Grèce : quand il n’est plus possible d’adopter des mesures sociales…

Europe par Secteur Europe - International

Mi-décembre, le gouvernement grec s’est finalement vu refuser l’allègement de sa dette, qui avait décidé quelques mois plus tôt, par l’Eurogroupe, cette instance informelle qui réunit les ministres des finances de la zone euro.

Lettre électronique n°38

Les mesures d’allègement étaient pourtant modestes (de l’ordre de 300 millions d’euros pour une dette totale qui s’élève à près de 320 milliards), elles consistaient en un allongement des délais de remboursement et un allègement de la charge d’intérêt pour 2017 (par la non application de futures hausses de taux d’intérêt).

Il ne restait plus qu’à mettre en oeuvre ces mesures d’allègement à travers le MES (mécanisme européen de stabilité) mais le président de l’Euro-groupe, soutenu notamment par l’Allemagne en a décidé autrement, préférant rejeter les récentes mesures prises par le gouvernement grec.

Depuis que la Grèce est sous l’emprise de la Troïka, toutes les dépenses budgétaires sont passées au crible par les créanciers du pays. Pas question dans ces conditions de consacrer quelques euros supplémentaires à des dépenses sociales : ces derniers ont donc sanctionné la décision du gouvernement grec de relever les petites pensions de retraite et de reporter une nouvelle hausse de la TVA (report pourtant négocié dans le cadre de l’accord d’allègement de la dette).

Outre la confirmation des orientations des créanciers de la Grèce, orthodoxie budgétaire pure et dure et parti-pris antisocial assumé, qui étouffent le pays au lieu de le remettre sur une trajectoire de croissance, ce nouvel épisode vient démontrer une nouvelle fois le caractère totalement anti-démocratique de la Troïka. Alors que l’Union européenne tente de regagner la confiance des travailleurs, elle a de nouveau révélé à travers cette décision de l’euro groupe sa face la plus sombre et la plus absurde.

Pour FO, cet épisode illustre encore une fois que l’austérité est triplement suicidaire : économiquement, socialement et démocratiquement.

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