Investissements des entreprises, l’échec du pacte de responsabilité

Economie par Mathieu Lapprand

Article publié dans le Dossier Pacte de responsabilité

Il y a un an, le 28 avril 2014, Manuel Valls déclarait à propos du pacte de responsabilité : « Les marges dégagées par les entreprises doivent servir à l’investissement et à l’emploi. » L’Insee vient de rendre son verdict : si le pacte permet aux entreprises de regagner des marges financières, elles n’investissent pas pour autant et l’institut table sur un investissement « quasi stable » au premier semestre 2015.

Constatant cet échec, le Premier ministre, plutôt que d’imposer des contreparties aux entreprises bénéficiaires, leur offre un nouveau crédit d’impôt : 2,5 milliards d’euros sur cinq ans. Pourtant censé être entré en vigueur depuis le 15 avril, le dispositif proposé par Manuel Valls n’est à ce jour décrit que dans un document de communication. Sa principale mesure réside dans une exonération d’impôts supplémentaire sur les investissements industriels réalisés entre mi-avril 2015 et mi-avril 2016. Selon un exemple donné par le gouvernement, l’achat d’une machine-outil de 600 000 euros générerait une économie d’impôts totale de 80 000 euros pour l’entreprise.

2,5 milliards d’euros sur cinq ans pour arroser le sable

Comme pour d’autres dispositifs gouvernementaux, il est difficile de savoir si son utilisation relèvera d’un effet d’aubaine ou d’une utilité réelle. D’autant plus, selon le secteur économique de FO, que ce sont plutôt les grosses ou moyennes entreprises qui bénéficieront de ces incitations à investir. FO a rappelé au gouvernement qu’« un ensemble de mesures sporadiques ne fait pas une politique publique d’investissement ».

Mathieu Lapprand Journaliste à L’inFO militante

Tous les articles du dossier

Les promesses du patronat n’engagent que ceux qui les écoutent

Pacte de défiance par Mathieu Lapprand

« Nous avons salué le pacte de responsabilité que nous a servi le président de la République le 31 décembre et qui était inspiré, je ne le dis pas trop fort, du pacte de confiance que nous lui avons apporté sur un plateau », a affirmé M. Gattaz lors d’une intervention pour des vœux de nouvelle année.

Le pacte de responsabilité, nouveau gadget libéral de l’Élysée

Éditoriaux de FO par Jean-Claude Mailly

Le sociétal ne peut en aucun cas se substituer au social, leurs champs sont différents, les attentes tout autant.
Force est de constater aujourd’hui que les besoins sociaux sont importants et qu’ils appellent des réponses.
C’est vrai en matière de salaires, d’emploi, de Sécurité sociale ou de (...)