Communiqué de FO

Force Ouvrière rend hommage à Mathias Hinterscheid qui vient de disparaitre

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Il fut une figure éminente du syndicalisme européen, fondant les bases du dialogue social au niveau européen notamment au travers des discussions dites de Val Duchesse qui ont favorisé la négociation collective au plan européen, négociation aujourd’hui en panne.

Mathias Hinterscheid s’était notamment illustré au sein de la Confédération générale du travail du Luxembourg (OGBL) et avait contribué au succès de la Confédération européenne des syndicats (CES) dont il fut le secrétaire général de 1976 à 1991. Par la suite, il a continué son combat pour une Europe sociale en tant que conseiller du président de la Commission européenne, Jacques Delors.

Force Ouvrière exprime ses condoléances à ses proches ainsi qu’à la CES qui a perdu l’un de ses illustres bâtisseurs.

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Éphéméride

15 août 1944

Déportation de Maurice Harmel
Force Ouvrière n°26, daté du jeudi 20 juin 1946 Une plume plus qualifiée que la mienne devrait ici rendre hommage à notre camarade Maurice Harmel, mort au camp de Buchenwald. Cependant, je l’ai lu assez souvent pour me permettre de saisir l’occasion de saluer une nouvelle fois sa mémoire, cette (...)

Force Ouvrière n°26, daté du jeudi 20 juin 1946

Une plume plus qualifiée que la mienne devrait ici rendre hommage à notre camarade Maurice Harmel, mort au camp de Buchenwald. Cependant, je l’ai lu assez souvent pour me permettre de saisir l’occasion de saluer une nouvelle fois sa mémoire, cette mémoire restée si vivante dans l’esprit des journalistes du travail et dans celui aussi des militants syndicalistes. Eugène Morel, qui fut son compagnon inséparable, ne manque jamais de rappeler des souvenirs communs, puisant dans une foule d’anecdotes tantôt drôles, tantôt tragiques.

Maurice Harmel fut le premier secrétaire général du Syndicat national confédéré des journalistes, mais comme professionnel tout le monde doit se rappeler la longue et brillante carrière de cet homme qui voua sa vie à l’étude des problèmes du monde moderne. Harmel se passionnait à la défense de la justice sociale, il y consacra le meilleur de lui-même et sa vie. Il faut remonter la longue série d’articles qu’il donna au Peuple pour y découvrir la trame d’une clairvoyance que le événements ne devaient que trop confirmer. C’est sans doute à son désintéressement total que l’homme dut de ne pas errer.

Sous l’Occupation, notre camarade comprit toute la valeur des publications clandestines. Il fut un des principaux rédacteurs de Libération-Nord. Mais, à Force Ouvrière, un titre particulier demeure attaché à son nom. Notre journal est la continuation de Résistance Ouvrière et Maurice Harmel consacra la plus grande partie de son temps à la rédaction et au travail de parution de cet organe clandestin, auquel Saillant et Bothereau collaboraient régulièrement. C’est cette équipe de trois hommes qui fonda, dans les pires moments, Résistance Ouvrière, auquel succède Force Ouvrière, et le nom d’Harmel ne sera oublié de personne d’entre nous.

Nous y revenons aujourd’hui parce que le gouvernement provisoire vient de citer Louis-Antoine Thomas, dit Maurice Harmel, à l’ordre du jour de la Nation.

Maurice Harmel, déporté le 15 août 1944 et mort au début de 1945 dans un kommando de Buchenwald, garda jusqu’au bout un optimisme fondamental en dépit des critiques qu’il adressait aux responsables.

Sa fille, tout inspirée de lui, avec qui je bavardais tout à l’heure, me disait cependant que Maurice Harmel plaçait un autre espoir dans la terrible leçon. Lui aussi serait bien étonné du tour que prennent les choses.

Après avoir prévu et dénoncé tant et tant d’erreurs, il voulait croire à l’efficacité des épreuves. Le gouvernement vient de reconnaître officiellement les mérites d’une vie et d’une mort. Officiellement aussi, ces vies et ces morts doivent conserver une valeur de méditation dont le présent semble avoir bien besoin.
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