La crise s’aggrave aux urgences

Revue de presse par Christophe Chiclet

© Jean Claude MOSCHETTI/REA

Les premières mesures annoncées par la ministre Agnès Buzyn sont bien en deça des attentes, loin s’en faut. Pour les urgentistes en grève tout cela ressemble à de la poudre aux yeux. Aperçus dans la presse.

Sud Ouest
Le quotidien girondin a interviewé François Braun, président de Samu-Urgences de France qui résume l’état catastrophique des urgences : Selon le décompte effectué sur une centaine d’hôpitaux participants à l’opération [No bed challenge], 20 000 personnes ont passé une nuit sur un brancard depuis le début de l’année. Si on multiplie ce chiffre par le nombre de services d’urgence, on arrive à 115 000-120 000 personnes. J’espère que ça fait réagir.

L’Humanité
Le même François Braun de préciser sa pensée : Après la saturation des services d’urgences, c’est maintenant la saturation des personnels ! La situation était pourtant prévisible et nos alertes incessantes n’ont eu que peu d’écho auprès des décideurs hospitaliers.

Le Parisien
Visiblement les choses continuent à se dégrader. Le feu couve depuis des mois. Et amené à des situations totalement inédites en France : des soignants réquisitionnés par des gendarmes, en pleine nuit, dans le Jura ; d’autres en arrêt de travail à Paris ; 80 services d’urgence en grève symbolique. Face à eux, une ministre de la santé à qui il était reproché de minimiser l’ampleur du malaise, pourtant profond. Côté hospitaliers les revendications sont pourtant claires : Ce que demande une grande partie des professionnels de santé est l’arrêt des fermetures de lits, davantage de personnels soignants et une revalorisation des salaires.

La Croix
La réponse de la ministre semble pour le moins curieuse, voire décalée. Face à cette crise, Agnès Buzyn a commandé un rapport pour avoir un état des lieux et des propositions concrêtes à l’automne prochain. Cette mission sera confiée au professeur Pierre Carli et Thomas Mesnier, urgentiste de métier et député à LREM de Charente. L’objet est surtout de se donner un peu de temps, tant les problêmes de fond qui minent les urgences sont déjà bien document.

Le Monde
Le quotidien du soir épingle la ministre. Madame Buzyn, qui connaît bien les conditions de travail dans les hôpitaux pour y avoir exercé son métier, ne semble pas avoir pris la mesure de cette contestation. Elle a mis du temps à réagir. Jeudi [6 juin], devant le congrès des urgentistes, elle a récusé toute solution miracle et elle a promis une stratégie d’ensemble. La ministre s’est surtout livrée à un exercice de calinothérapie en s’en tenant à un registre compassionnel. Le quotidien est devenu insupportable pour beaucoup d’entre vous, a-t-elle assuré, je ne les regarde pas avec une distance froide de gestionnaire. La ministre a également reçu, pour la première fois, le collectif et les syndicats, qui n’ont pas caché leur déception. Face à l’ampleur de la crise, Madame Buzyn serait elle autiste, ou une nouvelle fois le gouvernement tente de noyer le poisson et jouer la montre !

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