Grève gagnante pour les salariés de Lafarge

Mobilisation par Clarisse Josselin

Après une semaine de grève à l’appel de FO et de la CGT, les salariés du groupe de ciment Lafarge ont été entendus dans leurs revendications, le 6 mars 2018. Ils obtiennent une augmentation générale des salaires de 2%, une prime de 900 euros et le paiement d’une partie des jours de grève.

Il aura fallu neuf heures d’âpres négociations pour qu’un compromis soit trouvé entre les salariés des cimenteries Lafarge et la direction. Les discussions, entamées le 5 mars 2018 à 16 heures, se sont achevées dans la nuit, à 1 heure du matin. les salariés ont repris le travail ce 6 mars.

Les salariés s’étaient mis en grève ce 27 février à l’appel de FO et de la CGT pour revendiquer une augmentation de salaire et le versement à tous d’une prime de 1 000 euros. La mobilisation, suivie par plus de la moitié des 1200 salariés, a duré sept jours. Neuf des dix cimenteries françaises du groupe sont restées à l’arrêt, les fours éteints. Sur la route, des barrages empêchaient toute livraison.

Ces cinq dernières années, on a vécu plusieurs plans de restructuration, la charge de travail a augmenté, les risques psycho-sociaux et les arrêts maladies ont explosé, mais la direction n’a jamais voulu accorder la moindre reconnaissance par le salaire, dénonce Johan Guet, délégué central FO.

« Une plaie dure à cicatriser »

Au prétexte de la crise économique dans le bâtiment et des travaux publics (BTP), les négociations annuelles obligatoires (NAO) étaient jusqu’à présent au point mort. Cette année, le groupe se relève, poursuit le délégué central FO. Nous avions averti la direction en amont. Elle devait jouer le jeu, nous voulions une hausse de salaire et une prime de 1 000 euros pour tous, afin de soigner une plaie dure à cicatriser. Sinon, nous sortirions des négociations.

Les NAO ont démarré ces 14 et 15 février. Jugeant insuffisantes les propositions de la direction, FO a claqué la porte. Une intersyndicale FO-CGT-CFDT-CGC s’est créée. La CFDT et la CGC ont capitulé très vite mais avec la CGT, nous avons poursuivi le combat et tenu bon, ajoute Johan Guet.

La direction s’est déplacée à Toulouse pour négocier

C’est seulement le 5 mars, au bout de sept jours de mobilisation, que les discussions ont démarré avec la direction. Cette dernière s’est déplacée sur le site de Toulouse pour négocier avec les deux délégués centraux FO et CGT. En guise de bonne volonté, les grévistes avaient accepté de rallumer le four du site de Port-La Nouvelle (Aude).

Le protocole d’accord, signé ce 6 mars, porte sur une augmentation générale de 2%, et une prime de 900 euros versée en deux fois, en avril 2018 et février 2019. Les syndicats ont également obtenu le paiement partiel des jours de grève.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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