Hôpitaux : FO dénonce la politique de réduction continue des moyens

InFO militante par Elie Hiesse, L’Info Militante

Article publié dans le cadre de la campagne Elections Fonction publique
© Laurent GRANDGUILLOT/REA

La fédération FO-SPS, première organisation à alerter sur la poursuite des réductions de moyens hospitaliers malgré la crise sanitaire, voit son alarmant constat confirmé par une étude des ministères sociaux. FO-SPS appelle plus que jamais à rompre avec la logique financière de « Ma santé 2022 » et à ouvrir un débat public.

Chiffres à l’appui, la fédération FO-SPS (services publics et de santé) avait alerté en juin sur la réduction continue des capacités hospitalières en dépit de la crise sanitaire. Le décompte alors réalisé par les sections FO des établissements, recensant les suppressions de lits relevant d’une décision politique ou en lien avec le manque de personnels, avait fait grand bruit. Et encore, ce bilan n’était que très partiel, commente Didier Birig, secrétaire général de FO-SPS. Une étude de la direction statistique des ministères sociaux vient de confirmer le constat alarmant établi par la fédération : malgré la pandémie, l’exécutif n’a pas mis de coup d’arrêt à sa politique de réduction des moyens hospitaliers. Bien au contraire, révèlent les experts de la Drees, il l’a amplifiée !

Plus de 5 700 lits d’hospitalisation complète fermés en 2020

Leur étude statistique est sans appel. Fin 2020, à l’issue de la première année de crise, les 2 983 établissements hospitaliers français (dont 1 342 structures publiques) ne disposaient plus que de 386 835 lits d’hospitalisation complète. Un chiffre en baisse de 5 758 lits comparé à l’année 2019 (soit -1,5%). Pis, constatent-ils, le recul 2020 de la capacité de prise en charge en hospitalisation complète est bien supérieur à celui intervenu entre 2013 et 2019 (-0,9 % par an).

Le contexte de l’épidémie pourrait l’expliquer, estiment les statisticiens, du fait de la transformation de chambres doubles en chambres simples pour limiter la contagion et des déprogrammations massives de soins, pour pouvoir réaffecter les personnels vers les services de soins critiques.

Constat indéniable, le virage ambulatoire s’est poursuivi en 2020 : 1 369 places d’hospitalisation dites « de jour » ont été ouvertes en cette première année de crise sanitaire, pour un total porté à 80 089. Ce virage ambulatoire, précisent les statisticiens des ministères sociaux, ne reflète pas que la volonté de réorganiser l’offre, mais s’inscrit aussi sur fond de contraintes de personnel ne permettant pas de maintenir les lits. En clair, la politique de santé actuelle, en générant une dégradation des conditions de travail et d’emploi des personnels hospitaliers, alimente la désaffection des agents hospitaliers.

Le sujet doit être arbitré par les Français

Il est urgent de rompre avec la logique financière du plan Ma Santé 2022. C’est une revendication forte des hospitaliers, dont les conditions de travail sont tributaires des effectifs et du nombre de lits, martèle Didier Birig, qui appelle l’exécutif à changer de paradigme. Le sujet doit être arbitré par les Français. Ils attendent que l’hôpital public soit à la hauteur des enjeux et des futures probables autres crises sanitaires, avec une prise en charge de qualité. Pour assurer celle-ci, ainsi que l’amélioration des conditions de travail des personnels, la fédération FO exige que la création de 15 000 postes d’agents, promise lors du « Ségur de la Santé » à l’été 2020, devienne une réalité.

Depuis juin, FO-SPS maintient le ministère de la Santé sous pression, exigeant une seconde phase du Ségur de la Santé sur les capacités hospitalières, en lits et en effectifs. Sa demande qu’un groupe de travail soit constitué – plusieurs fois réitérée – n’a toujours pas reçu de réponse. Ni sa demande qu’une évaluation sincère sur le nombre de lits effectivement supprimés ou fermés soit réalisée. Le ministère prétend que 4 000 lits ont été créés dans la crise. Où sont-ils ?, demande Didier Birig.

Cette assertion ministérielle ne fait que reprendre l’annonce faite à l’issue du « Ségur de la Santé » : le ministre avait promis une enveloppe budgétaire de 50 millions d’euros pour financer – dès l’hiver 2020 – l’ouverture ou réouverture de 4 000 lits dans les hôpitaux à la demande, afin que ceux-ci puissent s’adapter à la suractivité saisonnière ou épidémique. Même l’étude Drees sur les capacités hospitalières 2020 fait le silence sur le sujet : le déploiement temporaire de lits pour faire face à la pandémie ne se retrouve (...) pas systématiquement dans (l’) état des lieux en fin d’année, constate-t-elle.

Les sages-femmes exigent un recrutement massif

Pour les sages-femmes, de nouveau en grève du 23 au 26 octobre à l’appel de plusieurs syndicats dont FO-SPS, le point de non-retour est atteint, depuis trop longtemps. Les sages-femmes dans la fonction publique hospitalière sont très en dessous du seuil d’effectifs permettant ne serait-ce que des conditions de travail correctes, constate Gilles Gadier, chargé du dossier à la fédération FO-SPS. Celle-ci exige le doublement en effectif, à hauteur d’une patiente/une sage-femme. C’est dire.

Insatisfaites des propositions ministérielles datant de mi-septembre, très en deçà des préconisations de l’IGAS faites à l’été pour revaloriser leur profession, les sages-femmes en milieu hospitalier demandent aussi un salaire à la hauteur de leurs responsabilités et de leurs compétences. Pour FO-SPS, cela passe par la revalorisation de 200 points d’indice majoré de leur rémunération (contre 22 points d’indice proposés mi-septembre par le ministère, en sus d’une prime mensuelle de 100 euros net, NDLR). Afin de limiter les causes du burn-out étudiant, qui génère 20 % d’abandons, elles exigent aussi une sixième année d’étude.

L’amélioration des conditions de travail, par des recrutements, et de la grille salariale des sages-femmes est le premier des préalables pour rendre le métier attractif dans la fonction publique hospitalière, commente Gilles Gadier. La fédération attend, aux côtés des sages-femmes, les arbitrages ministériels.

Elie Hiesse Journaliste à L’inFO militante

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