Mobilisation

Grève gagnante pour FO à l’abattoir Porc Montagne en Aveyron

, Clarisse Josselin

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Après deux jours de grève les 2 et 3 janvier à l’appel de FO et de la CFDT, un accord a été trouvé chez Porc Montagne, abattoir situé à Sainte-Radegonde (Aveyron). Les salariés, qui dénonçaient notamment les conditions de travail, ont obtenu une hausse de salaire de 2,5 %.

Après deux jours de grève, un accord a été trouvé le 3 janvier chez Porc Montagne, entreprise d’abattage et la découpe de porcs, située à Sainte-Radegonde dans l’Aveyron et qui emploie 130 personnes. Il devrait être signé le 8 janvier par la direction.

L’appel à la mobilisation, suivi par une quarantaine de salariés, avait été lancé par les syndicats FO et CFDT. Les revendications portaient notamment sur les conditions de travail et les cadences infernales. L’entreprise abat 6 000 porcs par semaine et en découpe 5 000.

En 2017, 30 % du personnel de production a été victime d’accidents du travail, c’est monstrueux, dénonce Alexandre Bernouin, représentant de section syndicale (RSS) FO dans l’entreprise. Les exigences de rendement notamment à la chaîne de découpe et d’abattage sont incompatibles avec la santé des personnels de production. Il rappelle que l’an dernier, sept salariés ont été licenciés pour inaptitude.

Hausse des salaires de 4,2% dans l’année

Le syndicat dénonçait aussi le code du travail bafoué, avec par exemple l’absence d’horaire défini. Il revendiquait des salaires à la hauteur de la pénibilité. Le protocole d’accord prévoit une augmentation de 2,5 % pour les ouvriers et employés. Ajoutée à la hausse de 1,7 % obtenue en juin, on a gagné 4,2 % dans l’année, mais on partait de rien, poursuit Alexandre Bernouin. De leur côté, les chauffeurs ont obtenu la hausse de diverses indemnités.

Le protocole d’accord prévoit aussi l’étude des postes individuels de tous les salariés, en présence d’un préventeur, de la médecine du travail et d’un représentant de l’union départementale FO, ainsi que la mise en place d’un calendrier programmant des mesures pour améliorer les conditions de travail.

Un premier préavis de grève déposé en juin 2017

Un accord similaire avait déjà été signé par la direction en juin 2017, suite au dépôt d’un premier préavis de grève par les syndicats. Cet accord n’a pas été respecté, il n’y a jamais eu la moindre réunion, c’est pourquoi nous avons de nouveau appelé à la grève début 2018, poursuit Alexandre Bernouin. Sur la mise en œuvre du nouvel accord, on est à moitié confiants.

Il déplore aussi l’absence de dialogue social. Le directeur fait tout pour écarter les organisations syndicales, explique-t-il. Lorsque nous avons déposé le préavis de grève, il a ouvert une négociation avec les délégués du personnel non grévistes, pas avec nous les RSS. Sur ce dernier point, Emmanuel Dumas, secrétaire général de l’union départementale FO, comptait d’ailleurs saisir la préfète.