Communiqué de FO

FO reprend la route à la rencontre des travailleurs « saisonniers »

, Yves Veyrier

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Comme chaque année à cette période, FO démarre sa campagne de communication, destinée à sensibiliser et à informer les travailleurs « saisonniers » de leurs droits.

Près de 200 000 salariés « estivants » sont recrutés lors de cette période estivale et tout particulièrement dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. La Confédération et ses structures locales (syndicats, fédérations professionnelles, unions départementales et locales) revendiquent et négocient pour que ces travailleurs soient reconnus partout comme des salariés à part entière.

Pour faire respecter ses droits il faut les connaître

Pour ce faire, la confédération FO a produit une série d’outils syndicaux dédiés : un dépliant « saisonniers ? Vous avez des droits ! », une affiche à l’occasion d’actions publiques spécifiques, une affiche « parents/jobs d’été » à encadrer sur les panneaux syndicaux des entreprises à l’adresse des salariés parents de jeunes en contrat saisonnier, CDD ou stage d’été. Mais également une vidéo didactique et ludique : « Bienvenue dans le monde du travail même en été » réalisée par FO : Saisonniers, vous avez des droits !

A ces outils mis à disposition par la confédération s’ajoutent des actions de terrain d’ores déjà programmées par les structures FO concernées : conférences de presse, distributions du dépliant, affichages, prises de contacts directs sur les lieux de travail ou de résidence des salariés saisonniers, tournées des plages, permanences de juristes FO… Comme par exemple : l’Union départementale (UD) de Vendée qui sillonnera, de la mi-juillet à la mi-août, les plages du littoral vendéen en camion avec à son bord un juriste ; l’UD de la Charente-Maritime quant à elle tiendra une conférence de presse en présence des fédérations FO du commerce et de l’agriculture le 10 juillet 2017 à 10h dans les locaux de l’UD.

De plus, FO présente sur le Tour de France depuis plusieurs années, renforce sa présence sur le parcours. Une tente FO sera installée au départ de chaque ville-étape facilitant ainsi la rencontre entre les salariés sous contrat saisonnier et les représentants FO du département ou de la localité.

FO est à leurs côtés - été comme hiver - via sa campagne de sensibilisation et d’information sur leurs droits.

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Yves Veyrier

Secrétaire confédéral - Secteur Presse-Communication


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Éphéméride

21 novembre 1831

La révolte des Canuts
Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de (...)

Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. 

La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de nombreux points. 

Au début du XIXe siècle, l’économie lyonnaise reste largement dominée par la soierie. Mais la concurrence internationale et la transformation de l’économie locale dès 1827 entraînent un appauvrissement général de la population. Le salaire des ouvriers de la soie, les fameux Canuts, tombe à dix-huit sous pour quinze heures de travail journalier. Cette situation n’est guère appréciée par ces ouvriers spécialisés, largement en avance dans l’organisation de leurs droits. Dès 1811, ils obtiennent un tarif minimum. En 1826, ils disposent déjà de leur propre société de secours mutuel. La révolution de 1830 va les électriser. 

Le 27 juillet 1830, les ouvriers parisiens se révoltent contre les dernières ordonnances de Charles X. Le drapeau tricolore devient l’emblème des insurgés des trois glorieuses, immortalisées par Victor Hugo dans"Les Misérables". La chute des Bourbons crée une véritable onde de choc. Bruxelles et Varsovie se révoltent en août et novembre 1830. 

Lyon n’y échappe pas. Le 18 octobre 1831, les chefs d’atelier des soieries demandent au préfet du Rhône, Bouvier-Dumolart, de réinstaurer un tarif minimum. Le 25, six mille Canuts, chefs d’atelier et compagnons-ouvriers, manifestent pour soutenir leur revendication. Le jour même, le préfet accepte. Une commission patrons-ouvriers entérine le tarif. Mais une minorité d’une centaine de fabricants refuse ce tarif, arguant d’une baisse des ventes. 

L’agitation reprend alors et les ouvriers-compagnons, eux aussi organisés, débordent les chefs d’atelier. Le 21 novembre 1831, les premières barricades s’élèvent dans le quartier de la Croix Rousse. La Monarchie de Juillet y envoie la police et les gardes nationaux, mais parmi ces derniers se trouvent nombre de chefs d’atelier. C’est ainsi que neuf cents gardes nationaux passent au côté des insurgés. Le 22 novembre, la Croix Rousse et la Guillotière sont aux mains des ouvriers qui brandissent un drapeau noir où est brodée la devise"Vivre en travaillant ou mourir en combattant". Le 23, les autorités quittent la ville alors que les agitateurs républicains tentent de récupérer le mouvement. 

À l’unanimité les Canuts refusent cette intrusion du politique dans le social. Leur bannière est noire comme leur peine et non tricolore. Le 24 novembre, le préfet, qui avait obtenu le tarif, donc respecté par les Canuts, rétablit le calme. Mais le nouveau roi, Louis-Philippe, ne l’entend pas de la même oreille. Ce "Roi des Français" et non plus "Roi de France" envoie vingt mille soldats dans la capitale des Gaules, sous la conduite du maréchal Soult. Ce dernier désarme la population, licencie la garde nationale, révoque le préfet, abroge le tarif du 25 octobre.La révolte ouvrière des Canuts est brisée et il faudra attendre 1848 pour revoir pareil mouvement social. Cinq mois plus tard vingt mille Parisiens meurent lors d’une épidémie de choléra.