Les syndicats pour le climat

Jasseir Fernandes (Brésil, Centrale unique des travailleurs)

, Evelyne Salamero

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Jasseir Fernandes (Brésil, Centrale unique des travailleurs). F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Jasseir Fernandes, est le secrétaire confédéral chargé de l’environnement de la CUT Brésilienne qui rassemble 7,5 millions de travailleurs répartis dans 3 800 structures syndicales. Présent au sommet syndical sur le climat au Conseil économique, social et environnemental les 14 et 15 septembre, il nous a expliqué, entre deux séances, comment son organisation appréhende la lutte contre le réchauffement climatique.

Sommet syndical sur le climat au Conseil économique, social et environnemental (Cese) les 14 et 15 septembre. F. Blanc FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

« L’important pour nous est de défendre les services publics. Nous sommes opposés aux PPP (Partenariats-Public-Privé) pour les investissements nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique parce que nous constatons partout où il en existe déjà une précarisation des emplois, une perte de droits, une dégradation des conditions de travail et une moins bonne qualité du service rendu ou du travail effectué. A Sao Paulo, qui est l’une des cinq plus grandes villes du monde, avec 21 millions d’habitants, ces entreprises qui prétendent être nos partenaires sociaux se sont livré à de la corruption pour gagner des parts de marché dans la construction des lignes de métro. Prenons un autre exemple, celui de l’eau, gérée dans le cadre d’un PPP. Les investissements indispensables pour faire face à la sécheresse qui sévit depuis un an n’ont pas été faits. Résultat : les réservoirs ne sont remplis qu’à 15%, il faut limiter la consommation d’eau et les coupures touchent les quartiers les plus pauvres avant tout, les zones les plus riches étant épargnées. Les multinationales, comme Siemens, Alstom... réfléchissent en termes de rentabilité et de profit. Le problème aujourd’hui est donc que les Nations Unies et les États du Nord enfermés dans des politiques d’austérité cherchent à attirer des capitaux privés pour faire les choses à leur place. L’autre question est celle de l’emploi dans le secteur des énergies fossiles à forte émission de carbone. Le Brésil produit beaucoup de pétrole. Mais, en réalité c’est un faux dilemme. Nous pouvons générer autant d’emplois, voire plus, qu’avec l’exploitation du pétrole. Ce n’est pas un problème technique, on sait comment faire. C’est un problème de choix de politique économique. Le principal problème n’est pas de changer la matrice de la production mais d’affronter le capitalisme et des entreprises très puissantes. »