Congrès d’UD

FO Paris, dans l’action toujours

, Evelyne Salamero

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F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0 (flickr.com/force-ouvriere)

Environ 450 personnes, délégués, militants et invités ont participé au XIe congrès de l’Union départementale FO de Paris qui s’est tenu les 14 et 15 octobre, en présence de Patrick Privat, trésorier confédéral et de Michèle Biaggi, secrétaire à l’organisation, au gymnase Japy, dans le XIe arrondissement de la capitale.

La capitale forme un département à elle toute seule. Paris la belle, Paris la lumineuse, la plus belle et la plus lumineuse peut-être, mais où il ne fait pas toujours bon vivre, notamment quand on y travaille et qu’on vit au fin fond de la banlieue. Paris, rendez-vous des touristes du monde entier mais aussi des manifestants, parfois de toute la France, qui viennent souvent y battre le pavé, de plus en plus souvent à vrai dire depuis quelques années. Les images des mobilisations que l’Union départementale de Paris a organisées ou soutenues depuis son précédent congrès, ont ainsi défilé pendant toute la durée des travaux sur un écran géant, à côté de la tribune.

« Nous avons brisé le syndicalisme rassemblé »

Autant d’étapes également rappelées par Gabriel Gaudy dans la présentation du rapport d’activité adopté à l’unanimité. Un rapport d’activité « qui n’a jamais été aussi important entre deux congrès », a souligné le secrétaire général de l’union départementale, réélu par le congrès. Il y eut la manifestation nationale du 15 juin 2010, quand la confédération FO avait appelé à une grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites. Cette mobilisation a marqué un « tournant qui a fait bouger les lignes » du mouvement syndical a souligné Gabriel Gaudy. Il a aussi, ainsi que la plupart des 21 intervenants à la tribune, rappelé d’autres moments forts, comme la manifestation de soutien aux cheminots en juin 2014 ou encore le rassemblement du 16 décembre 2014 place Vauban à l’appel de la confédération FO contre la politique d’austérité du gouvernement.

Les congressistes ont encore évoqué le défilé du 9 avril 2015 pour le retrait du pacte de responsabilité et de la loi Macron quand la confédération FO avait appelé à la grève interprofessionnelle suivie cette fois par la CGT et Solidaires. Enfin, la manifestation du 8 octobre à laquelle les organisations FO d’Ile-de France ont pu appeler après avoir imposé leurs revendications dans un appel commun régional, et celle des enseignants pour l’abrogation de la réforme du collège le 10 octobre dernier ont également été qualifiées d’étapes clés pour « construire le rapport de force à même de faire reculer le gouvernement et le patronat ». Ces termes sont ceux de la résolution du dernier comité confédéral national repris par les congressistes dans leur propre résolution générale adoptée à l’unanimité.

« Alors que le syndicalisme rassemblé conçu pour accompagner les mesures du gouvernement était un leit motiv il a quelques années, nous l’avons cassé. Toutes ces mobilisations ont conduit à le briser parce que nous sommes restés indépendants et que nous avons toujours adopté, avec notre confédération, des positions claires », s’est félicité Gabriel Gaudy, sous les applaudissements de la salle.

F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0 (flickr.com/force-ouvriere)

Hôpitaux, transports, Ecoles... La défense des services publics au cœur des débats

Les délégués ont également abordé dans le détail la situation de nombreux secteurs, avec plusieurs conflits en cours : dans les écoles et les collèges, mais aussi dans la santé, où le plan stratégique de l’AP HP (Assistance Publique Hôpitaux de Paris) menace toujours plusieurs hôpitaux parisiens avec à la clé des fermetures de services entiers, la suppression de plus de 600 lits et de plusieurs centaines d’emplois.

Le congrès a réaffirmé son attachement au « repos dominical et au respect de la vie privée » et appelé « tant les structures de FO que les salariés à poursuivre la lutte contre la généralisation du travail les jours fériés, le dimanche, la nuit et en soirée ». Les délégués ont particulièrement rappelé leur opposition à l’instauration des « zones touristiques internationales » par la loi Macron dans lesquelles le travail sera autorisé, à partir de 2016, 52 dimanches par an et tous les jours « en soirée » jusqu’à minuit à partir de 2016. Plusieurs dizaines de milliers de salariés sont concernés à Paris, environ 6 000 dans les grands magasins (Galeries Lafayette, Le Printemps, Le Bon Marché...), les autres étant répartis dans les enseignes (H&M, André, Zara...).

Dans une ville où plusieurs heures de trajet par jour sont souvent nécessaires pour aller travailler et rentrer chez soi, les délégués FO se sont prononcés contre « toutes les hausses de tarifs (transport, restauration scolaire...). Ils ont tenu à rappeler leur opposition à la fin des cartes de transports gratuites pour les personnes âgées et handicapées et plus généralement à « tous les mauvais coups contre les services publics portés par la Maire de Paris et sa majorité municipale ».

9 entreprises sur 10 sont des TPE en Ile-de-France

Le développement et la syndicalisation étaient aussi à l’ordre du jour et pas seulement pour se féliciter de la progression de FO dans de nombreuses élections professionnelles et aux dernières élections dans la Fonction Publique. « Si nous étions présents dans 70% des entreprises, nous dépasserions les 20%. On n’a pas le droit de s’endormir sur nos lauriers » a notamment souligné Patrick Privat. Gabriel Gaudy a notamment insisté sur la nécessité de poursuivre le travail de syndicalisation dans les TPE, soulignant que, déjà, « tous les jours des salariés de ces entreprises viennent à l’UD pour demander de l’aide et qu’ils sont de plus en plus nombreux à prendre contact ». Il a rappelé la nécessité de se lancer dès maintenant dans la campagne pour les élections professionnelles de 2016 dans ce secteur. A Paris, l’enjeu est de taille puisque les TPE représentent 90% des entreprises de la région Parisienne.

Enfin, autre moment important du congrès : le message vidéo de Jean-Claude Mailly, en déplacement au Brésil, qui a notamment déclaré : « Nous sommes dans une situation de crise particulièrement difficile. Il est essentiel que le syndicalisme FO garde sa totale indépendance et liberté. Seule une action de grève peut faire reculer le gouvernement. Mais nous savons aussi qu’il qu’il faut la préparer, que le rapport de forces doit se construire. Quand nous aurons suffisamment sensibilisé, il faudra la faire, pour la réussir ». Un message visiblement reçu 5 sur 5 par les congressistes.

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Evelyne Salamero

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