La croissance repart à la hausse, les impôts aussi

Économie par Clarisse Josselin

L’Insee a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2017 dans sa note de conjoncture publiée le 19 décembre. Elle anticipe une poursuite de la tendance début 2018, mais aussi une hausse des prélèvements obligatoires.

L’institut national de la statistique (Insee) a relevé à 1,9 % sa prévision de croissance annuelle pour 2017. Cet indicateur, initialement prévu à 1,6 %, avait déjà été revalorisé à 1,8 % en octobre. La cadence, d’environ + 0,5 % par trimestre depuis la fin 2016, devrait se poursuivre au moins jusqu’à la mi-2018. Un tel rythme n’avait pas été observé depuis 2011. Pour rappel, la croissance annuelle avait été de 1,2 % en 2016.

Selon l’Insee, la hausse du produit intérieur brut (PIB) atteindrait déjà + 1,7 % à fin juin 2018. L’économie française est portée par une hausse de la croissance mondiale, notamment au niveau de la zone euro. La Banque centrale européenne prévoyait mi-décembre des taux de croissance de 2,4 % en 2017 et 2,3 % en 2018.

4,5 milliards d’euros d’impôts en plus pour les ménages

L’Insee relève aussi, en France, un climat des affaires en hausse continue depuis fin 2016. Il a atteint en novembre 2017 son plus haut niveau en près de dix ans. Dans les prochains mois, la production devrait rester dynamique et l’investissement des entreprises élevé. Par ailleurs, les exportations devraient augmenter et permettre au commerce extérieur de retrouver l’équilibre mi-2018.

En revanche, malgré des revenus d’activité dynamiques, le pouvoir d’achat des ménages devrait ralentir début 2018, limitant la consommation. En cause, l’élévation de l’inflation et la hausse de la CSG et des taxes sur le carburant et le tabac. Les mesures fiscales plus favorables, comme la baisse de la taxe d’habitation, ne seront effectives que fin 2018. Au total sur l’année, l’Insee estime que les prélèvements obligatoires sur les ménages augmenteraient d’environ 4,5 milliards d’euros, notamment sous l’effet de la fiscalité indirecte
 

Focus : Pas de baisse significative du chômage
Malgré une bonne conjoncture économique, le chômage ne devrait que légèrement décroître dans les prochains mois, selon les prévisions de l’Insee. Établi à 9,5 % au sens du BIT fin 2017, il devrait revenir à 9,4 % mi-2018, soit une baisse de 0,1 point sur un an. Certes, l’économie française devrait continuer à générer environ 100 000 emplois marchands au premier semestre 2018, mais, dans le même temps, le recul de l’emploi non marchand devrait se poursuivre (- 32 000 postes) du fait de la réduction du nombre d’emplois aidés.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

Sur le même sujet

Yves Veyrier : « Face à la crise, FO plaide pour la redistribution des richesses »

Editorial du Spécial Impôts 2021 par Yves Veyrier

Alors que les salariés subissent parfois durement les effets de la crise sanitaire, cette nouvelle édition du Spécial impôts pour 2021 présente les principaux changements intervenus lors de l’adoption des dernières lois de finances dont les mesures les plus emblématiques pour la fiscalité des ménages sont la baisse du barème de l’impôt sur le revenu 2020 sur les premières tranches ou la poursuite de l’exonération de la taxe d’habitation pour les 20% des ménages restants jusqu’à sa suppression totale pour tous les contribuables au 1er janvier 2023.

Budget 2018 : au bonheur des fortunés

Economie par  Valérie Forgeront

Les députés ont adopté ce 24 octobre en première lecture le volet recettes du projet de loi de finances pour 2018. Par un vote sans surprise et en amont de l’examen du volet dépenses qui débute en novembre, l’Assemblée nationale acte pour l’instant d’une baisse des recettes fiscales nettes de 406 millions d’euros.

Fiscalité : les mesures de 2018 ont favorisé les plus aisés

Toute l’actualité par Elie Hiesse

C’est confirmé : les mesures sociales et fiscales du premier budget initié par l’exécutif, consolidées sur l’année 2018, ont d’abord profité aux ménages les plus aisés. Elles se sont traduites, hors fiscalité indirecte, par un gain annuel moyen de 790 euros pour les 10% de ménages les plus riches et de seulement 130 euros pour les 10% les plus pauvres, d’après l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).