Just Eat : nouvellement en CDI et déjà menacés par un plan social

InFO militante par Fanny Darcillon, L’Info Militante

Article publié dans le cadre de la campagne Du 9 au 16 mai : élection des travailleurs des plateformes
© F. BLANC

L’idylle entre Just Eat et le salariat a du plomb dans l’aile. Seize mois après avoir annoncé en fanfare sa volonté d’embaucher en CDI ses livreurs à vélo, un choix inédit dans un secteur dominé par l’auto-entreprenariat, la plateforme de livraison de repas a présenté le 12 avril un plan de sauvegarde de l’emploi, prévu pour le second semestre 2022. Des 4 500 CDI annoncés début 2021, il n’en reste pourtant déjà plus que 800 à 900.

La faute à un important turn-over selon la direction, ou plutôt aux  licenciements abusifs, selon Jérémy Graça, délégué FO dans l’entreprise, qui dénonce  500 licenciements en cinq mois l’année dernière, souvent à la fin de la période d’essai.

Pour FO, les salariés n’ont pas à payer la mauvaise gestion de l’entreprise

Au total, près de 300 postes sont menacés par le plan social – soit un tiers des effectifs actuels –, dont 269 CDI de livreurs. La direction souhaite conserver le modèle du salariat dans seulement sept des vingt-sept villes où des livreurs en CDI ont été déployés en quelques mois. Just Eat évoque la concurrence d’Uber Eats et Deliveroo, leaders d’un marché volatile et compétitif au sein duquel le modèle du salariat coûterait parfois trop cher. Mais pour Jérémy Graça, c’est une fausse excuse :  La différence se fait d’abord sur la qualité du service : les restaurateurs préfèrent travailler avec nos concurrents, même s’ils coûtent plus cher.

Le militant estime également que l’implantation dans vingt-sept villes s’est faite trop rapidement. Il n’y a pas eu de réelle étude de marché, l’entreprise a juste surfé sur la vague Covid en se disant : on ne sait pas quand ça s’arrêtera, on tente et on verra. Derrière, ce sont les salariés qui pâtissent de cette stratégie. Les offres d’aide au reclassement sont pour l’instant insuffisantes, estime le délégué. Si la situation économique de Just Eat laisse à désirer,  300 salariés ne doivent pas payer la mauvaise gestion de la société, assène-t-il. Les livreurs cyclistes se réuniront bientôt pour discuter de l’opportunité d’une grève.

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