L’éditorial du Secrétaire général

J-C Mailly : « Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues »

, Jean-Claude Mailly

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

La situation actuelle tend à montrer que l’organisation de primaires n’est pas une réponse démocratique satisfaisante. De fait, les primaires sont le reflet d’une difficulté des partis politiques, faute d’adhérents, à dégager en interne programme et candidat(e). Imagine-t-on un seul instant des élections au sein du syndicat auxquelles seraient appelés, pour 1 ou 2 euros, les non-syndiqués ou les adhérents d’autres organisations syndicales ? Ce serait, à n’en pas douter, une dérive.

Mais il est vrai qu’il y a beaucoup plus de salariés adhérents d’un syndicat que de citoyens adhérents d’un parti politique. Au strict plan démocratique, il est d’ailleurs dommageable de constater cet affaiblissement des partis politiques : il leur appartient de s’interroger sur les raisons de cette situation.

À n’en pas douter, la situation économique et sociale constitue une des raisons de fond. Comme nous l’expliquons depuis longtemps, l’austérité est suicidaire économiquement, socialement et démocratiquement.

Cette position est aussi celle des syndicats sur le plan européen, dans le cadre de la Confédération européenne des syndicats.

Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues. Ils attendent un sens, un projet, une vision à moyen et long terme qui répondent à leurs attentes et surtout que cette vision ne soit pas ensuite contredite dans l’exercice du pouvoir.

Pouvoir d’achat, chômage, emploi, inégalités, respect des valeurs républicaines, préservation de la protection sociale collective sont au centre de leurs préoccupations. On pourrait les résumer en quelques mots : espoir crédible d’une vie meilleure.

Pour ce qui nous concerne, nous resterons dans notre rôle et notre conception de syndicat libre et indépendant : pas de consigne de vote et rappel de nos analyses et revendications, de manière publique, courant février.

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Éphéméride

18 juillet 1863

Naissance de Georges Yvetot
Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les (...)

Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les plus passionnés et les plus résolus du syndicalisme libertaire. Après la mort de Fernand Pelloutier, il dirigea la Fédération des Bourses, dans la conception révolutionnaire de son maître. Dans ses articles virulents de La Voix du Peuple, et dans ses brochures, intitulées : L’ABC syndicaliste et Manuel du Soldat, Yvetot préconisa la grève générale t l’action directe pour une révolution sociale qui abolit radicalement la propriété individuelle et le système capitaliste de la production. Au Congrès de Bourges de 1904, il défendit l’indépendance syndicale et combattit la collaboration avec les partis politiques. Pour sa propagande antimilitariste acharnée et irréductible, il fut souvent poursuivi par les gouvernements et emprisonné à la Santé et à Clairvaux. Pour son intransigeance doctrinale et pour sa réputation de vouloir « mordre » ses ennemis, on l’avait surnommé le « bouledogue » de la CGT. Yvetot fut un exemple de courage, de désintéressement, de modestie et de loyauté et comme disait Marcel Sembat, lors d’un procès d’Yvetot à Nantes, lorsqu’il fut condamné à quatre ans de prison pour agitation antimilitariste, « c’est un militant ardent et sincère, d’une grande droiture d’âme, au langage vif et châtié ».