Communiqué de FO

Force Ouvrière refuse toute ponction des fonds de la formation professionnelle

, Michel Beaugas

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le projet de budget pour 2017 présenté en Conseil des ministres a acté la création d’un fonds de concours qui serait alimenté par les fonds de la formation professionnelle gérés par les organismes paritaires. Déjà en 2012, Force Ouvrière s’était fermement opposée à une ponction de 300 millions d’euros, dissuadant l’État pendant cinq ans de renouveler l’expérience qui s’inscrit dans la logique d’austérité budgétaire.

Cette nouvelle ponction – jusqu’ici démentie tant par le ministère du Travail que par celui des finances – postule que l’argent géré paritairement serait mieux géré au sein d’un Fonds national. Les précédentes expériences démontrent l’inverse : elles sont intervenues pour pallier la mauvaise gestion par l’État de ses crédits et personne ne sait à quoi ont réellement été utilisées les sommes ponctionnées…

Par ce biais, l’État cherche à accroître les moyens financiers destinés à la formation professionnelle des demandeurs d’emploi, l’année où il a confié cette mission aux Conseil régionaux...

Par ailleurs, les partenaires sociaux à travers les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) consacrent déjà en moyenne plus de 10% de leurs fonds au bénéfice des demandeurs d’emploi, et le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) environ 50%.

Les modalités pratiques de ce prélèvement forcé auraient également des effets pervers en ponctionnant des contributions spécifiquement destinées aux actions de formations qualifiantes, et en dissuadant les entreprises de confier une partie de leur plan de formation à ces organismes paritaires.

Aussi, en ponctionnant une nouvelle fois les fonds destinés aux salariés, le gouvernement entretient une idée combattue par Force Ouvrière selon laquelle il faut attendre d’être demandeur d’emploi pour pouvoir se former… Si Force Ouvrière est favorable à la formation des demandeurs d’emploi, elle préfère construire la réussite de leur insertion dans l’emploi plutôt que de se focaliser sur un chiffre de 500 000 demandeurs d’emploi formés, pour des résultats peu satisfaisants pour les personnes. En outre, Force ouvrière n’entend pas opposer les demandeurs d’emploi et les salariés, mais offrir à chacun une possibilité de poursuivre une action de formation qualifiante lui permettant d’accéder à un emploi ou d’évoluer professionnellement.

Par cette ponction, c’est donc une attaque frontale du paritarisme que mènerait le gouvernement et contre laquelle Force Ouvrière ne restera pas muette.

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Michel Beaugas

Secrétaire confédéral - Secteur Emploi - Chômage - Formation


Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire


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Éphéméride

21 novembre 1831

La révolte des Canuts
Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de (...)

Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. 

La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de nombreux points. 

Au début du XIXe siècle, l’économie lyonnaise reste largement dominée par la soierie. Mais la concurrence internationale et la transformation de l’économie locale dès 1827 entraînent un appauvrissement général de la population. Le salaire des ouvriers de la soie, les fameux Canuts, tombe à dix-huit sous pour quinze heures de travail journalier. Cette situation n’est guère appréciée par ces ouvriers spécialisés, largement en avance dans l’organisation de leurs droits. Dès 1811, ils obtiennent un tarif minimum. En 1826, ils disposent déjà de leur propre société de secours mutuel. La révolution de 1830 va les électriser. 

Le 27 juillet 1830, les ouvriers parisiens se révoltent contre les dernières ordonnances de Charles X. Le drapeau tricolore devient l’emblème des insurgés des trois glorieuses, immortalisées par Victor Hugo dans"Les Misérables". La chute des Bourbons crée une véritable onde de choc. Bruxelles et Varsovie se révoltent en août et novembre 1830. 

Lyon n’y échappe pas. Le 18 octobre 1831, les chefs d’atelier des soieries demandent au préfet du Rhône, Bouvier-Dumolart, de réinstaurer un tarif minimum. Le 25, six mille Canuts, chefs d’atelier et compagnons-ouvriers, manifestent pour soutenir leur revendication. Le jour même, le préfet accepte. Une commission patrons-ouvriers entérine le tarif. Mais une minorité d’une centaine de fabricants refuse ce tarif, arguant d’une baisse des ventes. 

L’agitation reprend alors et les ouvriers-compagnons, eux aussi organisés, débordent les chefs d’atelier. Le 21 novembre 1831, les premières barricades s’élèvent dans le quartier de la Croix Rousse. La Monarchie de Juillet y envoie la police et les gardes nationaux, mais parmi ces derniers se trouvent nombre de chefs d’atelier. C’est ainsi que neuf cents gardes nationaux passent au côté des insurgés. Le 22 novembre, la Croix Rousse et la Guillotière sont aux mains des ouvriers qui brandissent un drapeau noir où est brodée la devise"Vivre en travaillant ou mourir en combattant". Le 23, les autorités quittent la ville alors que les agitateurs républicains tentent de récupérer le mouvement. 

À l’unanimité les Canuts refusent cette intrusion du politique dans le social. Leur bannière est noire comme leur peine et non tricolore. Le 24 novembre, le préfet, qui avait obtenu le tarif, donc respecté par les Canuts, rétablit le calme. Mais le nouveau roi, Louis-Philippe, ne l’entend pas de la même oreille. Ce "Roi des Français" et non plus "Roi de France" envoie vingt mille soldats dans la capitale des Gaules, sous la conduite du maréchal Soult. Ce dernier désarme la population, licencie la garde nationale, révoque le préfet, abroge le tarif du 25 octobre.La révolte ouvrière des Canuts est brisée et il faudra attendre 1848 pour revoir pareil mouvement social. Cinq mois plus tard vingt mille Parisiens meurent lors d’une épidémie de choléra.