Congrés d’UD

FO première organisation syndicale dans l’Aveyron

, Evelyne Salamero

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Congrès de l’UD FO de l’Aveyron, René Mori son secrétaire général fait valoir ses droits à la retraite.

Les plus de 250 délégués au 19e congrès de l’Aveyron, qui s’est tenu le 12 mai à Rodez sous la présidence de Jean- Claude Mailly, ont savouré leur victoire : avec 32,52% des suffrages (contre 28,80 % pour la CGT et 21,71 % pour la CFDT), FO est devenue la première organisation syndicale du département.

Les participants au congrès ont également rendu un hommage appuyé à René Mori, qui a fait valoir ses droits à la retraite. En tant que secrétaire général de l’Union départementale depuis 28 ans, il n’est effectivement pas pour rien dans cette progression de l’organisation.

Il n’est pourtant pas simple de faire connaître le syndicat dans ce département très rural, où 90% des entreprises comptent moins de 10 salariés, et dont la traversée nécessite au bas mot deux heures trente de voiture. D’où l’importance des Unions locales, au nombre de quatre.

L’opposition à la loi El Khomri et à son aggravation en première ligne des revendications

Les militants ont maintenant pour objectif, non seulement de continuer à développer FO dans les TPE et dans les PME où elle est déjà bien présente, mais aussi de créer de nouvelles implantations dans les quelques grandes entreprises de l’Aveyron, comme chez Bosch où une section syndicale vient d’être montée et où les élections professionnelles auront lieu à l’automne.

Ils devront également redoubler d’efforts pour pénétrer davantage le secteur agricole.

Réunis deux jours avant l’investiture du nouveau président et moins d’une semaine avant la nomination de son gouvernement, les délégués ont mis en tête de leurs revendications l’abrogation de la loi El Khomri et mandaté l’union départementale pour s’opposer à toute manœuvre gouvernementale visant à son aggravation programmée par le chef de l’État.


***Interview

**Emmanuel Dumas, nouveau secrétaire général FO de l’Aveyron : On se prépare pour la suite

A 51 ans, après trente-trois ans d’activités professionnelles « diverses et variées », Emmanuel Dumas, a laissé à des plus jeunes, dont il « admire l’intelligence collective », tous les mandats (délégué syndical, délégué du personnel, conseiller du salarié…) qu’il assurait à la CAF où il travaillait depuis 2002, pour se consacrer exclusivement à celui de secrétaire général de l’Union départementale de l’Union Départementale de l’Aveyron. Il succède à René Mori qui a fait valoir ses droits à la retraite.

Comment expliques-tu la progression de FO dans le département ?

Emmanuel Dumas : Dépasser les 30%, c’était un challenge de René depuis longtemps et c’est donc le résultat d’un long travail de fond, d’une grande écoute des salariés. L’Union départementale est ouverte de 9 heures à 19 heures, tous les jours de la semaine. Et puis, il y a quatre ans, pas mal de jeunesse est arrivée à l’Union départementale, ce qui a impulsé des choses nouvelles. Nous avons maintenant un camping-car qui est un point de rassemblement pour nos manifestations. Nos cortèges sont toujours ouverts par les plus jeunes. Nous allons aussi sur les marchés. Nous organisons des points de discussion autour d’un café que nous offrons, sur des thèmes bien précis. Nous l’avons fait pour les 70 ans de la Sécurité sociale par exemple. Les gens aiment bien discuter de ces sujets.

Comment perçois-tu le climat social actuellement ?

Emmanuel Dumas : Depuis que la loi El Khomri a été imposée, et qu’il n’a été tenu compte aucun compte de nos protestations, alors que nous avons usé d’outils républicains comme le droit de grève et de manifestation pour nous faire entendre, certains patrons se sentent les mains plus libres pour nous ignorer, pour ne pas écouter les organisations syndicales. Je pense qu’ils ne mesurent pas que cela peut engendrer des choses beaucoup plus compliquées, des réactions plus difficiles à maîtriser.

Quelles vont être les priorités de l’union départementale dans les semaines et les mois à venir ?

Emmanuel Dumas : On se prépare à la suite. Une loi, quand elle néfaste pour les salariés, d’où qu’elle vienne, de droite ou de gauche, quelle que soit la manière dont elle est mise en place, doit être combattue. Ce qui compte c’est son contenu. Nous serons donc à nouveau dans la rue, s’il le faut, comme nous avons déjà su le faire. Nous ne nous laisserons pas faire. Et nous combattrons un syndicalisme qui est prêt à tout accepter, comme des dizaines de milliers de suppressions d’emploi dans les hôpitaux. Enfin, nous allons nous consacrer au développement de FO, à multiplier nos implantations. Il faudrait avoir autant de syndiqués que de voix aux élections. La syndicalisation, c’est notre indépendance.

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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