Hôpital de Saint-Nazaire : Le personnel de psychiatrie mobilisé contre la restructuration

Santé par Françoise Lambert

Le personnel de psychiatrie de l’hôpital de Saint-Nazaire était en grève aujourd’hui contre une restructuration du secteur, qui entrainera la suppression de quinze postes sur un total de 174, avec la fermeture de l’une des six unités de psychiatrie de la ville.

Sur les 18 lits du secteur psychiatrie appelés à disparaître au sein de l’hôpital de Saint-Nazaire, seulement deux ou trois lits seront redéployés dans chacune des cinq autres unités.

Le regroupement des trois accueils de jour psychiatriques sur un seul site est également à l’ordre du jour, dans un contexte où la Cité sanitaire - nouvelle dénomination de l’hôpital - devrait enregistrer un déficit de 1,5 million d’euros fin 2016.

Manifestation devant l’Agence régionale de santé

A l’appel de leurs syndicats, les salariés ont manifesté ce matin à Nantes devant le siège de l’Agence régionale de santé (ARS), où une délégation a été reçue. Les syndicats demandent le gel de la restructuration et réclament la mise en œuvre des moyens humains nécessaires aux missions de soins et à la sécurité des patients et des personnels.

Manque cruel d’effectifs

« L’ARS doit maintenant recontacter la direction de l’hôpital. En tous cas, il n’est pas question pour nous d’accepter le projet actuel, alors que le manque d’effectifs se fait déjà cruellement sentir », indique Nathalie Pouhaut, secrétaire du syndicat FO de la Cité sanitaire, « Une infirmière a été agressée par un patient il y a quelques semaines et c’est arrivé parce que ses deux collègues ont été appelé d’urgence en renfort dans le service voisin et qu’elle s’est retrouvée seule, ce qui ne serait pas arrivé avec des effectifs en nombre suffisant. »

Le syndicat FO déplore en outre avec cette restructuration « un formidable gâchis de compétences ». Car la transformation du service qui va fermer en unité pédo-psychiatrique avait été dans un premier temps envisagée. « Des personnels qui se sont formés à cette spécialité se retrouvent aujourd’hui plutôt désemparés », explique Nathalie Pouhaut.

Un mouvement qui dure

La mobilisation des personnels de la psychiatrie dure maintenant depuis plusieurs semaines. Le 2 mai, ils avaient fait grève et s’étaient rassemblés dans le hall de la Cité sanitaire de Saint-Nazaire, puis avaient bloqué un comité technique d’établissement.

Les salariés doivent maintenant se réunir en assemblée générale le 6 juin pour décider des éventuelles suites à donner à leur mouvement. Une poursuite, voire une extension de la mobilisation n’est pas à exclure. la grogne monte dans d’autres services, comme en chirurgie, où quinze lits viennent d’être fermés, ou en gastro-entérologie, où la suppression de quinze lits a été annoncée.

Françoise Lambert Journaliste à L’inFO militante

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