Formation

FO revendique une revalorisation du statut de l’apprenti

, Clarisse Josselin

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La concertation sur la réforme de l’apprentissage est lancée le 10 novembre. Les interlocuteurs sociaux, les régions et les chambres consulaires ont jusqu’à mi-janvier pour formuler des propositions, avant un projet de loi prévu au printemps 2018.

La concertation sur la réforme de l’apprentissage démarre le 10 novembre au ministère du Travail. Cette réunion plénière réunira les organisations syndicales et patronales, les réseaux consulaires, les régions, ainsi que les ministres du Travail, de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Ces interlocuteurs auront ensuite deux mois pour formuler des préconisations au gouvernement, dans le cadre de groupes de travail.

L’objectif du gouvernement est de refonder ce mode de formation, qui alterne des cours théoriques et des périodes sur le terrain en entreprise. L’exécutif souhaite le développer, tant du côté des entreprises que des jeunes, dans une logique d’insertion professionnelle. Le 25 octobre, lors de la présentation de la feuille de route de la seconde phase des réformes sociales, la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait déploré que seuls 400 000 jeunes soient en apprentissage en France, soit 7% des 16-25 ans.

Plusieurs chantiers sont sur la table. L’exécutif souhaite simplifier le système où deux filières cohabitent, l’une dans les lycées professionnels relevant de l’Éducation nationale, l’autre dans les centres de formation des apprentis (CFA) gérés par les régions.

Adapter l’apprentissage aux jeunes en situation de handicap

Autre sujet abordé, le financement de l’apprentissage. La taxe d’apprentissage est payée par les entreprises à hauteur de 0,68 % de la masse salariale. Les régions en reçoivent 51 %. Le reste est versé aux CFA (26%) ou sert à financer des formations initiales (23 %). Selon Les Échos, le projet du gouvernement serait d’orienter la taxe d’apprentissage vers les seules branches professionnelles, qui gèrent déjà les contrats de professionnalisation. La réforme devrait aussi porter sur la création et la rénovation des diplômes, en y impliquant davantage les branches professionnelles.

FO prendra pleinement part aux concertations. L’une de ses premières revendications concernera la revalorisation de la rémunération des apprentis, une demande portée depuis 2014. Il n’y a aucune raison qu’un apprenti gagne moins qu’un jeune en contrat de professionnalisation, avait souligné Jean-Claude Mailly à sa sortie de l’Élysée le 12 octobre. Quant aux jeunes en lycée professionnel, qui passent de 15 à 22 semaines en entreprise, pourquoi ne pas leur ouvrir une indemnisation de stage qui n’existe pas aujourd’hui ?, propose Michel Beaugas, secrétaire confédéral chargé de l’emploi. FO demandera également une adaptation de l’apprentissage aux jeunes en situation de handicap pour qu’ils puissent eux aussi entrer dans la filière.

Instaurer un droit à l’erreur

La confédération considère que l’apprentissage doit constituer une voie d’excellence, sécurisée et volontaire pour les jeunes en formation. Ce ne doit pas être une voie par défaut, en cas d’échec scolaire, précise Michel Beaugas. Il faut y orienter ceux qui souhaitent y aller, avec un vrai cursus et un droit à l’erreur, c’est-à-dire la possibilité si nécessaire de revenir dans la filière générale.

Il rappelle que la première année, le taux de rupture des contrats d’apprentissage atteint 25 %. Il est même de 50 % dans les métiers de bouche. Le secrétaire confédéral revendique également le renforcement de l’orientation des jeunes et un accompagnement par un conseiller en évolution professionnelle (CEP) dès l’entrée en apprentissage et tout au long du cursus. Cela impose le financement du CEP, qui n’existe pas encore, poursuit-il.

Lors de la concertation, la confédération demandera aussi le renforcement du statut de maître d’apprentissage, avec un stage de formation obligatoire. On peut être bon technicien et piètre pédagogue, ajoute Michel Beaugas. À cela pourrait s’ajouter une valorisation du statut.

FO contre la fusion des lycées professionnels et des CFA

FO demandera de mettre l’apprentissage et l’alternance en lien avec la gestion prévisionnelle des emplois et compétences (CGPEC) de la branche professionnelle pour les adapter aux métiers d’avenir. En revanche, elle est contre une fusion des filières des lycées professionnels et des CFA.

En terme de calendrier, une seconde réunion plénière est prévue le 15 novembre pour une présentation des éléments de diagnostic, notamment par la Dares, service de statistiques du ministère du Travail. Les participants auront ensuite deux mois pour formuler des préconisations.

La concertation sera organisée par France Stratégie, organisme de réflexion rattaché à Matignon, et coordonnée par Sylvie Brunet, présidente de la section travail et emploi au Cese.

Quatre groupes de travail thématiques

Concrètement, quatre groupes de travail vont être mis en place et se réuniront chacun quatre fois du 16 novembre au 18 janvier. Ils auront pour thèmes : le parcours de l’apprenti ; entreprises et apprentissage ; gouvernance et financement ; offre de formation et de certification.

Un point d’étape aura lieu, également en plénière, le 22 décembre. La concertation s’achèvera avec la réunion plénière du 25 janvier. Un rapport doit être remis au gouvernement au plus tard début février. Le projet de loi réformant l’apprentissage, mais aussi la formation professionnelle et l’Assurance chômage doit être transmis au parlement au printemps 2018, pour une adoption durant l’été.

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