FO Hebdo n°3208-3209 du 6 juillet 2016

Chaque semaine les articles du magazine et leur prolongement en ligne.

À la une

Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Événement

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  • 49-3 bis repetita : une sortie par le bas

    

En recourant une nouvelle fois au 49.3, arme constitutionnelle, le Premier ministre et le Président de la République effectuent un passage en force final sur un projet de loi ultra minoritaire.

    Pour Force Ouvrière cela constitue de nouveau un véritable déni de démocratie.

Actualité

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  • RSA : en route vers sa renationalisation

    , par Valérie Forgeront

    Alors que le nombre d’allocataires du RSA explose, les départements mettent leurs budgets en péril en finançant une partie du RSA que l’État n’assume pas. Ce dernier propose désormais une recentralisation de la prestation mais sous conditions.

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  • Brexit : de quoi l’UE est-elle le nom ?

    , par Michel Pourcelot

    Le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union européenne, le « Brexit », le 23 juin, a laissé sous le choc les médias français, qui ont multiplié les analyses pour expliquer un tel rejet. Aperçus au-dessus du Channel.

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  • Compte pénibilité : comment ça marche ?

    , par Françoise Lambert

    Le compte pénibilité permet aux salariés du privé qui exercent des métiers pénibles de partir plus tôt à la retraite, de travailler à temps partiel ou de se former. Sa mise en place complète aura lieu à partir du 1er juillet 2016, suivant un décret du 31 décembre 2015.
    Sur les dix facteurs de pénibilité (...)

  • Des précisions sur le fonctionnement du compte personnel de prévention de la pénibilité

    , par Secteur Retraites

    La Loi N°2014-40 du 20 janvier 2014 « garantissant l’avenir et la justice du système de retraites » a institué le compte personnel de prévention de la pénibilité (CPPP). La loi N°2015-994 du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l’emploi en a simplifié les conditions de mise en oeuvre. Elle a notamment allégé la charge déclarative de l’employeur.

Idées

Pratique

À lire

À lire - FO Hebdo

Les grands anciens versus Sauron

, Corinne Kefes

Créée par Romain Rolland, la revue Europe présente la littérature et la culture dans toute leur diversité avec un regard renouvelé qui en fait sa distinction et sa force. Elle évoque dans ce numéro deux écrivains à part, en raison du genre qu’ils représentent mais surtout à cause de l’influence que leur œuvre respective a aujourd’hui.

À lire - FO Hebdo

Découvertes improbables

, Corinne Kefes

En tournant les pages de ce livre, nous entrons dans l’univers particulier du monde scientifique. D’autant plus particulier qu’il est vu par la lorgnette d’un événement pour le moins original : l’IG Nobel. Sorte de parodie des Nobel, cette remise de prix est organisée par un magazine intitulé Les Annales de la recherche improbable, dont le titre préfigure la teneur de la cérémonie, basée avant tout sur l’humour et la dérision.

À lire - FO Hebdo

Informer n’est pas jouer

, Corinne Kefes

Un « numéro zéro » est plutôt le présage d’un commencement, c’est en fait le dernier roman qu’écrira Umberto Eco. Et curieusement il apparaît comme un message posthume tant on y retrouve tous ses thèmes et composants de prédilection : un arrière-plan historique, la théorie du complot, des personnages sympathiques mais pathétiques, une réflexion sur la vérité, les mots, la transmission et ces allers-retours entre ombre et lumière, vrai et faux, apparence et essence, le su et le tu, le dit et le compris…

Événements culturels

Jusqu’au 1er octobre - FO Hebdo

Paris - À La Villette, on peut se retrouver sur le sable

, Michel Pourcelot

Fatigué par l’Euro, le Tour de France ? Entre deux épreuves des JO de Rio, le Glazart (ex-Glaz’Art), porte de la Villette, sur les hauteurs parisiennes, à l’abri des crues centennales et à une encablure du canal de l’Ourcq, offre, depuis le 2 juin déjà, un havre de sable, loin du défilé permanent de Paris Plages, même partiellement délocalisé au bassin de la Villette.

Entre militants

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  • Éboueurs de Bordeaux : les raisons de la colère

    , par Evelyne Salamero

    La grève des éboueurs de Bordeaux Métropole se poursuit ce lundi 27 juin et le Conseil communautaire refuse toujours de négocier. Il y a trois jours, vendredi 24 juin, plusieurs ont laissé exploser leur colère lors d’un rassemblement et tenté d’envahir la salle où se réunissait le Conseil communautaire (...)

En complément

Agenda

Tous les événements à venir

  • Jeudi 14 décembre de 08h33 à 08h58

    France info
    Jean-Claude Mailly sera l’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

Éphéméride

14 décembre 1923

Mort de Théophile-Alexandre Steinlen
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953. À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953.

À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu admirer dans la variété et la diversité de ses compositions un talent viril et spontané, un style vif et châtié, auxquels cet artiste français d’origine suisse, dut naguère sa popularité et son succès.

Son élan vers le prolétariat vint sans doute de sa générosité foncière, mais aussi de son goût pour des thèmes simples, humains et concrets qui expriment les faits vécus et les événements immédiats de la vie. Sa sensibilité et ses idées sociales le guidaient vers la classe ouvrière dont l’exaspération et la détresse l’inspiraient et le stimulaient curieusement, ce qui donna à son art une puissance d’expression une âpreté et des traits incisifs. Il y eut très peu d’artistes à fin du XIXe siècle comme Steinlen pour sentir avec autant d’acuité la portée du mouvement social du prolétariat en faveur de sa libération et de son émancipation.

Dans ses dessins, ses lithographies ou ses eaux-fortes, qui représentent soit une scène tragique de la vie ouvrière, soit un événement provoqué par un patronat égoïste, on sent le sentiment de la solidarité, la communion d’idées qui lient Steinlen à la révolte et aux aspirations du prolétariat, d’autant plus qu’ils évoquent des inquiétantes vérités universelles que Steinlen a su traduire dans toutes ses formes et dans toutes ses manifestations. Par cet art audacieux et sincère, il a acquis la sympathie chaleureuses de Sévérine, de Paul Delesalle, l’amitié admirative d’Anatole France qui l’a si bien compris : « Il aime les humbles, écrit-il, et il sait les peindre. La pitié coule de ses doigts habiles à retracer la figure des malheureux. Il est doux. Il est violent aussi. Quand il représente les méchants, quand il fait des tableaux de l’injustice sociale, de l’égoïsme, de l’avarice et de la cruauté, son crayon éclate, flamboie, terrible comme la justice vengeresse. Cette haine est encore de l’amour…. »

Les réflexions si probantes d’Anatole France sont illustrées par des lithographies révolutionnaires de Steinlen qui ont paru en 1894 sur les premières pages de Chambard Socialiste, revue satirique de Géraud Richard. C’est une lithographie expressive, empreinte d’une douloureuse ironie, intitulée : « Jolie société » où des chiens des riches sont plus heureux que les enfants pauvres ; puis une autre : 18 mars glorifiant la Commune avec la légende de la Carmagnole : « Elle aura sa revanche, vive le son du canon. » Quelle intensité, de rythme et de puissance irrésistible dans Aujourd’hui, représentant les paysans français brisant le joug et écrasant le propriétaire terrien. La Sécurité des rues est inspirée par la fête du Premier Mai de 1894, avec cette légende sarcastique : « Grâce à l’attitude pacifique de la police, le Premier Mai s’est passé sans incident ». Une très belle lithographie : 24 mai 1871 qui set une allégorie vibrante de la Commune, attire notre attention. Mais comme elle est significative cette autre lithographie : Retour en arrière, avec cette légende : « La loi pour les retraites ouvrières est renvoyée à la prochaine session. » Une autre composition qui servit de programme au concert donne le 30 mars 1895 au profit de la soupe populaire du XVIIe arrondissement, avec une légende pleine d’allusion : « En attendant ! » qui présage la révolution sociale.

Steinlen a illustré le numéro spécial du 1er mai 1896 du Monde nouveau, journal socialiste. Sa composition a été inspirée par une chanson de Maurice Boukay : Le Soleil rouge, lorsque à l’aurore deux ouvriers du bâtiment chantent : « Vers la cité de l’avenir, l’Humanité poursuit sa route. » Le dessinateur y a mis toute sa flamme, son espérance et son enthousiasme.

En 1893, une grève éclate dans les mines du Pas-de-Calais ; les repressions impitoyables qui s’ensuivirent et les familles privées de pain ont suggéré à Steinlen un dessin en couleur : « L’attentat du Pas-de-Calais, 3.000 victimes », composition qui reflète l’anxiété et la détresse des ouvrières.

Il y aura encore de l’humour amer et atroce dans un autre dessin paru dans la revue satirique : L’Assiette au beurre, du 9 mai 1901, Fin de grève, avec cette légende : « Charmé de revoir ces gaillards qui voulaient nous faire mourir de faim ! » C’est le patron bien nourri et bien vêtu qui fait cette remarque aux ouvriers amaigris et abattus, qui ont dû renoncer momentanément à leurs revendications. Sa composition : La Catastrophe d’Issy, La Foudre a parlé, évoque la désolation des familles des victimes de l’explosion d’Issy-les-Moulineaux, produite le 14 juin 1901 à la poudrerie Gévelot, et faisant 17 morts.

Steinlen a aussi illustré le roman d’Émile Morel : Les Gueules Noires ; la couverture du livre de Paul Delesalle : Le Mouvement syndicaliste ; Crainquebille, d’Anatole France ; Les Soliloques du pauvre, de Jehan Rictus. Ses fusains, ses dessins aquarellés, ses toiles représentant des mineurs du Pas-de-Calais, des ouvriers du bâtiment, des terrassiers, des débardeurs, la sortie de l’usine, des blanchisseuses sont pleins de vie, de force, de naturel et d’une simplicité attrayante. Dans touts ces œuvres, c’est le cœur passionné et ardent d’un génial artiste qui palpite. Steinlen a donné le meilleur de lui-même aux ouvriers qu’il aimait, qu’il comprenait si bien et qu’il servit par son art subtil et robuste, dans leurs révoltes et leurs combats.
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