Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

JC Mailly : « Ils ne méritent pas le qualificatif de camarades… »

, Jean-Claude Mailly

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J’ai hésité avant de répliquer au tombereau d’insultes du journal, non FO, intitulé L’Anarcho-syndicaliste.

Certains de celles et ceux qui y écrivent ont certes le droit de penser – même à tort ! – ce qu’ils veulent, mais ils ne méritent pas le qualificatif de camarades.

Ces sujets supposés savoir seraient plus inspirés s’ils relisaient, par exemple, Le Crépuscule des idoles de Friedrich Nietzsche.

Lorsque l’anarchiste, en tant que porte-voix des couches déclinantes de la société, exige avec une belle indignation droit, justice, droits égaux, il ne fait en cela que subir la pression de son acculturation qui n’arrive pas à saisir pourquoi au juste il souffre, en quoi il est pauvre en vie […].

Il est au pouvoir d’une pulsion causale : ce doit être la faute de quelqu’un s’il se sent mal […]. Pareillement, la belle indignation elle-même lui fait du bien.

Pour tous les pauvres diables, c’est un plaisir de fulminer, cela procure une petite ivresse de puissance.

Je les laisse donc en proie à leurs convictions et leurs outrances.

Pour terminer par une note d’humour, je reprendrai ce que répondait par courrier, récemment, Dupond-Moretti à Bernard-Henry Lévy : Le 3 mai 1936, Magritte a écrit au critique Dupierreux qu’il n’était qu’une vieille pompe à merde. Je n’ai hélas ni le talent, ni l’audace de Magritte.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO


Marche générale de l’Organisation - Expression publique - Relations avec les Fédérations Nationales et les Unions Départementales - CSI/CES


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Site internet : https://twitter.com/jcmailly

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Éphéméride

18 janvier 1803

Mort de Sylvain Maréchal
Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de (...)

Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et développe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Ses critiques du pouvoir absolu (Livre échappé du déluge, 1784) et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses oeuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints, des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.
Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Son article de février 1791, « Des pauvres et des riches », où il évoque « dans toute son ampleur le problème social qu’il n’avait abordé jusqu’ici que sous une forme sentimentale et morale » (Dommanget) s’inscrit dans la lutte entre royalistes et républicains. Dans la lutte entre Girondins et Jacobins, il ne prend partie pour l’un ni l’autre. Il montre son scepticisme sur le cours pris par la révolution dans son livre Correctif à la Révolution. Après la chute de Robespierre, il s’approche des Conjurés de Babeuf et rédige le Manifeste des Égaux, où il montre les hommes dupés par les belles paroles des politiciens ambitieux, les nouveaux tyrans assis à la place des anciens : « Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés ». C’est à cause de cette phrase que le Comité directoire secret des Conjurés refuse de publier le manifeste. Le manifeste prône encore une fois la communauté des biens, c’est-à-dire la terre. Son originalité réside, selon Dommanget, dans « la double réunion du principe révolutionnaire et de l’idée communiste au mouvement de la masse laborieuse ». Ses écrits n’étant pas signés, Maréchal échappe aux poursuites judiciaires contre les Conjurés, et continue de publier jusqu’à sa mort survenue le 18 janvier 1803.