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JC Mailly : « Ils ne méritent pas le qualificatif de camarades… »

, Jean-Claude Mailly

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J’ai hésité avant de répliquer au tombereau d’insultes du journal, non FO, intitulé L’Anarcho-syndicaliste.

Certains de celles et ceux qui y écrivent ont certes le droit de penser – même à tort ! – ce qu’ils veulent, mais ils ne méritent pas le qualificatif de camarades.

Ces sujets supposés savoir seraient plus inspirés s’ils relisaient, par exemple, Le Crépuscule des idoles de Friedrich Nietzsche.

Lorsque l’anarchiste, en tant que porte-voix des couches déclinantes de la société, exige avec une belle indignation droit, justice, droits égaux, il ne fait en cela que subir la pression de son acculturation qui n’arrive pas à saisir pourquoi au juste il souffre, en quoi il est pauvre en vie […].

Il est au pouvoir d’une pulsion causale : ce doit être la faute de quelqu’un s’il se sent mal […]. Pareillement, la belle indignation elle-même lui fait du bien.

Pour tous les pauvres diables, c’est un plaisir de fulminer, cela procure une petite ivresse de puissance.

Je les laisse donc en proie à leurs convictions et leurs outrances.

Pour terminer par une note d’humour, je reprendrai ce que répondait par courrier, récemment, Dupond-Moretti à Bernard-Henry Lévy : Le 3 mai 1936, Magritte a écrit au critique Dupierreux qu’il n’était qu’une vieille pompe à merde. Je n’ai hélas ni le talent, ni l’audace de Magritte.

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Éphéméride

17 décembre 1831

Le gouvernement de Louis-Philippe et la répression des grèves
L’insurrection des ouvriers lyonnais produit dans toute la France une répercussion considérable. Bien que vaincus par la force militaire, les « canuts » ne renoncèrent pas pour autant à leurs revendications. Leur courageuse et audacieuse action signifiait, en vérité, le commencement d’un vaste (...)

L’insurrection des ouvriers lyonnais produit dans toute la France une répercussion considérable. Bien que vaincus par la force militaire, les « canuts » ne renoncèrent pas pour autant à leurs revendications. Leur courageuse et audacieuse action signifiait, en vérité, le commencement d’un vaste mouvement social qui se développait irrésistiblement, dans des formes concrètes et aboutissait au changement graduel de la condition ouvrière.
Le gouvernement de Louis-Philippe se rendit compte de la portée morale du réveil prolétarien, et pour étouffer toute action révolutionnaire, il eut recours à des mesures extrêmes
Ainsi, dans une circulaire datée du 17 décembre, le gouvernement autorisait la répression impitoyable des grèves éventuelles dans le but d’obtenir un relèvement des salaires. Soutenus par un gouvernement qui exerçait à l’égard des travailleurs une politique d’oppression de la pire espèce, les industriels de la soie rendirent inopérante la convention signée sur la révision des tarifs. Mais les ouvriers lyonnais eurent plus tard leur revanche, en février 1834, en organisant une puissante action revendicative qui toucha 14.000 métiers.