Kazakhstan : répression contre les syndicats

International par Secteur Europe - International

Alors que la répression sanglante à Zhanaozen est gravée dans les mémoires, la répression contre les syndicats continue de battre son plein au Kazakhstan. La CNTUK, affiliée à la CSI, a été radiée et les principes fondamentaux de la liberté syndicale sont constamment bafoués.

Les pressions contre les représentants syndicaux sont nombreuses, allant jusqu’à des peines d’emprisonnement comme celle à l’encontre de Nurbek Kushekbaev, un des dirigeants de la Confédération CNTUK. Pour simplement avoir lancé un appel à la grève, Nurbek a écopé d’une peine de deux ans et demi d’emprisonnement et de 80 000 USD d’amende.

Le Comité Exécutif du PERC (région paneuropéenne de la CSI) a adopté une déclaration dans laquelle il condamne à l’unanimité les violations de la liberté syndicale et l’annulation de la radiation de la confédération des syndicats indépendants du Kazakhstan. Le CE du PERC exige également la libération des syndicalistes emprisonnés et poursuivis au pénal comme Emin Eleusinov, délégué syndical dans l’entreprise de construction pétrolière LLP, ainsi que l’arrêt du harcèlement envers ceux-ci. Larisa Kharkova, présidente du CNTUK, est en effet soumise à de constants interrogatoires.

Lors de la réunion préparatoire à la Conférence Internationale du Travail de l’OIT en avril dernier, Force Ouvrière a soutenu l’inclusion du cas kazakh sur la liste des cas de violations graves des normes internationales du travail afin qu’il soit entendu.

La CSI vient par ailleurs d’informer ses affiliés qu’elle avait déposé une plainte à l’OIT contre le Kazakhstan au motif d’emprisonnement injustifié de deux militants syndicalistes, ainsi que pour le refus du gouvernement de reconnaître les droits des travailleurs de créer des syndicats indépendants dans différents secteurs d’activité.

Force Ouvrière, qui avait déjà exprimé son indignation après le drame de Zhanazoen, a de nouveau exprimé son soutien aux camarades syndicalistes kazakhs et dénoncé lors du Comité Exécutif du PERC (région paneuropéenne de la CSI) le non-respect de la liberté d’association et du droit de grève garantis par la convention fondamental n°87 de l’OIT d’applicabilité universelle.

 

Sur le même sujet

Pour son centenaire, l’OIT relève les défis du 21e siècle

International par Evelyne Salamero, journaliste L’inFO militante

Alors qu’elle célèbre son centenaire, l’Organisation internationale du travail se devait de faire de sa conférence annuelle un moment fort de son histoire. Ce fut le cas, à plus d’un titre. Réunis à Genève du 10 au 21 juin, les 6 000 représentants des employeurs, gouvernements et travailleurs de 187 États ont adopté une convention historique contre les violences et le harcèlement dans le monde du travail. Mais pas seulement. Une chose est sûre, l’organisation créée en 1919 dans le cadre du traité de Versailles, reste bien connectée à la réalité présente.