FO Hebdo n°3177 du 12 novembre 2015

Chaque semaine les articles du magazine et leur prolongement en ligne.

À la une

Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Événement

Actualité

France 2 - FO Hebdo

Les reporters d’images en grève

Les journalistes reporters d’images (JRI) de France 2 poursuivaient, le 5 novembre, le mouvement de grève lancé le 3 novembre à l’appel des syndicats dont FO et suivi par 90 % des JRI. Ces derniers protestent contre leurs conditions de travail dégradées, dues à une surcharge de travail liée à un (...)

Banques - FO Hebdo

Fermeture de 400 agences à la Société générale

La Société générale a annoncé son intention de fermer, d’ici à 2020, environ 400 de ses 2 221 agences, réduisant ainsi de 20 % la taille de son réseau. FO Banques dénonce « un plan drastique, scandaleux et profondément choquant », et considère que « rien ne justifie ces fermetures d’agences ». Le bénéfice (...)

Pour compléter la lecture de l'hebdo

Pour compléter la lecture de l'hebdo

  • Réforme du Code du travail : première réaction de Force Ouvrière

    Si le gouvernement réaffirme qu’il n’y aura pas d’inversion de la hiérarchie des normes – ce que Force Ouvrière demandait – il conviendra d’être prudent dans la réalité dans la mesure où nombre d’ambiguïtés ou de contradictions demeurent. C’est par exemple le cas dans l’articulation du Code du travail, accord (...)

Idées

Pratique

Pratique - FO Hebdo

Le chiffre de la semaine : 220 euros

C’est la perte moyenne de niveau de vie en 2014, soit une baisse de 0,5 % selon l’étude de l’Insee « Portrait social de la France », parue le 4 novembre. Cette diminution s’explique principalement par la hausse de l’impôt sur le revenu et un relèvement des taux de cotisation (...)

La force des droits - FO Hebdo

Ce qui change

Le prix du gaz a baissé en moyenne de 0,18 % au 1er novembre : - 0,1 % pour la cuisson ou cuisson/eau chaude et - 0,2 % pour le chauffage. Une prime de 1 000 euros peut être versée, depuis le 1er novembre, par l’Agence nationale de l’habitat aux particuliers qui s’engagent à louer leur bien au (...)

Entre militants

Entre Militants - FO Hebdo

Le désaccord : Convention collective du textile

La Fédéchimie FO a refusé de signer l’accord fixant des plafonds pour les indemnités de licenciement dans la convention collective du textile. Son objectif est de réduire le coût des indemnités de certaines catégories, principalement les cadres « qui font actuellement l’objet de licenciements sans (...)

Entre Militants - FO Hebdo

L’accord : Transport routier de marchandises

La fédération nationale des transports et de la logistique FO UNCP a signé le 4 novembre l’accord sur les salaires dans le transport routier de marchandises, qui sera applicable au 1er janvier 2016 : + 2,6 % pour les bas salaires et + 2,146 % pour les autres. Ses syndicats, consultés du 21 au 28 (...)

Entre Militants - FO Hebdo

La colère : Fnac

Des salariés de la Fnac ont manifesté le 29 octobre à l’appel de plusieurs syndicats pour défendre leur droit au repos. Ils protestaient contre le lancement de négociations au niveau du groupe sur l’ouverture des magasins le dimanche et jusqu’à minuit dans le cadre des nouvelles « zones touristiques (...)

En complément

Agenda

Tous les événements à venir

  • Jeudi 14 décembre de 08h33 à 08h58

    France info
    Jean-Claude Mailly sera l’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

Éphéméride

14 décembre 1923

Mort de Théophile-Alexandre Steinlen
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953. À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953.

À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu admirer dans la variété et la diversité de ses compositions un talent viril et spontané, un style vif et châtié, auxquels cet artiste français d’origine suisse, dut naguère sa popularité et son succès.

Son élan vers le prolétariat vint sans doute de sa générosité foncière, mais aussi de son goût pour des thèmes simples, humains et concrets qui expriment les faits vécus et les événements immédiats de la vie. Sa sensibilité et ses idées sociales le guidaient vers la classe ouvrière dont l’exaspération et la détresse l’inspiraient et le stimulaient curieusement, ce qui donna à son art une puissance d’expression une âpreté et des traits incisifs. Il y eut très peu d’artistes à fin du XIXe siècle comme Steinlen pour sentir avec autant d’acuité la portée du mouvement social du prolétariat en faveur de sa libération et de son émancipation.

Dans ses dessins, ses lithographies ou ses eaux-fortes, qui représentent soit une scène tragique de la vie ouvrière, soit un événement provoqué par un patronat égoïste, on sent le sentiment de la solidarité, la communion d’idées qui lient Steinlen à la révolte et aux aspirations du prolétariat, d’autant plus qu’ils évoquent des inquiétantes vérités universelles que Steinlen a su traduire dans toutes ses formes et dans toutes ses manifestations. Par cet art audacieux et sincère, il a acquis la sympathie chaleureuses de Sévérine, de Paul Delesalle, l’amitié admirative d’Anatole France qui l’a si bien compris : « Il aime les humbles, écrit-il, et il sait les peindre. La pitié coule de ses doigts habiles à retracer la figure des malheureux. Il est doux. Il est violent aussi. Quand il représente les méchants, quand il fait des tableaux de l’injustice sociale, de l’égoïsme, de l’avarice et de la cruauté, son crayon éclate, flamboie, terrible comme la justice vengeresse. Cette haine est encore de l’amour…. »

Les réflexions si probantes d’Anatole France sont illustrées par des lithographies révolutionnaires de Steinlen qui ont paru en 1894 sur les premières pages de Chambard Socialiste, revue satirique de Géraud Richard. C’est une lithographie expressive, empreinte d’une douloureuse ironie, intitulée : « Jolie société » où des chiens des riches sont plus heureux que les enfants pauvres ; puis une autre : 18 mars glorifiant la Commune avec la légende de la Carmagnole : « Elle aura sa revanche, vive le son du canon. » Quelle intensité, de rythme et de puissance irrésistible dans Aujourd’hui, représentant les paysans français brisant le joug et écrasant le propriétaire terrien. La Sécurité des rues est inspirée par la fête du Premier Mai de 1894, avec cette légende sarcastique : « Grâce à l’attitude pacifique de la police, le Premier Mai s’est passé sans incident ». Une très belle lithographie : 24 mai 1871 qui set une allégorie vibrante de la Commune, attire notre attention. Mais comme elle est significative cette autre lithographie : Retour en arrière, avec cette légende : « La loi pour les retraites ouvrières est renvoyée à la prochaine session. » Une autre composition qui servit de programme au concert donne le 30 mars 1895 au profit de la soupe populaire du XVIIe arrondissement, avec une légende pleine d’allusion : « En attendant ! » qui présage la révolution sociale.

Steinlen a illustré le numéro spécial du 1er mai 1896 du Monde nouveau, journal socialiste. Sa composition a été inspirée par une chanson de Maurice Boukay : Le Soleil rouge, lorsque à l’aurore deux ouvriers du bâtiment chantent : « Vers la cité de l’avenir, l’Humanité poursuit sa route. » Le dessinateur y a mis toute sa flamme, son espérance et son enthousiasme.

En 1893, une grève éclate dans les mines du Pas-de-Calais ; les repressions impitoyables qui s’ensuivirent et les familles privées de pain ont suggéré à Steinlen un dessin en couleur : « L’attentat du Pas-de-Calais, 3.000 victimes », composition qui reflète l’anxiété et la détresse des ouvrières.

Il y aura encore de l’humour amer et atroce dans un autre dessin paru dans la revue satirique : L’Assiette au beurre, du 9 mai 1901, Fin de grève, avec cette légende : « Charmé de revoir ces gaillards qui voulaient nous faire mourir de faim ! » C’est le patron bien nourri et bien vêtu qui fait cette remarque aux ouvriers amaigris et abattus, qui ont dû renoncer momentanément à leurs revendications. Sa composition : La Catastrophe d’Issy, La Foudre a parlé, évoque la désolation des familles des victimes de l’explosion d’Issy-les-Moulineaux, produite le 14 juin 1901 à la poudrerie Gévelot, et faisant 17 morts.

Steinlen a aussi illustré le roman d’Émile Morel : Les Gueules Noires ; la couverture du livre de Paul Delesalle : Le Mouvement syndicaliste ; Crainquebille, d’Anatole France ; Les Soliloques du pauvre, de Jehan Rictus. Ses fusains, ses dessins aquarellés, ses toiles représentant des mineurs du Pas-de-Calais, des ouvriers du bâtiment, des terrassiers, des débardeurs, la sortie de l’usine, des blanchisseuses sont pleins de vie, de force, de naturel et d’une simplicité attrayante. Dans touts ces œuvres, c’est le cœur passionné et ardent d’un génial artiste qui palpite. Steinlen a donné le meilleur de lui-même aux ouvriers qu’il aimait, qu’il comprenait si bien et qu’il servit par son art subtil et robuste, dans leurs révoltes et leurs combats.
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