FO revendique 100 millions d’euros pour sauver l’hôpital de Cayenne

Outremer par Clarisse Josselin

Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), Centre hospitalier Andrée-Rosemon à Cayenne (Guyane). Crédit : CC BY-SA 3.0 Didwin973

Une intersyndicale dont FO alerte depuis plusieurs mois les pouvoirs publics sur la situation financière du centre hospitalier Andrée Rosemon de Cayenne (Guyane) et ses répercussions sur la qualité des soins et la sécurité. Le décès d’un patient le 3 août a relancé la nécessité d’effectuer des travaux en urgence. Pour le syndicat FO, les moyens débloqués par l’État sont insuffisants.

Dans la nuit du 2 au 3 août, un résident de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendants (Ehpad) du centre hospitalier Andrée Rosemon de Cayenne (Guyane) est décédé dans l’incendie de sa chambre. Selon des agents de l’hôpital cités par la chaîne Guyane 1re, le système d’alarme incendie ne se serait pas déclenché.

Depuis février 2016, une intersyndicale dont FO, des médecins et des usagers alertent les pouvoirs publics sur la situation de l’établissement. Ils pointent dans un communiqué le manque de trésorerie et le surendettement, des ruptures de stock répétées, les dettes auprès des fournisseurs, une sécurité incendie défaillante, un bâtiment de médecine-chirurgie insalubre et une radio-protection défectueuse. L’établissement, structurellement déficitaire et en grande difficultés financières, avait été placé sous administration provisoire en mai dernier.

La sécurité n’est pas assurée selon l’Igas

Un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (Igas), basé sur une visite effectuée en avril 2016, estime la dette de l’établissement à plus de 72 millions d’euros, selon Guyane 1re. Cette mauvaise santé financière a des répercussions sur le fonctionnement de l’établissement. Les rapporteurs soulignent des conditions d’hébergement indignes, des sanitaires vétustes... En conclusion, toujours selon Guyane 1re, ils indiquent qu’il existe un risque pour la qualité des soins, et que de façon générale, la sécurité des biens et des personnes n’est pas assurée.

Suite aux préconisation de l’Igas, le ministère de la Santé a débloqué une aide de 15 millions d’euros, versée en trois fois. Pour l’intersyndicale, cette somme, délivrée « au compte-goutte », est insuffisante et permettra surtout de renflouer la trésorerie. Elle exige de l’État 100 millions d’euros à court et moyen terme pour parer les défaillances les plus urgentes et effectuer les travaux de réhabilitation nécessaires.

Une logique d’austérité suicidaire

Dans un communiqué daté du 12 août, la fédération FO Santé apporte tout son soutien au syndicat de l’hôpital. Elle rappelle que les établissements sanitaires d’outremer doivent, « comme en métropole, pouvoir accueillir et soigner la population dans des conditions de dignité et de sécurité tant pour les patients que pour les personnels ».

Elle exige du gouvernement de « rompre avec cette logique d’austérité suicidaire économiquement et socialement », alors qu’un plan impose aux hôpitaux plus de 3 millions d’euros d’économies en trois ans.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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