FO s’inquiète pour l’emploi chez le volailler Duc

Agroalimentaire par Clarisse Josselin

Le producteur de volailles Duc, en difficultés financières, négocie actuellement son éventuel rachat par le groupe hollandais Plukon. En cas d’échec, le syndicat FO, majoritaire dans l’entreprise, redoute la casse sociale.

Le producteur de volailles Duc, qui emploie 910 salariés en France, est à céder et pourrait passer sous autorité hollandaise. Spécialisé dans le poulet et la dinde certifiés, il rencontre des difficultés économiques depuis plusieurs années. En novembre 2015, l’épidémie d’influenza aviaire dans le sud de la France lui a porté le coup de grâce, en interdisant l’export vers la Chine et l’Afrique du Sud. Au premier semestre 2016, son chiffre d’affaires était en baisse de 7,2%.

Dans un communiqué daté du 22 novembre, la direction évoquait des négociations en « phase finale » avec un acteur industriel pour une opération significative sur l’ensemble de son périmètre, qui lui permettrait d’assurer sa pérennité financière.

Les salariés dans l’attente

Le Monde, dans son édition du 25 novembre, a révélé qu’il s’agissait du groupe néerlandais Plukon. Ce géant de la volaille, déjà implanté en Allemagne et en Belgique, compte 13 sites de production et 4 100 salariés. Le groupe, qui exporte déjà en France, serait prêt à investir 30 millions d’euros dans l’hexagone.

Les négociations se poursuivent et pourraient prendre encore plusieurs semaines, on attend des nouvelles de la direction, explique Eugénia Da Silva, déléguée centrale FO chez Duc, syndicat majoritaire. Pour les salariés, cette reprise serait une bonne chose, mais on ne veut pas applaudir trop vite. Si ça tombe à l’eau, on dépose le bilan, on a peur de la casse.

42 % de la consommation de volaille est importée

Le 19 novembre dernier, Didier Pieux, secrétaire fédéral à la FGTA-FO, s’était rendu au siège de Duc à Chailley (Yonne) pour rencontrer les salariés et leur apporter le soutien de la fédération FO de l’alimentation. Il avait aussi rencontré la direction et fait le point sur la situation économique de l’entreprise .

La situation est critique, il y a beaucoup d’incertitude, notre préoccupation, c’est la préservation de tous les emplois, explique-t-il. L’entreprise n’a pas su innover face à la concurrence sur un marché très tendu. Mais il est possible par l’investissement de relancer l’activité, il existe de vraies filières. Il rappelle qu’en France, 42 % de la consommation de volaille est importée, notamment pour confectionner les plats cuisinés. Les groupes français doivent valoriser la volaille française, lance-t-il.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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