HSBC France : les salariés plus que jamais dans le flou sur leur avenir

Emploi et Salaires par Elie Hiesse, journaliste L’inFO militante

© DENIS/REA

Alors qu’HSBC France a engagé le processus de vente de son activité banque de détail depuis décembre, le groupe a annoncé le 18 février la suppression drastique de 35 000 postes dans le monde.

L’avenir s’obscurcit pour les 8 700 salariés d’HSBC France. Déjà plongés dans une douloureuse expectative depuis l’annonce en décembre de la vente de l’activité « banque de détail », ils ont appris le 18 février la volonté du groupe de se séparer de 35 000 salariés dans le monde, soit 15% de ses effectifs. Comme toujours, par voie de presse, même si cette fois l’annonce n’est pas une fuite mais est bien officielle !

La délégation FO, qui a rencontré la direction deux jours plus tard, n’a pu obtenir de précisions concrètes sur la manière dont ce plan drastique de suppressions d’emplois (le plus important annoncé cette année par un groupe bancaire) pourrait impacter, et éventuellement alourdir, la restructuration déjà attendue en France.

Le périmètre de celle-ci est toujours incertain, conditionné aux négociations toujours en cours avec les potentiels acquéreurs de l’activité « banque de détail », et possiblement de l’activité « petites entreprises ». Cette vente, qui pourrait concerner selon les syndicats jusqu’à 5 000 salariés (soit 58% des effectifs), doit elle-même déterminer une restructuration des fonctions centrales.

Des annonces avant l’été

Bref, avec cette nouvelle annonce, le flou s’ajoute au flou. La direction s’est contentée de nous dire que le CSE serait bientôt consulté sur la refonte des activités d’HSBC Europe, et donc sur la refonte des activités en France qui pourrait en découler, sans préciser à quelle échéance. La seule indication qui nous a été donnée est que la restructuration se ferait probablement avant l’été, explique Angélique Faria, déléguée syndicale FO. Elle a demandé à la direction de communiquer sur ce qui pouvait l’être à l’ensemble des collaborateurs afin de faire baisser autant que possible le stress ambiant et qu’elle s’assure, en cette période troublée, de la bienveillance des managers envers leurs équipes.

Une nécessité. Le processus de vente a pour effet d’avoir suspendu beaucoup de projets dans les fonctions support, particulièrement à la direction informatique. Les salariés n’ont pas de visibilité, et angoissent. Dans le réseau d’agences, la direction demande toujours de faire du chiffre. Mais le respect des objectifs n’est pas évident, vu le contexte.

La vente et la refonte des fonctions support conduites en même temps

Si l’ampleur de la restructuration reste à cette date inconnue, la manière dont elle sera conduite a été néanmoins précisée. Alors que jusqu’à présent, la direction comptait opérer en deux temps (la vente puis la restructuration des fonctions centrales ou support), elle a annoncé que les deux processus seraient concomitants. La direction ne veut plus dé-corréler la vente et le plan de suppression de postes dans les fonctions centrales. Tout sera fait en même temps, souligne Angélique Faria.

Cela marque une accélération du calendrier : initialement, la direction comptait avoir finalisé les deux opérations d’ici janvier 2021. Une conséquence du plan de restructuration mondial ? HSBC France n’est pas dans la meilleure position. En 2019, la filiale tricolore, pénalisée par les taux faibles et la hausse des provisions pour crédits, a plus que doublé ses pertes, à 39 millions d’euros, pour un produit net bancaire de 2,23 milliards d’euros.

Rumeurs sur une cession à prix cassé

Concernant l’état d’avancement des négociations sur la vente de l’activité « banque de détail » (270 agences), et possiblement de l’activité « petites entreprises », la direction n’est pas plus prolixe. Alors que la première étape du processus de vente s’est conclue, mi-février, par la remise d’offres indicatives, c’est encore par des fuites dans la presse que les salariés ont appris que la banque de détail pourrait être vendue à un prix proche de zéro et que les candidats à la reprise ne se bousculeraient pas. Seuls deux candidats seraient en lice, Société Générale et la Banque Postale.

Mais la direction s’est voulue rassurante, lors de la réunion du 20 février avec les représentants FO. Elle a assuré que la liste des acheteurs potentiels n’était pas close, ni forcément limité à deux. Elle a précisé que le prix de vente n’était pas son seul critère de choix, mais aussi la qualité et la viabilité du projet ainsi que l’aspect social, précise Angélique Faria.

Chose certaine, la cession est l’option « préférée » des salariés d’HSBC France. Tous ont conscience que la casse sera plus importante si la vente de l’activité Banque de détail ne se fait pas, souligne la militante FO.

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