FO Hebdo n°3130 du 8 octobre 2014

Chaque semaine les articles du magazine et leur prolongement en ligne.

Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Événement

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  • Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2015

    , par Jocelyne Marmande

    A l’occasion de la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) du 29 septembre Force Ouvrière tient à rappeler son opposition à la logique d’abaissement du coût du travail qui prévaut aujourd’hui et qui est la toile de fond du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté. (...)

  • Nouveau coup de rabot sur le budget de la sécu

    , par Clarisse Josselin

    Évalué à 15,4 milliards d’euros, le déficit de la Sécurité sociale n’a pas diminué en 2014. Pour 2015, le gouvernement prévoit de réduire encore de 3,9 milliards d’euros les dépenses sur les branches maladie et famille, ce que dénonce FO.

  • Budget : le drôle de bras de fer entre Paris et Bruxelles

    , par Evelyne Salamero

    L’épreuve de force entre le gouvernement et Bruxelles autour du budget a tourné court… Elle aura révélé l’hypocrisie des uns et des autres, mais aussi l’incapacité de plus en plus criante de chacune des parties à respecter les règles qu’elles ont pourtant elles-mêmes fixées.

Actualité

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  • Comptes de la Sécu : un trop violent effort demandé en 2015

    , par Clarisse Josselin

    Le retour à l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale est repoussé à 2019 au lieu de 2017, au mieux. Ce plan prévoit de réduire le déficit cumulé du régime général et du fonds de solidarité vieillesse de 15,4 milliards d’euros, attendus cette année, à 13,4 milliards d’euros l’an prochain. FO a émis un avis défavorable au sein des instances de l’Assurance maladie et des allocations familiales.

  • L’Insee dresse le portrait d’une France qui stagne

    , par Mathieu Lapprand

    Synthèse annuelle de l’état de santé du pays, l’Insee fait un bilan morose de son analyse. Excepté du point de vue démographique, nombre d’indicateurs sont en berne, tels que l’emploi, les loisirs ou encore le niveau de vie, revenu en 2012 à son niveau de 2007.

Régression - FO Hebdo

Autant d’inégalités qu’en 1820, indique l’OCDE

Entre le début du XIXe siècle et 2000, les inégalités ont baissé avant de remonter. Au point d’être revenues au même niveau qu’en 1820 révèle l’OCDE, qui s’inquiète en particulier de « l’énorme augmentation des inégalités de revenus », surtout en Europe occidentale. Elle précise que si la mondialisation a (...)

Idées

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  • Mauvaise foi de Marionnaud

    Marionnaud participe à Octobre Rose, une campagne contre le cancer du sein, en reversant une partie de ses recettes à une association. Mais le parfumeur possède sur les Champs-Élysées une boutique ouverte tous les soirs jusqu’à minuit. Or, selon l’Inserm, travailler de nuit augmente de 30 % le risque (...)

Pratique

Pratique - FO Hebdo

Le chiffre de la semaine : 48 %

Près de la moitié des personnes dépassant l’âge de la retraite dans le monde n’ont pas de pension et pour une bonne part de celles qui en ont une, elle est insuffisante, selon l’Organisation internationale du travail. La majorité doit donc continuer à travailler. C’est désormais le cas pour 24 % des « (...)

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  • Indice de référence des loyers

    Au troisième trimestre 2017, l’indice de référence des loyers s’établit à 126,46. Sur un an, il augmente de 0,90%, sa plus forte hausse depuis le troisième trimestre 2013.

Entre militants

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En complément

Agenda

Tous les événements à venir

  • Jeudi 14 décembre de 08h33 à 08h58

    France info
    Jean-Claude Mailly sera l’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

Éphéméride

14 décembre 1923

Mort de Théophile-Alexandre Steinlen
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953. À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953.

À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu admirer dans la variété et la diversité de ses compositions un talent viril et spontané, un style vif et châtié, auxquels cet artiste français d’origine suisse, dut naguère sa popularité et son succès.

Son élan vers le prolétariat vint sans doute de sa générosité foncière, mais aussi de son goût pour des thèmes simples, humains et concrets qui expriment les faits vécus et les événements immédiats de la vie. Sa sensibilité et ses idées sociales le guidaient vers la classe ouvrière dont l’exaspération et la détresse l’inspiraient et le stimulaient curieusement, ce qui donna à son art une puissance d’expression une âpreté et des traits incisifs. Il y eut très peu d’artistes à fin du XIXe siècle comme Steinlen pour sentir avec autant d’acuité la portée du mouvement social du prolétariat en faveur de sa libération et de son émancipation.

Dans ses dessins, ses lithographies ou ses eaux-fortes, qui représentent soit une scène tragique de la vie ouvrière, soit un événement provoqué par un patronat égoïste, on sent le sentiment de la solidarité, la communion d’idées qui lient Steinlen à la révolte et aux aspirations du prolétariat, d’autant plus qu’ils évoquent des inquiétantes vérités universelles que Steinlen a su traduire dans toutes ses formes et dans toutes ses manifestations. Par cet art audacieux et sincère, il a acquis la sympathie chaleureuses de Sévérine, de Paul Delesalle, l’amitié admirative d’Anatole France qui l’a si bien compris : « Il aime les humbles, écrit-il, et il sait les peindre. La pitié coule de ses doigts habiles à retracer la figure des malheureux. Il est doux. Il est violent aussi. Quand il représente les méchants, quand il fait des tableaux de l’injustice sociale, de l’égoïsme, de l’avarice et de la cruauté, son crayon éclate, flamboie, terrible comme la justice vengeresse. Cette haine est encore de l’amour…. »

Les réflexions si probantes d’Anatole France sont illustrées par des lithographies révolutionnaires de Steinlen qui ont paru en 1894 sur les premières pages de Chambard Socialiste, revue satirique de Géraud Richard. C’est une lithographie expressive, empreinte d’une douloureuse ironie, intitulée : « Jolie société » où des chiens des riches sont plus heureux que les enfants pauvres ; puis une autre : 18 mars glorifiant la Commune avec la légende de la Carmagnole : « Elle aura sa revanche, vive le son du canon. » Quelle intensité, de rythme et de puissance irrésistible dans Aujourd’hui, représentant les paysans français brisant le joug et écrasant le propriétaire terrien. La Sécurité des rues est inspirée par la fête du Premier Mai de 1894, avec cette légende sarcastique : « Grâce à l’attitude pacifique de la police, le Premier Mai s’est passé sans incident ». Une très belle lithographie : 24 mai 1871 qui set une allégorie vibrante de la Commune, attire notre attention. Mais comme elle est significative cette autre lithographie : Retour en arrière, avec cette légende : « La loi pour les retraites ouvrières est renvoyée à la prochaine session. » Une autre composition qui servit de programme au concert donne le 30 mars 1895 au profit de la soupe populaire du XVIIe arrondissement, avec une légende pleine d’allusion : « En attendant ! » qui présage la révolution sociale.

Steinlen a illustré le numéro spécial du 1er mai 1896 du Monde nouveau, journal socialiste. Sa composition a été inspirée par une chanson de Maurice Boukay : Le Soleil rouge, lorsque à l’aurore deux ouvriers du bâtiment chantent : « Vers la cité de l’avenir, l’Humanité poursuit sa route. » Le dessinateur y a mis toute sa flamme, son espérance et son enthousiasme.

En 1893, une grève éclate dans les mines du Pas-de-Calais ; les repressions impitoyables qui s’ensuivirent et les familles privées de pain ont suggéré à Steinlen un dessin en couleur : « L’attentat du Pas-de-Calais, 3.000 victimes », composition qui reflète l’anxiété et la détresse des ouvrières.

Il y aura encore de l’humour amer et atroce dans un autre dessin paru dans la revue satirique : L’Assiette au beurre, du 9 mai 1901, Fin de grève, avec cette légende : « Charmé de revoir ces gaillards qui voulaient nous faire mourir de faim ! » C’est le patron bien nourri et bien vêtu qui fait cette remarque aux ouvriers amaigris et abattus, qui ont dû renoncer momentanément à leurs revendications. Sa composition : La Catastrophe d’Issy, La Foudre a parlé, évoque la désolation des familles des victimes de l’explosion d’Issy-les-Moulineaux, produite le 14 juin 1901 à la poudrerie Gévelot, et faisant 17 morts.

Steinlen a aussi illustré le roman d’Émile Morel : Les Gueules Noires ; la couverture du livre de Paul Delesalle : Le Mouvement syndicaliste ; Crainquebille, d’Anatole France ; Les Soliloques du pauvre, de Jehan Rictus. Ses fusains, ses dessins aquarellés, ses toiles représentant des mineurs du Pas-de-Calais, des ouvriers du bâtiment, des terrassiers, des débardeurs, la sortie de l’usine, des blanchisseuses sont pleins de vie, de force, de naturel et d’une simplicité attrayante. Dans touts ces œuvres, c’est le cœur passionné et ardent d’un génial artiste qui palpite. Steinlen a donné le meilleur de lui-même aux ouvriers qu’il aimait, qu’il comprenait si bien et qu’il servit par son art subtil et robuste, dans leurs révoltes et leurs combats.
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