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Grève à Radio France : une réforme dégradant la qualité éditoriale et les conditions de travail

InFO militante par Ariane Dupré, L’inFO militante

Zairon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Depuis le 25 août, à l’appel d’une intersyndicale dont fait partie FO, les salariés de Radio France sont en grève. Sur fond d’une politique gouvernementale de baisse de crédits budgétaires pour l’audiovisuel public, les syndicats dénoncent les coupes dans l’information locale du réseau d’Ici (ex-France Bleu) et des moyens techniques en baisse risquant d’appauvrir les émissions.

Rentrée très perturbée sur les ondes de Radio France. Depuis le 25 août, à l’appel d’une intersyndicale dont fait partie FO, les salariés font grève contre un projet de réforme de la grille de Radio France, dès cette rentrée. La mobilisation a été très suivie : le 27 août, la programmation dans les stations locales Ici (ex-France bleu) était encore très perturbée, 14 matinales sur 44 n’ayant pu être assurées. Celle de France Culture avait dû être annulée les deux jours précédents. La grève se poursuit et a été reconduite en AG le 29 août. Les syndicats dénoncent la standardisation des programmes dans les 44 stations locales d’Ici qui emploient 1 480 salariés en CDI. La direction veut unifier la programmation. Sur une heure d’antenne, il n’y aura plus que quelques minutes dédiées à l’information locale. Tout le reste viendra du national. C’est dangereux pour l’avenir des radios locales du service public. Et à terme pour l’emploi dénonce Guillaume Baldy, DSC FO de Radio-France.

Moins de moyens humains en technique

Les syndicats contestent aussi la réforme des modes de production, qui risquent d’appauvrir à terme les émissions. Sur FIP, par exemple, ils veulent que les animatrices n’aient plus de technicien en direct. Celui-ci préparerait les playlists à l’avance illustre Guillaume Baldy. La direction veut aussi accroître la polyvalence des 250 techniciens de Radio France. Plutôt qu’un réalisateur et un technicien par émission, certaines pourraient tourner avec un seul technicien-chargé de réalisation aux manettes. Certaines émissions simples (sur France Musique notamment) fonctionnent déjà sur ce modèle, mais la direction souhaite l’étendre. La richesse d’une émission, c’est la diffusion de reportages, d’interviews, de témoignages pris en direct. Avec une seule personne à la fois à la technique et la réalisation, cela accroit le stress et la charge de travail. Et à terme, le risque est de dégrader la qualité des programmes critique Guillaume Baldy.

« Une question d’économies »

Pour le militant, la direction de Radio France a anticipé un budget de l’audiovisuel public à la baisse. Une perte de moyens au détriment de la qualité et du sens au travail. La direction dit vouloir dégager de la quotité de travail pour que les techniciens puissent faire autre chose, mais tout cela, sur le fond, c’est une question d’économies. Le préavis de grève a été déposé le 11 juillet par l’intersyndicale, mais la direction a attendu que nous rentrions effectivement en grève pour commencer à réagir déplore Guillaume Baldy, qui espère malgré tout des avancées pour contrer ce projet. Déjà que l’impact de la grève a fait bouger la direction. Les négociations qui ont démarré avec l’intersyndicale, devaient se poursuivir jusqu’au lundi 1er septembre.

La grève levée

Lundi, l’intersyndicale annonçait ainsi la fin de la grève, dans un communiqué commun. si toutes les revendications n’ont pas été satisfaites, on a estimé que l’engagement de la direction, qui était de créer une sorte de dialogue social, était un message positif (...) mais il faut rester vigilant, a déclaré Guillaume Baldy.

Ariane Dupré Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération