Fraternité et solidarité dans le Pas-de-Calais

Congrés d’UD par Nadia Djabali

Congrès de l’UD FO du Pas-de-Calais à Lens, devant 500 délégués.

Avec plus de 600 participants et plus d’une trentaine de prises de micro, ça ne pouvait qu’être très réussi, se réjouit Jean-Baptiste Konieczny, secrétaire de l’Union départementale FO du Pas-de-Calais. Car vendredi 12 mai, c’était jour de congrès à Lens.

Le rapport d’activité a été voté à l’unanimité. Unanimité également pour l’élection des commissions et du nouveau bureau. Beaucoup de discussions ont abordé la question du développement syndical, raconte Frédéric Souillot, secrétaire confédéral. Et de très belles idées ont émergé.

Plus de 17% aux élections TPE

Car, tout le monde, dans le Pas-de-Calais, s’est retroussé les manches ces dernières années pour développer la représentativité et les implantations syndicales. Du coup, les résultats ont été au rendez-vous. En cinq ans, le nombre d’adhérent à FO a augmenté de 8%. Pour les élections dans les très petites entreprises, FO a totalisé 17,33% des suffrages dans le département. L’UD compte plus de 2 500 adhérents disséminés dans les petites entreprises locales. Nous avons également développé 70 syndicats, essentiellement dans le privé, ajoute le secrétaire général de l’UD.

Une nouvelle union locale

Autre source de fierté pour Jean-Baptiste Konieczny, l’ouverture en décembre 2016 d’une nouvelle union locale, située à Saint-Pol-sur-Ternoise. C’est une très bonne chose qu’on ait ouvert cette union locale, se félicite-t-il. Certains adhérents pouvaient effectuer jusqu’à une heure de route pour nous rencontrer. Car ici, ne pas posséder de véhicule rend la vie très compliquée. Et la peur, dans cette vaste région des Hauts-de-France, c’est que les services publics soient regroupés sur Lille et que plusieurs heures de route soient nécessaires pour se rendre dans un hôpital.

L’emploi comme priorité

Quant au contexte économique, il n’est pas fameux, et c’est bien pourquoi le principal thème du congrès a été l’emploi. Le département compte plus de 12% de chômage, avec des pointes à plus de 15% dans certaines localités, et des difficultés très importantes se font ressentir dans le secteur de l’automobile, tant dans les grandes entreprises que dans la sous-traitance.

Avec sept sites constructeurs totalisant 16 000 emplois, plus de 60 0000 véhicules étaient produits en 2015 dans les Hauts-de-France. La région recense également plus de quatre cents fournisseurs et prestataires qui totalisent près de 33 000 emplois. Des chiffres qui placent cette filière en tête du classement français en production de véhicules et sur la deuxième marche en termes d’effectifs. Ici, l’industrie automobile a peu à peu remplacé le secteur minier. Et si cette industrie va mal, cela se ressent, or il n’y a pas eu de nouvelles implantations depuis 10 ans, s’inquiète le secrétaire général. Car quand une usine ferme, c’est également un syndicat qui disparaît. Comme dans la papeterie Stora Enzo qui au plus fort de son activité a employé jusqu’à 2 000 salariés et qui a mis la clé sous la porte il y a un an et demi.

Des militants attentifs

Pour l’avenir, les militants du Pas-de-Calais ont ciblé leurs efforts sur les entreprises où FO n’est pas implantée. On va mettre le paquet dessus, prévient Jean-Baptiste Konieczny. De nombreux salariés non syndiqués avec qui nous discutons ne savent pas que les congés payés ont été instaurés parce que certains se sont battus pour les obtenir. Voilà pourquoi, dans le Pas-de-Calais, les militants seront très attentifs au sort qui sera réservé au Code du Travail.

Nadia Djabali Journaliste à L’inFO militante

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