Éditoriaux du Secrétaire général de FO

JC Mailly : « Quand l’herbe est sèche, la moindre étincelle peut mettre le feu »

, Jean-Claude Mailly

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Près d’un an après la présidentielle, le climat est en train de changer. Qu’il s’agisse des conflits en cours, des annonces à venir (CAP 2022 - Hôpital, etc.), le gouvernement tend à faire la sourde oreille, traîne à répondre ou ne veut pas répondre aux attentes.

Si la croissance économique est repartie légèrement à la hausse, on n’en mesure guère les effets en termes de réduction des inégalités. Tout cela conduit à une montée des insatisfactions. J’ai utilisé une image : l’herbe est en train de sécher et quand elle est sèche la moindre étincelle peut mettre le feu.

L’une des questions qu’il faut se poser est la suivante : en ne répondant pas aux attentes, les pouvoirs publics sont-ils en train, délibérément, d’entamer un bras de fer avec les syndicats ? On se souvient notamment des déclarations du candidat Macron quand il disait que la place des syndicats c’était l’entreprise et la branche, et non l’interprofessionnel national relevant, selon lui, de l’intérêt général et de l’État. C’est-à-dire une remise en cause du rôle des confédérations (y compris dans le paritarisme), à l’instar de ce qui existe dans d’autres pays.

En France, et cela est dû à notre conception de la République, tous les niveaux de négociation et de concertation sont indispensables. C’est ce qui assure notamment un minimum d’égalité de droit, de respect de la devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Par exemple, aucun droit individuel n’existe réellement s’il n’est pas garanti collectivement.

Et nous ne sommes pas des étatistes qui attendent tout de l’État, quel qu’il soit. Dénigrer ou remettre en cause le niveau interprofessionnel percuterait frontalement ce que d’aucuns appellent « le modèle social français ». Cela risquerait de conduire à l’émiettement social et/ou à la politisation accentuée du syndicalisme. Ce que nous n’accepterons jamais. 

 

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Éphéméride

18 juillet 1863

Naissance de Georges Yvetot
Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les (...)

Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les plus passionnés et les plus résolus du syndicalisme libertaire. Après la mort de Fernand Pelloutier, il dirigea la Fédération des Bourses, dans la conception révolutionnaire de son maître. Dans ses articles virulents de La Voix du Peuple, et dans ses brochures, intitulées : L’ABC syndicaliste et Manuel du Soldat, Yvetot préconisa la grève générale t l’action directe pour une révolution sociale qui abolit radicalement la propriété individuelle et le système capitaliste de la production. Au Congrès de Bourges de 1904, il défendit l’indépendance syndicale et combattit la collaboration avec les partis politiques. Pour sa propagande antimilitariste acharnée et irréductible, il fut souvent poursuivi par les gouvernements et emprisonné à la Santé et à Clairvaux. Pour son intransigeance doctrinale et pour sa réputation de vouloir « mordre » ses ennemis, on l’avait surnommé le « bouledogue » de la CGT. Yvetot fut un exemple de courage, de désintéressement, de modestie et de loyauté et comme disait Marcel Sembat, lors d’un procès d’Yvetot à Nantes, lorsqu’il fut condamné à quatre ans de prison pour agitation antimilitariste, « c’est un militant ardent et sincère, d’une grande droiture d’âme, au langage vif et châtié ».