Privatisations : trous d’air pour ADP

Revue de presse par Michel Pourcelot

© Fred MARVAUX/REA

Les projets gouvernementaux de privatisations, concernant au premier chef ADP (Aéroports de Paris), sont actuellement en discussion devant les élus, non sans débats répercutés dans la presse. Aperçus.

Libération
De Pacte à pataquès, il n’y a qu’un pas : Pas de chance pour le gouvernement. Le choix de l’acronyme Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) était censé faire consensus autour de ce projet de loi, qui arrive ce mercredi en deuxième lecture au Palais-Bourbon. Mais sa principale disposition - la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) - a déclenché un sérieux pataquès politique.

Le Monde
Jour après jour, les critiques enflent contre le passage dans le privé de cette société qui gère vingt-six aéroports dans le monde. Un choix stupide, un sacrilège, un abandon de souveraineté, une faute stratégique

La République des Pyrénées
Pour désamorcer les critiques, Bruno Le Maire a assuré qu’à propos des inquiétudes légitimes sur les tarifs, nous avons tiré les leçons des erreurs des autoroutes, les tarifs seront négociés tous les cinq ans. Précisant encore qu’il ne s’agissait pas de privatiser pour l’éternité. Nous donnons une concession pour 70 ans. Nous ne remettons pas en cause les activités stratégiques : le contrôle des frontières, des passagers, restera dans les mains de l’État. Reste une question : Bercy, la forteresse de l’économie française, est-elle bonne en calcul ? Sur un compte rémunéré, le fruit de la vente rapportera 3 % par an. Comme une vulgaire assurance-vie, alors qu’ADP assure aujourd’hui à l’État en dividendes une rentabilité proche de 10%. Trois fois plus ! Vraiment une bonne affaire ? Après le Livret A, le Livret ADP ?

Capital
S’accrochant à sa piste droite mais ardue, le ministre concerné persiste à se délester du tarmac : Je ne reviendrai pas sur la privatisation d’ADP. C’est ce qu’a affirmé avec force Bruno Le Maire, dans l’émission Territoires d’infos, sur Public Sénat. Début février, les sénateurs avaient rejeté à une large majorité des dispositions du projet de loi Pacte ouvrant la voie à une privatisation du groupe aéroportuaire. Les modalités de cette privatisation et son calendrier restent toujours incertains. Dans l’attente de vents plus favorables…

Marianne
Car ça souffle fort du côté de Toulouse : Le rapporteur public de la cour administrative de Paris a recommandé l’annulation de la privatisation partielle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Mauvais timing, alors que le gouvernement cherche à privatiser Aéroports de Paris. Allo Paris, nous avons un problème.

Michel Pourcelot Journaliste

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