Index de l’égalité : enfin un grand pas pour les femmes ?

Communiqué de FO par Béatrice Clicq

Article publié dans le Dossier Égalité professionnelle
Marlène Schiappa, Secrétaire d’État chargée de l’égalite entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Muriel Penicaud, ministre du Travail, lors de la présentation de l’index Egalite femmes - hommes, pour lutter contre les inégalités salariales entre femmes et hommes, au Ministere du travail le 22 novembre 2018. © Charles ROBERGE/REA

Le principe « à travail de valeur égale, salaire égal » existe dans la loi depuis 45 ans... Pourtant, les écarts demeurent importants : tous secteurs d’activité confondus, les femmes perçoivent 24% de moins que les hommes, et la différence explose à 37% sur les retraites.

Pour supprimer les 9,6% d’écarts dits « injustifiés », le gouvernement présente un « index de l’égalité ». Très impliquée durant la période de construction de ce projet, Force Ouvrière a été entendue sur plusieurs points : intégration des primes de performance dans les salaires observés, calcul basé sur la moyenne des rémunérations, prise en compte des temps partiels. Enfin, dans un souci d’égalité, l’obligation de corriger les situations défavorables vaut autant pour les femmes (très majoritairement concernées), que pour les hommes.

Pour autant, FO s’inquiète de certaines zones d’ombre. Ainsi, lors de la comparaison des rémunérations entre les femmes et les hommes, les panels inférieurs à trois personnes ne seront pas pris en considération. De ce fait, cela risque d’invisibiliser des écarts pourtant bien réels. Certaines entreprises pourraient ainsi obtenir une bonne note malgré des différences existantes, les protégeant de tout risque de sanctions. Enfin, pour FO, l’absence de pénalité financière plancher et de moyens suffisants pour les inspections du travail pourrait constituer un frein à la mise en place de mesures correctives.

FO entend bien poursuivre ses actions pour améliorer encore ce projet et souhaite donc une nouvelle multilatérale sur les aspects techniques de l’index, afin de garantir plus d’égalité aux 10 millions de salariés des 40 000 entreprises supposées le mettre en œuvre.

Force Ouvrière ne perd pas de vue que l’objectif final demeure la suppression de la totalité des écarts de rémunération. C’est pourquoi les accords égalité professionnelle doivent permettre d’agir plus largement sur le sujet en agissant sur l’organisation du travail, l’articulation vie privée / vie pro, et la parentalité.

Pour Force Ouvrière, plus que l’index, c’est toute la main qu’il faut mettre à la pâte.

Béatrice Clicq Secrétaire confédérale au Secteur de l’Egalité et du Développement durable

Tous les articles du dossier

8 mars 2017 : Des chiffres éloquents

Dossier Égalité professionnelle par Nadia Djabali

La Dares a compilé les données 2014 de 252 conventions collectives couvrant un peu plus de 13 millions de salariés. Dans certaines professions, les écarts de salaire entre les hommes et les femmes tournent autour de 50 %.

Violences faites aux femmes : l’ouvrière a besoin de force !

Communiqué de FO par Béatrice Clicq

Comme chaque 25 novembre, FO s’associe à la journée pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, également soutenue par la CSI et la CES.
Malgré les années, les annonces, les actions, les femmes demeurent particulièrement victimes de violences sexistes et sexuelles, y compris sur le lieu de (...)

Harcèlement sexuel : un mode managérial tactile condamné

Juridique par  Michel Pourcelot

Juste avant que l’affaire Weinstein éclate, début octobre, la cour d’appel de Colmar avait été amenée, le 12 septembre, à se prononcer sur un cas où, pour se justifier, un employeur arguait d’un « comportement tactile spécifique à son mode managérial ». (CA Colmar, 12-9-17, n°15/06663).