L’OIT au travail pour une avancée décisive vers l’égalité hommes-femmes

Campagne par Evelyne Salamero

Article publié dans le Dossier Égalité professionnelle
La confédération FO en campagne pour l’égalité femmes-hommes. © F. BLANC

Les progrès pour combler les écarts entre hommes et femmes marquent le pas, constate l’Organisation internationale du travail. Mais les solutions sont claires, souligne-t-elle.

En 2018, 1,3 milliard de femmes occupaient un emploi dans le monde, contre 2 milliards d’hommes, soit 700 millions de moins. L’écart salarial restait de 20 %, et ce, malgré des dispositions légales imposant l’égalité salariale dans de nombreux pays. Les filles représentent 69,1 % des jeunes qui ne sont ni en formation, ni en emploi. Autant de données dévoilées par l’OIT dans son rapport « Une avancée décisive vers l’égalité entre hommes et femmes », publié le 8 mars.

L’inégalité scolaire limite l’accès à l’emploi, mais elle n’est pas le facteur principal, indiquent les auteurs du rapport qui relèvent que 41,5 % des femmes diplômées de l’université sont inactives ou au chômage contre seulement 17,2 % de leurs homologues masculins. Ils soulignent en revanche que 21,7 % des femmes se consacrent à plein temps aux activités non rémunérées de soin à autrui, contre 1,5 % des hommes, et que la pénalisation de la maternité face à l’emploi s’est accrue de 38,4 % entre 2005 et 2015.

Des pièges à éviter

Pour infléchir la trajectoire, l’OIT met en avant plusieurs solutions, comme le développement du congé de paternité et un plus grand investissement dans les services publics de soin à autrui. Elle se prononce aussi pour un renforcement de la transparence salariale, relevant que sans caractère obligatoire, l’application effective des mesures prises en la matière reste très limitée.

L’OIT préconise également d’abroger les lois discriminatoires envers les femmes, notamment celles qui les écartent de certains secteurs d’activité. Ce point pourrait toutefois susciter un débat, s’il s’agit, comme l’évoque aussi le rapport, de supprimer l’interdiction du travail de nuit des femmes. Les auteurs du rapport pointent eux-mêmes un autre piège à éviter : si pouvoir travailler à distance grâce à la digitalisation peut faciliter la conciliation de la vie privée et de la vie professionnelle, cela peut aussi conduire les femmes à continuer d’assumer la plus grande part des tâches domestiques et familiales.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante

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