#FO2018Lille - Résister et agir collectivement face au « chacun pour soi »

Débats

24e Congrès confédéral de Force Ouvrière, à Lille, du 23 au 27 avril 2018. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Pas moins de 3 500 participants, dont 2 365 délégués porteurs de 14 137 voix... Plus de 250 interventions à la tribune, soit 100 de plus qu’au dernier congrès. Une présence massive des délégués dans les résolutions dont quelque 500 inscrits à la commission de résolution générale. Mais celles de la sociale, de la protection sociale ou de l’outre-mer n’ont pas été boudées pour autant. Les débats du Congrès confédéral de Lille, du 23 au 27 avril 2018, ont été particulièrement intenses.

Peu d’organisations peuvent se vanter d’une telle participation, avec une réelle liberté d’expression, où chacun peut dire ce qu’il a à dire avec le mandat de son syndicat, a souligné le secrétaire général sortant, Jean-Claude Mailly, répondant aux interventions sur le rapport d’activité (adopté avec 44,16 % pour ; 12,63 % d’abstentions et 43,21 % contre).

Signe de l’état d’esprit général, les interventions des cheminots ont été parmi les plus acclamées, en écho notamment aux propos de François Grasa, secrétaire général de leur fédération : Notre combat c’est votre combat, la remise en cause de notre statut est la porte ouverte à la remise en cause de tous les statuts, de toutes les conventions collectives !

Délégués de secteurs en conflit en cours ou récents (Air France, Aéroports de Paris, Carrefour, Finances, Hôpitaux, Ehpad, Éducation nationale...) ou confrontés à des négociations difficiles...

Tous ont fait le même constat. Alors que toutes les lois libérales atteignent leur paroxysme, selon Pascal Lagrue (Rhône), ce qui est en jeu aujourd’hui c’est le modèle républicain, c’est notre modèle social, a résumé Christian Grolier (Fonctionnaires).

Du côté du privé, Dejan Terglav (FGTA), revenant sur la grève chez Carrefour, a souligné : N’oublions pas le Medef […]. La grève chez Carrefour a réussi parce qu’il y a un ras-le-bol généralisé dans le privé.

Résister, revendiquer, reconquérir, les trois derniers mots de la résolution générale, adoptée à la quasi-unanimité (une voix contre et 27 abstentions), étaient en germe dans toutes les interventions. Toute la question était : comment concrétiser ce triptyque ?

Frédéric Homez (Métallurgie) a résumé : La loi du 14 février 2018 (ratifiant les ordonnances Macron de 2017- NDLR) n’est pas acceptable, elle est défavorable aux salariés, nous sommes tous d’accord. Le problème se situe dans l’analyse du rapport de forces, qui ne passe pas obligatoirement par la rue. Appelant à un bilan des mobilisations passées pour définir de nouvelles formes d’action en vue de résultats concrets, il a indiqué : L’exemple des cheminots sera peut-être, en fonction des résultats, un des moyens à méditer. Ce que Pascal Pavageau, au nom du nouveau Bureau confédéral, a accepté en prévoyant la mise en place d’un groupe de travail du CCN.

Patrick Hébert (Loire-Atlantique) a souligné à son tour : Nous sommes tous d’accord : ils veulent revenir au louage de service. Il nous faut donc nous mettre d’accord sur les moyens de combattre. Alors que nous sommes tous confrontés à la même situation, ne faut-il pas, à un moment donné, que nous descendions ensemble dans la rue ?

La grève, la FGTA a prouvé qu’elle sait la faire, mais elle doit être le dernier outil, a expliqué Dejan Terglav, assurant de son soutien l’ensemble des structures FO dans les luttes qu’elles entreprendront.

La question d’une riposte interprofessionnelle a incontestablement marqué les débats de façon prégnante, même si elle n’est pas nouvelle, a rappelé Yves Kottelat (Services publics et de santé), citant la résolution du congrès de 2015 qui avait déjà arrêté le principe d’une journée nationale de grève interprofessionnelle.

Si on veut être lisibles, il faut offrir une perspective, donner un mandat clair aux nouvelles instances pour organiser la lutte, pour qu’ensemble, public-privé, on puisse gagner au plus vite., a insité Christian Grolier.

Les congressistes ont exprimé leur choix. Leur résolution générale se conclut ainsi par un mandat aux nouvelles instances de la confédération pour prendre toute initiative allant dans le sens d’une mobilisation interprofessionnelle.

Le 1er mai, Pascal Pavageau a confirmé qu’il était important que les confédérations syndicales se parlent pour définir un diagnostic et éventuellement une action commune face à un gouvernement qui ne cherche pas d’interlocuteur. 

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