Haute-Savoie : augmenter les salaires !

Congrès d’UD par Françoise Lambert

Plus de 250 militants ont participé au XXVIIe congrès de l’Union départementale FO de Haute-Savoie, qui s’est tenu le 14 mars 2019 à Meythet, sous la présidence de Cyrille Lama, secrétaire confédéral. Stéphane Renaud a été réélu au poste de secrétaire général de l’UD. La nécessité d’une hausse des salaires, le coût élevé de la vie en Haute-Savoie et le développement de l’organisation syndicale étaient au centre des débats.

Le XXVIIe congrès des syndicats FO de l’Union départementale de Haute-Savoie a rassemblé deux cent cinquante-six délégués des syndicats FO du département, sous la présidence de Cyrille Lama, secrétaire confédéral. Le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, en déplacement à l’Organisation internationale du travail (OIT) à Genève, a rejoint les congressistes pour dresser un panorama de la situation sociale, économique et syndicale. Secrétaire général de l’Union départementale depuis mai 2013, Stéphane Renaud a été réélu à la tête de l’UD.

La nécessaire hausse des salaires, le projet de réforme des retraites et le développement de FO dans le département ont occupé le cœur des débats.

Dynamisme économique et précarité sociale

Dans son rapport devant le congrès, Stéphane Renaud a évoqué la dimension atypique de la Haute-Savoie, qui conjugue dynamisme économique et difficultés sociale. L’activité économique est principalement industrielle - avec de nombreuses entreprises de plus de mille salariés - mais aussi touristique et agricole.

Le taux de chômage (6,6%) s’avère inférieur à la moyenne nationale (9%) et régionale (8%). Sur les 840 000 habitants du département, plus de 93 000 sont des frontaliers qui travaillent en Suisse.

Mais cette prospérité, qui attire chez nous plus de 12 000 personnes tous les ans, a aussi son revers, explique Stéphane Renaud, Ici la vie est chère, le logement très difficile d’accès et le coût énergétique à la hauteur du climat hivernal. Résultat : un problème de pouvoir d’achat pour de nombreux salariés du privé (services, commerce…) notamment pour les saisonniers, mais aussi pour des agents de la Fonction publique et pour les retraités.

Dans la Fonction publique, de nombreux postes restent vacants dans l’enseignement ou la police nationale. Par ailleurs, le réseau de transport est saturé, la pollution désormais constante et inquiétante, et la spéculation immobilière sans limite, ajoute Stéphane Renaud.

Un Smic à 1 450 euros net

Dans un tel contexte, nulle surprise donc à ce que le congrès ait réaffirmé sa revendication prioritaire d’une augmentation des salaires. Dans sa résolution générale, le congrès porte la revendication d’un Smic à 80% du salaire médian, soit 1450 euros net par mois et d’une revalorisation du point d’indice dans la Fonction publique à hauteur des 18% de pouvoir d’achat perdus depuis 2000, ainsi que d’une revalorisation générale des salaires, des pensions de retraites et des minima sociaux.

Le congrès exige en outre des pouvoirs publics une véritable politique d’accueil, notamment d’accès au logement pour tous les travailleurs du public et du privé.

Concernant le projet de réforme des retraites, Stéphane Renaud a résumé devant le congrès les raisons de l’opposition de FO à un système unique par points – un régime qui par définition est instable, sans garantie et qui répond au final à un double objectif : faire baisser le niveau des retraites et faire bosser plus longtemps ceux ou celles qui par miracle ont encore un travail.

Plus généralement, Stéphane Renaud a rappelé qu’au nom du principe de la libre concurrence et de la pression constante des marchés financiers, le gouvernement favorise tout ce qui peut contribuer à casser les cadres collectifs et solidaires de redistribution comme celui de la Sécurité sociale, mais aussi les cadres conventionnels liés au droit du travail. Et que ce même gouvernement encourage la privatisation de pans entiers de la Fonction publique.

Le développement, une priorité

Face à ce rouleau compresseur, une nécessité : développer l’organisation syndicale pour résister, revendiquer et reconquérir. L’Union départementale en a fait une priorité, avec déjà de bons résultats. Lors des élections professionnelles dans la fonction publique en décembre dernier, le syndicat FO de l’hôpital d’Annecy-Genevois a ainsi confirmé sa première place avec 43% de voix.

Dans le secteur privé, lors des douze dernières élections au CSE (Comité social et économique), FO a fait carton plein. L’organisation arrive en première place dans quatre entreprises de remontées mécaniques, qui totalisent plus de 1500 salariés à Chamonix, Megève, Avoriaz, et aux Gets.

FO arrive aussi en tête chez Téfal (1 700 salariés), au magasin Carrefour d’Annecy. L’organisation assoit sa première place dans l’entreprise de décolletage Alpen’tech (plus de 400 salariés) ou encore dans l’association ADIMC qui accompagne des personnes atteintes d’un déficit moteur cérébral.

L’Union départementale note aussi un rajeunissement et une féminisation parmi les délégués syndicaux, notamment dans la métallurgie. Objectif de l’équipe qui vient d’être élue : étendre la syndicalisation en mettant en place des outils pour renforcer l’attraction du syndicat auprès des jeunes, des salariés précaires, mais aussi des salariés plus âgés.

 

Françoise Lambert Journaliste à L’inFO militante - Santé - Retraite