Hôpitaux : face au manque de moyens, des mobilisations tous azimuts

InFO militante par Sandra Déraillot, L’inFO militante

L ’été 2023 aura été particulièrement difficile dans les hôpitaux. Et alors qu’aux urgences les fermetures nocturnes ou de fins de semaine, assorties d’une régulation via le 15, débordent sur le mois de septembre, d’autres services sont aussi en danger.

Maternités, services d’oncologie et même de psychiatrie subissent des fermetures annoncées comme temporaires. À Cadillac, c’est une unité pour malades difficiles qui est menacée. Un préavis de grève a été déposé pour tout le mois de septembre. L’ARS dit que l’on rouvrira dès que l’on aura pu recruter des médecins, explique Thierry Lalanne, secrétaire du syndicat FO du centre hospitalier spécialisé. Mais l’année dernière ils ont fermé une unité pour des travaux qui n’ont pas eu lieu, et elle n’a jamais repris.

Même si un article de la loi Rist rend moins attractive la rémunération des gardes intérimaires, le manque de médecins n’est pas seul responsable de la situation. À titre d’exemple, la Fédération hospitalière de France interpelle le gouvernement sur  la nécessité de moyens supplémentaires pour 2023 et d’une évolution réelle des financements au prochain PLFSS. Dans un communiqué, elle souligne que les dépenses de l’hôpital augmentent du fait des revalorisations salariales non compensées, de même que l’inflation, tandis que les recettes stagnent compte tenu des tensions sur les effectifs qui génèrent déprogrammations et reports de prise en charge. Le déficit des établissements devrait doubler en 2024 par rapport à 2022 pour atteindre un milliard d’euros.

Un manque de postes criant

De quoi craindre une nouvelle chasse aux économies. À l’hôpital de Saint-Brieuc, l’été a aussi été rythmé par les préavis de grève. Le dernier en date, intersyndical et d’une durée illimitée, a débuté le 7 septembre. Nous nous sommes mobilisés contre le non-renouvellement d’un poste d’assistante sociale, alors que le service est en souffrance, puis concernant le standard de nuit des urgences qui a besoin d’un poste supplémentaire, explique Carine Le Tertre, secrétaire du syndicat FO de l’hôpital. Enfin, un poste d’aide-soignant de nuit en médecine interne, obtenu via les accords de Ségur, va être supprimé alors que le service ne désemplit pas.

Pour la fédération FO-SPS, plus que jamais il est urgent de programmer un plan pluriannuel de recrutements de plus de 200 000 agents dans les secteurs sanitaire, social et médico-social.

Sandra Déraillot Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération