crainquebille, d’Anatole France ; Les Soliloques du pauvre, de Jehan Rictus. Ses fusains, ses dessins aquarellés, ses toiles représentant des mineurs du Pas-de-Calais, des ouvriers du bâtiment, des terrassiers, des débardeurs, la sortie de l’usine, des blanchisseuses sont pleins de vie, de force, de naturel et d’une simplicité attrayante. Dans touts ces œuvres, c’est le cœur passionné et ardent d’un génial artiste qui palpite. Steinlen a donné le meilleur de lui-même aux ouvriers qu’il aimait, qu’il comprenait si bien et qu’il servit par son art subtil et robuste, dans leurs révoltes et leurs combats.
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