Hôpital public : 1 200 médecins tirent la sonnette d’alarme

Service Public par Françoise Lambert

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le 20 mars, des représentants de 1 200 médecins hospitaliers signataires d’une lettre ouverte adressée à la ministre de la Santé se sont rassemblés devant le ministère. Ces praticiens, parmi lesquels des militants et adhérents FO, rappellent l’urgence à ouvrir une discussion sur la pénurie médicale, les fermetures de lits et de services, le financement et le management à l’hôpital.

Une délégation représentant 1 200 médecins hospitaliers signataires d’une lettre ouverte adressée en septembre à la ministre de la Santé a de nouveau alerté mardi 20 mars sur la dégradation du service public hospitalier qui entrave les missions des praticiens hospitaliers auprès de leurs patients.

Pénurie médicale organisée

Ces médecins, dont l’initiative est soutenue par le Syndicat national des médecins hospitaliers FO (SNMH-FO) et cinq autres organisations, demandent depuis plusieurs mois à rencontrer Agnès Buzyn. Sans réponse de sa part, ils se sont rassemblés le 20 mars sous les fenêtres du ministère de la Santé pour montrer leur détermination à obtenir l’ouverture de discussions sur la pénurie médicale organisée de longue date.

Ils revendiquent notamment la suspension des fermetures de lits, de services et d’hôpitaux, le rééquilibrage des pouvoirs à l’intérieur de l’hôpital et un financement de l’hôpital public fondé sur les principes de la Sécurité sociale, rompant avec les enveloppes contraintes.

Les mécontentements s’exprimeront le 22 mars

La situation est insupportable, le gouvernement reste sourd aux demandes des médecins hospitaliers tout comme il n’entend pas celles des personnels des Ehpad, a indiqué Yves Kottelat, secrétaire général de la fédération des services publics et de santé (SPS-FO), présent au rassemblement aux côtés du SNMH-FO. Les mécontentements s’exprimeront le 22 mars, lors de la journée de mobilisation de la Fonction publique,a-t-il ajouté.

Une délégation a été reçue par deux représentants de l’administration. Les médecins ont rappelé l’urgence à ouvrir une discussion sur la pénurie médicale, les fermetures de lits et de services, le financement et le management à l’hôpital. Ils restent dans l’attente d’une réponse à leur demande de rendez-vous avec la ministre de la Santé.

Les praticiens hospitaliers présents devant le ministère ont témoigné de situations très difficiles au sein de leurs établissements.

Fermetures de lits

Olivier Varnet, secrétaire général du SNMH-FO et neurologue à l’hôpital de Gonesse, a indiqué que dix des trente lits de neurologie de son établissement ont dû être fermés en janvier et février, faute d’effectifs suffisants.

Hervé Pichon, chirurgien orthopédiste au centre hospitalier de Voiron (Isère), a lui aussi pointé le manque de personnel dans l’hôpital où il exerce. Un phénomène qui touche autant les secrétaires médicales que les aides-soignantes, les infirmières ou les médecins, a-t-il précisé.

Défaillance institutionnelle

Véronique Payen, médecin aux urgences dans le même établissement, a témoigné de conditions de travail difficiles et de retards dans les prises en charges de patients. Tous les jours, on craint la catastrophe, a-t-elle déploré,le nombre de passages aux urgences a doublé en dix ans, mais le personnel n’a pas évolué en nombre. On est face à une défaillance institutionnelle.

Bruno Caron, médecin psychiatre à l’hôpital de Saint-Egrève (Isère), a fait état d’un délai d’attente d’un an pour obtenir une place dans le service de pédopsychiatrie, et de l’absence d’un médecin titulaire dans le service qui prend en charge les adolescents.

Françoise Lambert Journaliste à L’inFO militante

Sur le même sujet

FO Santé appelle les urgentistes à la mobilisation

Santé par Clarisse Josselin

Près de 200 militants, représentant une quarantaine d’hôpitaux, se sont rassemblés le 11 avril 2018 devant le ministère de la Santé, à l’appel de FO. Ils ont alerté sur la situation des urgences et exigé des moyens supplémentaires. Leur mot d’ordre, combattre les mesures d’économies imposées par le gouvernement et les agences régionales de santé (ARS).

Fonction publique : la mobilisation ne faiblit pas

Service Public par  Valérie Forgeront

Forts de la réussite de la grève du 26 janvier et afin de peser sur la négociation salariale prévue en février, les fonctionnaires examinent les modalités syndicales de nouvelles actions.
Des taux de grévistes atteignant 30 à 50 % dans certains secteurs (enseignement, finances…), une centaine de (...)

Santé : Les délégués FO en ordre de combat contre une nouvelle organisation hospitalière néfaste

Emploi et Salaires par Françoise Lambert

Le 26 octobre, 420 délégués FO de la fonction publique hospitalière se sont réunis au siège de la confédération FO. L’objet de ce rassemblement : préparer une grève nationale prévue le 8 novembre et réaffirmer haut et fort les revendications. Au premier rang desquelles l’opposition aux Groupements hospitaliers de territoire, dont la création signe 20 000 suppressions d’emploi et 16 000 fermetures de lits.