L’éditorial du Secrétaire général de FO

J.-C. Mailly : « Sortir, en France et en Europe, des rails du néolibéralisme »

, Jean-Claude Mailly

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Pour toutes celles et ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, la campagne présidentielle a démarré et cela ne donne pas le sentiment qu’elle passionne les foules, confrontées aux problèmes d’emploi, de pouvoir d’achat, de conditions de travail ou inquiètent pour l’avenir du service public républicain.

Entre les débats des primaires d’un côté et tous leurs « à-côtés », les tribulations diverses d’un autre côté, l’heure n’apparaît pas être celle des débats de fond afin de sortir le pays et l’Europe de la crise sociale, économique et démocratique.

Ainsi, alors que l’application du néolibéralisme a déjà montré son inefficacité, on voit poindre ici ou là une accentuation du traitement qui risque de laisser le malade sur le tapis.

On voit aussi poindre, ici ou là, des déclarations intempestives sur le syndicalisme ou le paritarisme, rendus responsables de tous les maux. En fait il s’agit d’un aveu d’impuissance de la part de leurs auteurs, en quête de boucs émissaires au point qu’ils ne semblent même plus avoir la conscience de ce qu’est et doit être la démocratie et le respect des libertés d’association et de négociation. Il est vrai que les périodes récentes, notamment la loi Travail, n’ont pas été – c’est le moins qu’on puisse en dire – synonymes de progrès, de démocratie et de courage vis-à-vis, notamment, des marchés financiers.

Quand on entend par ailleurs le président du Medef, en voyage en Chine, dire que la France est un pays communiste et la Chine un pays libéral, on se dit que tout est possible et qu’il y a effectivement des choses qui ne tournent pas rond.

Il ne manque plus que M. Gattaz publie un petit livre rouge !

Dans cette période alambiquée, il est important de garder son sang-froid, ses repères et ses principes. C’est notamment pourquoi, comme d’habitude, Force Ouvrière ne donnera aucune consigne de vote, directe ou indirecte, au premier comme au second tour de la présidentielle. Ce qui ne nous empêche pas de rappeler nos positions et analyses.

« On ne renverse pas la table » à coups de menton mais en osant traiter des vrais problèmes, ce qui impose de sortir, en France et en Europe, des rails du néolibéralisme.

Keynes, réveille-toi, ils sont devenus fous ! 

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Naissance de Georges Yvetot
Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les (...)

Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les plus passionnés et les plus résolus du syndicalisme libertaire. Après la mort de Fernand Pelloutier, il dirigea la Fédération des Bourses, dans la conception révolutionnaire de son maître. Dans ses articles virulents de La Voix du Peuple, et dans ses brochures, intitulées : L’ABC syndicaliste et Manuel du Soldat, Yvetot préconisa la grève générale t l’action directe pour une révolution sociale qui abolit radicalement la propriété individuelle et le système capitaliste de la production. Au Congrès de Bourges de 1904, il défendit l’indépendance syndicale et combattit la collaboration avec les partis politiques. Pour sa propagande antimilitariste acharnée et irréductible, il fut souvent poursuivi par les gouvernements et emprisonné à la Santé et à Clairvaux. Pour son intransigeance doctrinale et pour sa réputation de vouloir « mordre » ses ennemis, on l’avait surnommé le « bouledogue » de la CGT. Yvetot fut un exemple de courage, de désintéressement, de modestie et de loyauté et comme disait Marcel Sembat, lors d’un procès d’Yvetot à Nantes, lorsqu’il fut condamné à quatre ans de prison pour agitation antimilitariste, « c’est un militant ardent et sincère, d’une grande droiture d’âme, au langage vif et châtié ».