L’après COP 21 : les syndicats n’ont pas dit leur dernier mot

Climat par Evelyne Salamero

Article publié dans le Dossier Climat
L’accord issu de la COP21 se contente de prendre en compte les critères sociaux. Pour FO, le volet social a été sacrifié. © F. Blanc

Les 195 États réunis à la conférence de Paris ont conclu un accord le 12 décembre. Un texte « dont on ne peut se satisfaire face à l’urgence de la situation », constate FO.

Les États ont négocié nuit et jour pendant treize jours, s’accordant une journée de plus que prévu. Leur accord fixe un objectif collectif de réchauffement climatique « bien en deçà » de 2° et « la poursuite des efforts » pour le limiter à 1,5°. Mais en l’état, l’addition des objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre permet au mieux de contenir la hausse de la température en dessous de 3°. Si l’accord prévoit bien leur révision, celle-ci ne commencera pas avant 2025. Une échéance trop tardive pour la CSI (Confédération syndicale internationale), qui rappelle que plus de 2,6 millions de personnes ont d’ores et déjà été déplacées du fait d’événements météorologiques extrêmes.

2,6 millions de personnes déjà déplacées

La CSI qualifie également de « faible » l’engagement financier des pays développés. Enfin, elle a d’ores et déjà averti que l’intégration de la référence à une « transition juste », en termes d’emplois notamment, dans le préambule de l’accord – et non dans sa partie opérationnelle comme elle le revendiquait –, n’est pour elle qu’un point d’appui pour obtenir davantage. « Tragiquement, trop de gouvernements manquent toujours d’ambition pour ce qui est de la survie de leurs peuples », a déclaré la secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow. Dans un communiqué du 14 décembre intitulé « COP21 : la communication est brillante mais socialement l’échec est mat », la confédération FO a dénoncé le sacrifice du volet social au fur et à mesure des négociations. La CSI a d’ores et déjà annoncé que ses affiliées agiront pour que s’ouvrent des négociations à l’échelle nationale. 


Zoom : Ce qui a été obtenu
La délégation de la CSI, composée de 400 syndicalistes venus sur place du monde entier, a défendu l’ajout dans la partie opérationnelle de l’accord de l’amendement suivant : « Cet accord doit être appliqué en assurant une transition juste pour les travailleurs et la création de travail décent et de qualité, en accord avec les priorités de développement définies nationalement. » Au final, les gouvernements ont introduit ces critères dans le préambule, déclarant les « prendre en compte ».

 Voir en ligne  : Ensemble des articles et communiqués sur la COP 21

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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