La Commission européenne préfère discuter avec les multinationales

TAFTA par Nadia Djabali

Le président des États-Unis souhaite que le traité de libre-échange TAFTA, en discussion depuis 2013, soit signé à la fin de l’année 2016. © Marta NASCIMENTO / REA

La publication de documents confidentiels sur le projet de traité de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis confirme les craintes des syndicats et des ONG.

Gros pavé dans la mare de la très discrète négociation du traité de libre-échange transatlantique (TAFTA ou TTIP), en discussion depuis 2013 entre les États-Unis et la Commission européenne. L’ONG Greenpeace-Pays-Bas a publié 248 pages de documents confidentiels qui ont servi de base au 13e cycle de négociation qui s’est tenu à New York fin avril 2016.

Une opacité inquiétante

Les enjeux du TTIP sont gigantesques puisque que le traité concerne 45,5 % de la richesse mondiale (PIB) et le tiers des échanges commerciaux. Pourtant les tractations s’opèrent dans une opacité très inquiétante. Mais ce manque de transparence ne concerne pas tout le monde : si les syndicats et les associations sont écartés de la négociation par la Commission européenne, ce n’est pas le cas des multinationales qui ont été consultées à plusieurs reprises.

Ces documents confirment les inquiétudes des organisations syndicales (dont Force ouvrière) et de la société civile de part et d’autre de l’Atlantique. L’Europe aurait cédé aux exigences américaines sur des questions importantes comme la « protection des investissements » et le principe de précaution. De son côté, le syndicat américain AFL-CIO redoute que ce traité entraîne une nouvelle série de délocalisations d’entreprises américaines, notamment vers l’Europe de l’Est où les salaires sont plus faibles et les droits loin d’être garantis.

Nadia Djabali Journaliste à L’inFO militante

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