L’éditorial du Secrétaire général - FO Hebdo

JC Mailly : « Un Tour vigilant »

, Jean-Claude Mailly

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

La période est inédite, je l’ai dit à plusieurs reprises ces derniers mois, tant la campagne présidentielle a été riche en surprises et en rebondissements.

Une chose est certaine, malgré ce contexte, les coureurs du Tour de France vont une fois de plus s’élancer en ce début d’été 2017, pour le plus grand plaisir de tous les amateurs de la petite reine, petits et grands. Événement sportif populaire, la course sillonne les routes de France (et d’ailleurs…) et depuis plus de trente ans FO est présente sur le Tour et a toute sa place dans la caravane.

Sport à la fois collectif et individuel, le vélo incarne les valeurs aussi bien sportives que syndicales que sont la solidarité, l’endurance, la constance, sans oublier l’optimisme, sans lequel on ne peut ni militer ni gagner.

Au moment même de la course, nous serons certainement en pleine concertation avec le nouveau gouvernement, notamment sur les mesures sociales que ce dernier compte mettre en œuvre rapidement.

FO restera vigilante sur le fond et la forme de cette concertation et, sans procès d’intention, viendra avec ses revendications et propositions.

En effet, un vrai débat et une véritable concertation s’imposent sur tous les sujets liés au travail, que ce soit sur l’articulation des niveaux de négociation, l’Assurance chômage, la formation professionnelle ou même les institutions représentatives, mais aussi sur le pouvoir d’achat des salariés, sans oublier la révision des modalités de la construction européenne.

Nos revendications prioritaires ont été rendues publiques. La responsabilité du nouveau gouvernement est importante sur tous ces sujets, et nous saurons, durant l’été et donc pendant le Tour de France, affirmer nos analyses et positionnements.

Assurément pas de trêve estivale pour FO qui sera aux côtés de tous : salariés et saisonniers, ensemble, collectivement et solidairement présents sur le Tour de France.

Bon Tour de France et bonnes vacances à tous.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO


Marche générale de l’Organisation - Expression publique - Relations avec les Fédérations Nationales et les Unions Départementales - CSI/CES


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Site internet : https://twitter.com/jcmailly

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Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...