Europe

FO porte ses revendications au congrès de la Confédération européenne des syndicats

, Evelyne Salamero

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Le XIVe Congrès de la CES, accueilli à Vienne par la Confédération autrichienne des syndicats ÖGB, s’est ouvert mardi 21 mai et se tiendra jusqu’à vendredi, en présence de plus de 1300 participants dont 699 délégués, représentant 70 confédérations en provenance de 39 pays.

La délégation de la confédération FO au congrès de la CES est composée de son secrétaire général, Yves Veyrier, de Marjorie Alexandre, secrétaire confédérale du secteur International, Myriam Barnel, secrétaire générale de l’UD FO du Var (83) ainsi que de Paul Ribeiro, de la fédération de la métallurgie, Mireille Herribery, de la fédération des employés et cadres, respectivement en charge des questions européennes et internationales pour leur fédération, et Romain Lasserre, assistant confédéral.

239 femmes déléguées

La modification statutaire adoptée lors du précédent congrès de la CES, à Paris en 2015, pour garantir la parité, a porté ses fruits, puisque les femmes représentent cette fois 48,5% des déléguées (contre 42% il y a quatre ans). Sept délégations ont vu leur droit de vote réduit pour non-respect de la parité.

Parmi les invités de marque, on note la présence de Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI (Confédération syndicale internationale), Guy Rider, directeur général de l’OIT (organisation internationale du travail), Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne et Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Economie.

En marge des travaux, une conférence internationale intitulée « Défendre la démocratie et construire un nouveau multilatéralisme » se tiendra jeudi 23 mai, avec la participation de dirigeants syndicaux européens et internationaux, dont le secrétaire général de la Confédération FO, Yves Veyrier.

Outre l’élection d’une nouvelle direction, l’enjeu de ce congrès sera l’adoption d’un programme d’action pour la période 2019-2023 et d’un manifeste qui en soulignera les principaux points. « Lutter pour des hausses de salaires, une négociation collective plus forte et des droits applicables pour tous », « relancer le modèle social européen et façonner l’avenir du travail à travers un socle des droits sociaux effectif » sont deux des six thèmes qui nourrissent les textes que le congrès devra finaliser. La démocratie, la transition écologique, la digitalisation du travail, la politique industrielle, l’égalité des genres et les migrations figurent aussi à l’ordre du jour.

La priorité de FO : « faire avancer l’Europe des travailleurs »

Durant les travaux préparatoires au congrès, la confédération FO, avec 179 amendements proposés aux projets de textes (dont 120 acceptés et 19 satisfaits par des amendements ultérieurs d’autres affiliés), a d’ores et déjà été l’un des principaux contributeurs à la discussion. Elle a ainsi obtenu que soient rajoutées plusieurs de ses revendications, comme le respect de la hiérarchie des normes et du principe de faveur, l’exclusion des dépenses publiques dans le calcul du déficit public dans le cadre du semestre européen, la demande d’une directive européenne sur le devoir de vigilance, ou encore le respect de l’équilibre entre l’économique et le social « selon la vision première de l’Union européenne inscrite dans le Traité de Rome » explique Marjorie Alexandre. « L’enjeu pour FO, résume-t-elle, est de faire avancer l’Europe des travailleurs, à contrario de l’Europe des marchés. FO portera ses mandats et son action sera fondée sur les principes de l’internationalisme ouvrir. »

Les membres de la délégation FO ont commencé à intervenir dans les débats ce mercredi 22 mai. Le secrétaire général Yves Veyrier a notamment souligné la remise en cause de la négociation collective https://www.force-ouvriere.fr/disco...

La défense de la négociation collective, au cœur des préoccupations

Le secrétaire général de la CES Luca Visentini, a lui aussi insisté sur la menace pesant sur les droits humains, démocratiques et sociaux, à commencer par la liberté syndicale et la négociation collective, sur la nécessité de se battre pour de meilleurs salaires et conditions de travail pour tous, au travers de la mise en place du Socle européen des droits sociaux. Personne, a-t-il également souligné, ne doit être laissé de côté notamment dans le cadre de la digitalisation de l’économie et de la transition écologique, plaidant pour une politique industrielle européenne qui protège les emplois contre une mondialisation débridée et une politique migratoire centrée sur la solidarité.

La secrétaire générale de la CSI Sharan Burrow a dénoncé l’augmentation des inégalités et de la pauvreté alors même que les richesses sont de plus en plus importantes, fustigeant la déshumanisation de l’économie. Elle a à son tour souligné l’importance des droits fondamentaux, dont la protection sociale, la liberté syndicale et la négociation collective, d’autant plus face à la digitalisation de l’économie. Enfin, elle a appelé à soutenir les actions engagées le 25 juin et en septembre pour une transition énergétique socialement juste.