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Italie : sur fond d’inflation, l’aggravation de la précarité sociale

InFO militante par Fanny Darcillon, L’Info Militante

À Milan, le 20 octobre 2022, une manifestation devant les bureaux d’Eni contre la hausse des prix du gaz, due à la crise énergétique internationale et à la spéculation. © Dino FRACCHIA/REA

Alors que la perte de pouvoir d’achat s’accentue toujours plus, les manifestations se multiplient en Italie, où une journée de grève générale est envisagée pour début décembre.

L ’inquiétude et la colère continuent de monter en Europe face à la hausse du coût de la vie, et l’Italie – qui vient de porter au pouvoir un gouvernement de coalition des droites, y compris extrêmes – ne fait pas exception. En octobre, l’inflation, sur un an, y a atteint son plus haut niveau depuis 1984, à 11,9 %. Les prix de l’énergie ont quant à eux bondi de 73,2 %, en octobre (sur un an), après une hausse de 44,5 % en septembre.

En additionnant toutes les pertes de pouvoir d’achat,  tout se passe comme si les ouvriers et employés italiens ne recevaient pas de treizième mois, a souligné dans un communiqué la Confédération générale italienne du travail (CGIL). Une situation encore plus grave pour les retraités, les intérimaires, les jeunes indépendants et les chômeurs.

De plus en plus d’Italiens manifestent leur colère en brûlant publiquement leurs factures d’énergie. La contestation, inspirée du mouvement britannique « We don’t pay » et partie de Naples début septembre, est depuis remontée le long de la péninsule pour embraser de nombreuses villes. Début octobre, à Rome, une manifestation a eu lieu contre la hausse du coût de la vie et la spéculation des compagnies énergétiques. La plateforme en ligne « Nous ne paierons pas », qui compte quelque 35 000 inscrits, espère atteindre le million d’abonnés à la fin du mois et mettre en place une grève des paiements en Italie.

Par ailleurs, les syndicats italiens envisagent une journée de grève générale le 2 décembre pour faire entendre le cri d’alerte de la population. FO soutient pleinement leur initiative et essaiera de produire un effet boule de neige en France, expose Branislav Rugani, secrétaire confédéral FO au secteur international. Une union des luttes européennes ne peut se faire qu’à travers ce slogan, pour les salaires et contre l’inflation.

Un revenu de solidarité menacé de suspension

En même temps qu’il prétend renforcer les mesures de soutien aux ménages et aux entreprises, le gouvernement de Giorgia Meloni promet de réduire la dette publique italienne (150,3 % du PIB en 2021). Certaines des mesures envisagées posent question, comme la mise en place d’un impôt à taux unique, soit à rebours du principe de progressivité de l’impôt.

Et d’autres paradoxes existent concernant des mesures prétendument sociales. Ainsi, la Première ministre affiche l’idée d’un abaissement de l’âge de départ à la retraite, qui selon une réforme de 2011 devait passer en 2023 de 64 à 67 ans. Le vice-Premier ministre, Matteo Salvini, a d’ores et déjà proposé de trouver le milliard d’euros de financement nécessaire en suspendant pendant six mois le revenu de citoyenneté [un revenu minimum pour les plus pauvres, NDLR] pour les 900 000 bénéficiaires qui sont en état de travailler et qui le perçoivent déjà depuis dix-huit mois. Et ce, alors que la CGIL alerte sur l’aggravation de la précarité dans le pays : 5,6 millions de pauvres, le pic le plus élevé des quinze dernières années, et 14,9 millions de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale, soit 25,4 % de la population.

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