Ga Bu Zo Miam : les Shadoks pompent leur monde au MIAM, temple de l’art modeste, à Sète

Exposition par Michel Pourcelot

https://youtu.be/6XlMTHVGhRA

Une exposition rétrospective pour des êtres cathodiques : le MIAM, le Musée international des arts modestes, à Sète, rend hommage aux Shadoks tout l’été et jusqu’au 6 novembre. Un monde pas si absurde qu’il en à l’air.

Les Shadoks sont de retour. Stars de la télévision française, l’ORTF, entre 1968 et1973, ces étranges bestioles, ne sachant prononcer que quatre mots (ga, bu, zo et meu), creusaient leur planète et se confrontaient avec les Gibis, autre curieuse engeance, issue quant à elle d’une planète plate (l’époque est à la conquête spatiale). Tout ce petit monde revient jusqu’au 6 novembre, à Sète, au MIAM, le Musée international des arts modestes, créé notamment par le peintre sétois Hervé Di Rosa, l’un des grands noms de la « figuration libre ». Cette expo met également l’univers shadokien en perspective avec des œuvres d’artistes contemporains. Car le MIAM, qui se veut le défenseur des « formes d’art marginales et mal-aimées », ne se prive pas de montrer comment la culture populaire a pu influencer souterrainement l’art actuel le plus reconnu. Et le MIAM s’adresse à tous. Côté petit écran, il s’était déjà penché aussi bien sur « Le Manège Enchanté » que sur « Groland ».

Monter plus pour descendre plus

« Et les Shadoks pompaient, pompaient » (on nage alors dans le pétrole). Une phrase devenue culte, tout comme la voix de Claude Pieplu, l’inénarrable narrateur de ces historiettes de quelques minutes. Si l’univers des Shadoks, dû au créateur de dessins animés français Jacques Rouxel (1931-2004), flirte avec l’absurde, il ne l’est pas tant que cela. Une subversion rampante coure sous la dérision. Et dans le monde ubuesque des Shadoks, bien des choses restent d’actualité. Ainsi « il arrivait souvent qu’avec un escalier prévu pour la montée on réussisse à monter plus bas qu’on ne serait descendu avec un escalier prévu pour la descente »…


« Shadoks ! Ga Bu Zo Miam »,
du 18 juin au 6 novembre, au MIAM,
26, quai Maréchal de Lattre de Tassigny, Sète (Herault).
Tarifs de 2,50 à 5,50 euros. Gratuit pour les moins de 10 ans et les demandeurs d’emplois. Tél.04 99 04 76 44.

Michel Pourcelot Journaliste

Sur le même sujet

Les heures souterraines : lumière sur le harcèlement moral au travail

Télévision par Michel Pourcelot

Régulièrement dénoncé depuis quelques années, le harcèlement moral au travail n’avait pas encore vraiment inspiré bon nombre d’auteurs de fiction. Delphine de Vigan en avait fait le sujet de son roman Les heures souterraines. Il vient d’être adapté pour le petit écran. Diffusion : le 9 novembre prochain sur Arte.

Trepalium : le chômage est l’avenir de l’homme

Télévision par Michel Pourcelot

Le cauchemar futuriste d’une société du plein chômage. 20% d’actifs vivent dans un super-ghetto.
À la fin du XXIe siècle, il n’y a plus que 20% d’actifs, en sécurité dans une sorte de Cité interdite où ils n’ont pas à côtoyer les hordes de chômeurs assoiffés, l’eau potable ayant été mise sous coupe réglée. (...)

Médias : le malaise des journalistes radio de franceinfo

Emplois et salaires par Clarisse Josselin

La direction ayant cédé in extremis à ses principales revendications, le SNJ-FO a levé son appel à la grève du 15 décembre auprès des salariés de la radio franceinfo. Les négociations doivent se poursuivre le 20 décembre. Trois mois après le lancement de la chaîne publique d’information en continu sur la TNT, le malaise est réel au sein de la rédaction de l’antenne, qui craint la dégradation de ses programmes au profit de la télévision.