Communiqué de FO

FO milite pour concilier environnement et justice sociale

, Béatrice Clicq

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A l’occasion de la marche pour le climat et de la marche du siècle, des 15 et 16 mars, Force Ouvrière rappelle la nécessité de concilier l’urgence climatique et l’urgence sociale. En effet, pour être effective et efficace, la transition écologique doit s’appuyer sur des politiques justes socialement et économiquement.

Pour FO, il s’agit donc de toujours concilier les trois aspects (social, environnement et économie) notamment dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) visant à réduire les gaz à effet de serre d’ici 2050.

Pour obtenir l’acceptation de tous, les politiques climatiques doivent privilégier les mesures incitatives (comme la prime à la conversion) plutôt que celles dites « contraignantes » (taxe carbone).

Par ailleurs, il est indispensable d’évaluer les impacts du changement climatique sur l’emploi afin d’anticiper et accompagner la reconversion des territoires concernés, et aussi des entreprises et des travailleurs dont les emplois sont appelés à disparaître. Pour FO, il faut garantir un emploi décent à chacun, et autant que possible sur son bassin d’emploi.

C’est pourquoi, lors de la venue de la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique au Conseil National de la Transition Ecologique, FO a réaffirmé une nouvelle fois sa demande de négociation du « Plan de Programmation de l’Emploi et des Compétences ». Ce dernier doit accompagner la Programmation Pluriannuelle de l’Energie.

FO s’engage également sur diverses thématiques. Concernant la mobilité domicile/travail, FO revendique la généralisation de la prime de transport et la création d’un prêt à taux zéro en complément de la prime à la conversion.

L’accès à l’énergie constitue une nécessité vitale. Il est nécessaire de concilier la politique de neutralité carbone avec la lutte contre la précarité énergétique, en revalorisant le chèque-énergie à hauteur des besoins essentiels et en menant une politique plus ambitieuse pour la rénovation énergétique des logements.

Face à un pilier économique qui prime toujours davantage sur l’environnemental et le social, et parce que la question du climat est mondiale, FO défend avec la CSI l’adoption d’une nouvelle norme internationale pour une transition juste du monde du travail vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Béatrice Clicq

Secrétaire confédérale au Secteur de l’Egalité et du Développement durable


  • Egalité Femme/Homme et lutte contre les discriminations
  • Politique confédérale pour les Cadres (en lien avec l’UCI) et les Jeunes
  • Numérique, Organisation du Travail, Economie sociale et solidaire
  • Développement durable

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Éphéméride

21 mars 1884

Les syndicats deviennent légaux
Dans la foulée des grandes lois démocratiques sur l’école laïque et sur la liberté de la presse, la République se rend à l’évidence et renonce à mettre hors la loi un mouvement qui, de toute façon, s’exprimera. Après le traumatisme engendré par les massacres de mai 1871, le mouvement ouvrier reprend (...)

Dans la foulée des grandes lois démocratiques sur l’école laïque et sur la liberté de la presse, la République se rend à l’évidence et renonce à mettre hors la loi un mouvement qui, de toute façon, s’exprimera. 

Après le traumatisme engendré par les massacres de mai 1871, le mouvement ouvrier reprend progressivement de l’ampleur. 

En 1872, le gouvernement dissout le Cercle de l’Union ouvrière de Paris qui réunit quinze chambres syndicales. Pour faire face à la multiplication des grèves, le pouvoir accepte enfin l’abrogation de la loi Le Chapelier et des articles du Code pénal napoléonien contre les coalitions, qui interdisaient depuis 1791 le principe même des associations de défense des « prétendus intérêts communs » des ouvriers. 

Jules Ferry est l’initiateur, dès 1880, d’un projet de texte législatif, autorisant les syndicats (ouvriers et patronaux). Mais, confronté aux multiples tentatives d’enlisement menées par les députés les plus conservateurs, ce n’est qu’à l’issue de quatre ans de bataille parlementaire que Waldeck-Rousseau, alors ministre de l’Intérieur du second gouvernement Ferry, pourra, enfin, faire voter la loi du 21 mars 1884. Elle soumet le fonctionnement des syndicats à des règles strictes. Elle marque cependant le point de départ pour de nouvelles étapes : l’organisation des salariés peut désormais se développer au grand jour, mais à l’extérieur des ateliers et usines, les syndicats restant interdits sur les lieux de travail. Il n’est également pas question d’autoriser les syndicats dans la fonction publique. 

« Les syndicats ou associations professionnelles, même de plus de vingt personnes, exerçant la même profession, des métiers similaires ou des professions connexes concourant à l’établissement de produits déterminés, pourront se constituer librement sans l’autorisation du gouvernement » affirme cette loi, qui accorde également à ces syndicats professionnels « le droit d’ester en justice », de disposer du produit de leurs cotisations, d’acquérir les immeubles nécessaires à leur activité, de constituer des caisses de secours mutuels ou de retraites. Ces syndicats professionnels peuvent, certes, former des unions de syndicats, mais ces unions ne peuvent, elles, ni posséder d’immeubles, ni entamer des actions en justice. Enfin, obligation est faite à ces syndicats de déposer leurs statuts et d’indiquer les noms de leurs dirigeants, qui devront impérativement être français et jouir de leurs droits civils. 

Ces nombreuses contraintes ont pesé lourd. La généralisation des syndicats professionnels espérée par Jules Ferry et Waldeck-Rousseau a été beaucoup plus lente que prévu. Essor bien évidemment freiné par le patronat qui multiplie les menaces sur les ouvriers pour retarder l’application de la loi. 

Face à cette offensive en règle, les dirigeants ouvriers sont divisés, avec d’un côté, les défenseurs d’un syndicalisme indépendant, et de l’autre, les"guesdistes", pour qui la lutte a une finalité essentiellement politique. Ces derniers ne veulent voir, du moins dans un premier temps, dans la loi de 1884 qu’une tentative de récupération et d’intégration du mouvement ouvrier. Une fédération nationale des Syndicats est créée à Lyon en octobre 1886 mais les rivalités en son sein entre"guesdistes"et"possibilistes"diminueront son influence. Elle sera concurrencée en 1892 par la fédération des Bourses du Travail. Ces divisions sont mal vécues par la classe ouvrière. Cette dernière impose dès 1893 un processus de rapprochement entre les deux organisations qui aboutira deux ans plus tard à la constitution de la première centrale syndicale, la Confédération générale du Travail.