Irlande : la négociation collective renforcée

Europe par Secteur Europe - International

Patricia King, présidente de la Confédération irlandaise ICTU.
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Renforcer le système de négociation collective : c’est ce qui fonde la réforme du droit du travail irlandais adoptée cet été par le Parlement du pays. Profondément libéral, le système irlandais de relations sociales repose en effet entièrement sur le volontariat. Les employeurs n’ayant pas d’obligation de reconnaitre un syndicat, ni de négocier collectivement les conditions de travail, la couverture des salariés par un accord collectif est l’une des plus faibles en Europe. (Entre 20 et 40% seulement des travailleurs sont couverts, selon les estimations données par EurWork). L’ex « Tigre celtique », frappé en 2008-2009 par une crise profonde qui a provoqué un chômage de masse et révélé d’importants déséquilibres sur le marché du travail, avait lui aussi subi une batterie de réformes du droit du travail, pourtant déjà très souple et peu protecteur. 

Avec la nouvelle législation adoptée par le parlement irlandais en juillet dernier, les travailleurs et les syndicats d’entreprise pourront désormais faire valoir leurs revendications en matière de salaires ou de conditions de travail auprès de la Cour du travail. Celle-ci pourra statuer en faveur des travailleurs et imposer leurs demandes aux employeurs.

La nouvelle législation protège également davantage les travailleurs qui feront valoir leurs droits en matière de rémunération et de conditions de travail contre d’éventuelles menaces de renvoi de la part des employeurs.

Pour la présidente de la Confédération irlandaise ICTU, Patricia King, cette législation contient de nombreuses avancées pour l’exercice des droits des travailleurs et de leurs syndicats. Elle comble une partie des lacunes du droit syndical irlandais et le rapproche des normes internationales du travail.

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