La colère explose chez Electrolux à Revin

Emploi et Salaires par Evelyne Salamero

Lassés de ne pas être entendus, angoissés face à un avenir des plus incertains, des salariés du site Electrolux à Revin, dans les Ardennes, en grève depuis hier, ont laissé exploser leur colère ce mardi 30 septembre, à la veille de la signature du PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi), incendiant des palettes à proximité d’une citerne de gaz. Les forces de l’ordre étaient sur place à la mi-matinée. L’union départementale FO, dont le syndicat, majoritaire sur le site depuis les élections de juin dernier, n’avait pas négocié le PSE, est intervenue auprès de la direction pour obtenir une reprise des négociations le plus rapidement possible.

Electrolux vend le site à un repreneur fragile sans raison valable

Le groupe Electrolux, qui affiche pourtant une bonne santé économique, s’apprêtant même à racheter l’activité électroménager de General Electric, a vendu son usine de Revin, préférant délocaliser sa production en Pologne. Le repreneur, le fabricant de moteurs Selni, ne gardera que 186 salariés sur 420.

Sachant que Selni est une PME fragile, déjà touchée par le chômage partiel sur son site de Nevers, et qu’Electrolux va devoir financer une partie de la reprise, les 186 salariés qui restent n’ont aucune confiance. Ils revendiquent donc la garantie d’avoir les mêmes conditions de départ que leurs collègues jusqu’en 2021, au cas où l’affaire tournerait mal, avec notamment la possibilité de partir en retraite anticipée, ainsi qu’une prime de préjudice pour être passés d’une multinationale à une PME avec beaucoup d’incertitudes.

FO au TGI le 3 octobre pour l’annulation du transfert des contrats de travail

Dans un premier temps, Electrolux a confié -pour quelques mois seulement- son ancienne activité à la SAI-Electrolux, qui va garder près de 400 emplois avant de passer la main à la Selni, à qui il reviendra de finir de faire le ménage et de mettre en place le PSE concocté par Electrolux. Un tour de passe-passe qui permet de rendre moins visible le fait qu’ Electrolux supprime plus de la moitié des emplois et laisse les autres salariés dans la plus grande des incertitudes, alors que strictement rien ne le justifie économiquement, le site de Revin étant parfaitement rentable. « La SAI est une société tampon, du jamais vu juridiquement en France », résume Daniel Blondeau, Secrétaire général de l’UD FO des Ardennes.

L’union départementale FO sera au tribunal de grande instance de Charleville-Mézières le 3 octobre pour demander l’annulation du transfert des contrats de travail vers la SAI et la Selni, et appelle les militants FO et les salariés d’Electrolux à venir nombreux à l’audience.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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