Gestion de la pandémie dans la Fonction Publique : Entre le discours et les actes, il y a un gouffre !

Fédération FO-SPSS par Services publics et de Santé

© Sébastien ORTOLA/REA

Communiqué de la Fédération des Personnels des Services Publics et des Services de Santé Force Ouvrière

La Fédération FO des personnels des Services Publics et des services de Santé est intervenue auprès de la ministre de la Fonction Publique lors de la visioconférence du jeudi 11 février sur la gestion de la pandémie dans la Fonction Publique. Alors que la Ministre Amélie de Montchalin mettait en avant la gestion de la crise sanitaire en rappelant pour la énième fois la doctrine du gouvernement, tester, isoler, protéger et traiter, la Fédération FO-SPS est intervenue pour rappeler les réalités de terrain.

La Fédération FO-SPS a signifié à la ministre les incohérences et contradictions entre la théorie et la pratique, entre le discours et les actes. En réalité, les agents hospitaliers testés positifs à la Covid et asymptomatiques sont autorisés, voire forcés par l’administration à venir au travail et ainsi contaminent potentiellement leurs collègues et malades dont ils ont la charge. En atteste un extrait de l’avis du Haut Conseil de la santé publique relatif à la conduite à tenir pour les professionnels intervenant en établissements de santé et en établissements sociaux et médico-sociaux selon leur statut vis-à-vis du SARS-CoV-2

Concernant les professionnels asymptomatiques porteurs du SARS-CoV-2, pour déterminer les consignes que ces derniers doivent observer afin de contenir le risque de contamination s’ils sont maintenus en poste :

 La découverte chez un professionnel asymptomatique d’un prélèvement nasopharyngé positif (RT-PCR), à l’occasion d’un dépistage ou d’une enquête autour d’un cas par exemple, doit conduire à une éviction de 7 jours après la PCR (reprise du travail au 8e jour) et au respect les mesures barrières renforcées pendant les 7 jours suivants, durées portées respectivement à 9 jours (reprise du travail au 10e jour) et 14 jours en cas d’immunodépression, selon les recommandations du HCSP en vigueur.
 Toutefois, dans le cas où un personnel non remplaçable serait porteur du SARS-CoV-2 et asymptomatique, la possibilité dégradée d’un maintien en poste avec un renforcement des mesures de précaution et d’hygiène est envisageable afin que la balance bénéfice/risque ne soit pas défavorable.

La Fédération FO-SPS est intervenue sur ce sujet à de multiples reprises et attend toujours l’instruction de la Direction Générale de l’Organisation des Soins. La Fédération FO-SPS condamne cet état de fait qui dans la pratique est contraire aux obligations des employeurs qui se doivent de veiller à la santé et la sécurité des Agents au travail, mais également contraire aux préconisations permettant de lutter contre la propagation de la Covid.

Pour la Fédération, il ne faut pas ensuite s’étonner de la recrudescence de la transmission du virus au sein des structures sanitaires et médico-sociales.

Suite à l’intervention de la Fédération FO-SPS, la ministre a répondu que la parution de l’instruction était imminente. La Fédération exige que l’État employeur prenne immédiatement les dispositions pour protéger les agents.

Services publics et de Santé Secrétaire général

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