Jean-Claude Mailly à Limoges : « Les camarades de FO veulent se mobiliser et ils ont raison »

France Bleu par Jean-Claude Mailly

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, est à Limoges ce mardi, pour participer au congrès des branches « services publics et santé » de FO. Il était ce matin l’invité de France Bleu Limousin avec Jérôme Edant.

Vous appelez désormais à manifester contre la réforme du code du travail. Et il faut dire qu’on a déjà vu, ici en Haute-Vienne ou en Corrèze, pas mal de drapeaux FO lors des précédentes manifestations. Est-ce que vous avez été dépassé par votre base ?

Non, je n’ai pas le sentiment d’avoir été dépassé par ma base. A partir du moment où il y a une concertation pendant 3 mois, FO n’a jamais pratiqué la politique de la chaise vide, alors on a discuté. La nuance, c’est que les camarades présents au parlement de Force ouvrière la semaine dernière, tout en validant ce qu’on a fait tout l’été, considèrent, et ils ont raison, qu’il y a des choses inacceptables, et souhaitent une journée de mobilisation avant la ratification des ordonnances.

Est-ce qu’il n’est pas trop tard ? Le processus est très avancé...

Le processus est très avancé, et la ratification, ce n’est pas vraiment un débat de fond, ça consiste juste à vérifier que les ordonnances correspondent bien aux thèmes qui avaient été indiqués ! Mais il reste pas mal de décrets à sortir, dont un qui est important, c’est celui qui concerne la fusion des instances de représentation du personnel (Comité d’entreprise-Délégués du personnel-Comités hygiène et sécurité). Nous contestons cette fusion depuis le début, mais nous ne savons toujours pas combien d’heures de délégation ou combien de délégués il y aura : si les futures instances pourront faire correctement leur travail.

Vous craignez une sous-représentation des salariés ?

Oui. Notamment sur les questions d’hygiène et de sécurité. Vous savez, le CHSCT, c’était ce que craignaient le plus les employeurs, et là, il disparaît, fusionné dans une autre instance. Il aura moins de spécificité, c’est évident.

Parlons du secteur de la santé, puisque la branche « santé » de FO est donc en congrès cette semaine à Limoges. Le CHU de Limoges, justement, est en grande difficulté, en déficit depuis 3 ans maintenant et le personnel dénonce régulièrement les réductions de postes, les conditions de travail et d’accueil des patients. Comment jugez-vous la situation de l’hôpital public au vu de cet exemple ?

L’hôpital public est dans une triste situation depuis longtemps, : il y a une pression budgétaire liée à ce que le parlement vote et puis le mode de tarification, qu’il faut revoir complètement. La tarification à l’activité, c’est un système assez stupide, dans la mesure où plus vous travaillez, moins les actes sont chers. Et ça veut dire des conditions de travail qui se dégradent et des moyens insuffisants.

Propos recueillis par Fabienne Joigneault

 

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